Le bilan revu à la hausse : 77.000 refoulés de Brazza, selon l’OIM

brazzaFlorian Morian, chargé de projet à l’Organisation internationale des migrations(OIM) a livré, hier mercredi 7 mai 2014 au cours du point de presse de la Monusco, le bilan des RD Congolais refoulés de Brazzaville : 77.000 personnes rapatriées. « En moyenne, 5000 personnes sont refoulées chaque jour depuis le 4 février. Ces gens manquent de tout, surtout aux centres de transit du stade cardinal Malula et à l’esplanade de la commune de Kinshasa. Pas de nourriture, installations hygiéniques très insuffisantes, déficit de médicament, etc. », a alerté Florian Morian.

Ce dernier a souligné que la situation est davantage plus complexe pour les expulsés devant aller à l’intérieur du pays. Ils sont maintenant à 1500 personnes, précise-t-il, mais la liste risque de s’allonger à 3000 d’ici la fin de l’opération « Mbata ya bakolo » (la gifle des aînés) car d’après la circulaire, elle se ferra durant un mois. « Nos homologues de Brazzaville nous avaient avisés sur une opération d’expulsion des migrants irréguliers ; mais nous avons constaté qu’il s’agit d’une opération de masse… », a précisé Morian, balayant d’un revers de la main l’authenticité de certaines images vidéos en leur possession.

D’ores et déjà, le transport de certains refoulés de l’intérieur est en train de  s’organiser par route vers le Bas-Congo et le Bandundu.

Notons que le gouvernement de la RDC avait déploré les conditions d’expulsions de ses ressortissants du Congo Brazzaville. Dans un compte-rendu du conseil de ministres tenu mardi 6 mai à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement a indiqué que les expulsés de Brazzaville sont victimes d’exactions, d’extorsions, des tortures et des lynchages.

«  A ce stade, ces opérations n’ont plus respecté les normes internationales et régionales en la matière. Nos compatriotes subissent des exactions, des extorsions, des tortures et des lynchages de la part de certains éléments de la police et des bandes de jeunes xénophobes de la République du Congo-Brazzaville », a-t-on souligné dans le compte-rendu du conseil de ministres lu à la télévision publique par le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Le gouvernement congolais fait aussi état de ses ressortissants « en ordre de séjour au Congo-Brazzaville » mais qui ont « décidé de quitter volontairement ce pays pour éviter l’humiliation et des brimades, renonçant de la sorte par contrainte à leurs droits ».

Au chapitre sécuritaire, le porte-parole militaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, a indiqué que depuis le 1er mai dernier, les troupes congolaises ont été déployées dans le territoire de Bosobolo( Equateur), dans le but de sécuriser les zones frontalières situées à l’Ouest du district du Nord Oubangui( les villages de Bosobolo, Pandu, Bili, Dula, Ngele, Bokada, Ndubulu et Gbangi) mais aussi, mettre un terme aux exactions commises dans cette région contre les réfugiés centrafricains et les populations locales, par les rebelles Anti-Balaka et Séléka.

Tshieke Bukasa, Laetitia Yakayimba(stg UPN) & Laura Ndjabaringa(stg Ifasic)

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