L’arbre généalogique au cœur d’une controverse entre cousin et neveux

Vêtu de sa toque de chef coutumier, Antoine Bibangol et ses co accusés poursuivis pour faux et usage de faux, dénonciation calomnieuse, imputations dommageables   par  Masua, cousin du  principal prévenu,  étaient présents hier mardi 16 septembre 2014  au Tribunal  de Paix « Tripaix » de Ndjili où cet interminable dossier est enrôlé sous les numéros RP 9465/11028.

            Louis Jean- Pierre  Masua conteste l’arbre généalogique brandi par Bibangol qui le prédestine au titre de chef coutumier  et à l’appellation de Mbakiyu III.  Le principal incriminé soutient avoir hérité de son oncle ce pouvoir coutumier.

    En ce qui concerne le RP 11028, et pour lequel Mawika est en procès contre Bibangol,  l’avocat de la partie citante   a fait état d’une lettre de Bibangol  datée  du 19 mai 2008 adressée  au Bâtonnier national avec copies à plusieurs autorités du pays pour fragiliser Mawika, de surcroît ancien magistrat.  Ceci pour que ce dernier n’intègre pas la corporation des avocats.  Les autres prévenus, également signataires du mémorandum, ont allégué des faits méchants à l’endroit de Mawika

 Il a relevé  l’accusation portée contre la partie citante selon laquelle son client  a acquis de manière peu recommandable   une concession  appartenant au clan.

Dans RP 9465,  Masua est opposé à Bibangol.   Leur père  et grand chef Ignace Masua décédé il y a de cela plusieurs années,  n’a laissé ni frère ni sœur. Selon le pouvoir coutumier, ne peut accéder au trône que les descendants provenant de la lignée maternelle. Dans l’arbre généalogique porté devant la barre, le principal accusé a omis d’insérer le nom d’une certaine Muzongo. Dans son PV de désignation comme chef coutumier, il se fait appeler Mbakiyu III.

Un puzzle.

            Intervenant  à son tour,   Me Ikami  l’avocat du principal accusé  a précisé qu’il s’agit d’un conflit de succession qui se déroule dans le territoire  de Bulungu à Bandundu.  Masua a été la première personne à intenter une action judiciaire en 2009. A la mort d’Ignace Masua, ses neveux devaient lui succéder. Retenu à Kinshasa pour des raisons d’études, Bibangol pressenti comme nouveau  chef est remplacé provisoirement par Mpele.

            S’étant rendu ensuite au village, le principal accusé est désigné à l’unanimité  par les villageois comme leur nouveau chef. Ce dernier  s’est empressé plus tard de constituer son dossier pour des raisons évidentes. Les Masua, a-t-il indiqué, ont commencé à manœuvrer pour placer leur frère  Benjamin à la tête de leur groupement.

 Selon eux, Bibangol a été « esclave » de leur père.  Ne pouvant se laisser faire, il s’est battu pour rentrer dans ses droits. Souvent arrêté et libéré, il va finir par  assigner Masua  au Tripaix de Matete.

            Reprenant la parole, l’avocat de Masua a affirmé que l’accusé principal crée une sorte de confusion. Dans l’arbre généalogique,  Il a omis à dessein le maillon qui se rapporte à son grand père Muzongo de surcroît géniteur de sa mère.  Il s’est demandé s’il tire  ses prétentions de quel  côté.

Il s’est attardé sur le PV désignant Bibangol comme chef coutumier et  dactylographié en octobre 1994.  A cette époque, il se trouvait à Kinshasa et non au Bandundu

De son côté, Bibangol a demandé à son principal accusateur d’exhiber son arbre généalogique et le tribunal va comparer les deux chaînes.

            Louis Jean- Pierre Masua s’est appesanti sur la manière, selon lui, dont Bibangol s’est introduit dans leur clan. A l’en croire, c’est le grand-père de  son père qui l’a introduit dans leur famille.

            Me Ikami a fait savoir aux juges qu’il y a des subtilités coutumières souvent difficiles à percevoir. Le tribunal s’attaque aux préventions, a réagi le juge président.  Me Ikami a ajouté plus loin que le dossier de son client a été déposé au ministère de l’Intérieur en 1998 et un arrêté est sorti annulant celui relatif à l’intronisation de Benjamin Masua.

            En quoi ce PV est faux ? s’est-il écrié. A une certaine époque, Bibangol et Jean- Pierre Masua se sont retrouvés à Kinshasa au début des années 2000  et sont repartis plus tard   au village.

Jean- Pierre Masua a dit ne pas accepter les propos énoncés par Bibangol à l’audience.

L’instruction va se poursuivre dans deux semaines et sera suivie de la plaidoirie.

Jean- Pierre Nkutu

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