L’Apukin exige un dialogue national inclusif

Après la publication de l’ordonnance présidentielle relative à l’organisation des concertations nationales, l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa «APUKIN» a réfléchi sur les matières à traiter au cours de ces assises. Elle a, à cet effet, fait à la presse une déclaration signée par  les professeurs Antoine Kitombole (président) et Charles Mbadu (rapporteur), le vendredi 05 juillet à son siège, à l’Unikin.

            Les analyses des  professeurs ont pris en compte toutes les questions liées à la guerre de l’Est, à la tentative de modification de la Constitution, aux négociations de Kampala, au fonctionnement de la CENI, à la réforme de l’armée, etc. Ils ont déclaré ce qui suit : en rapport avec la guerre de l’Est :

 a)condamnons énergétiquement l’agression à répétition perpétrée par le Rwanda et l’Ouganda,…

b) Condamnons la réaction timide et tardive des institutions de la République, face à cette situation et exigeons qu’il y soit rapidement mis fin.

En rapport avec les négociations de Kampala :

a) constatant que l’accord du 23 mars 2009 viole l’indépendance et la souveraineté de la RDC et consacre le processus de balkanisation du pays, dénonçons fermement cet accord, ainsi que les accords antérieurs du même genre.

b) Rejetons toute négociation avec le M23, afin de ne pas légitimer un mouvement qualifié de force négative par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs et dont certains  leaders sont interdits de déplacements et figurent désormais sur la liste noire du Conseil de Sécurité des Nations-Unies

En rapport avec la consolidation du processus démocratique

a) Etant donné que les élections présidentielles et législatives de 2011 ont suscité de nombreuses contestations et frustrations, réaffirmons la nécessité d’élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles dont les résultats seront acceptés par tous, afin de mettre fin à la crise de légitimité; d’où l’intérêt qu’il y a à garantir, dès maintenant, l’indépendance effective de la Commission chargée d’organiser les élections dans notre pays.

b) Etant donné les tensions et suspicions provoquées par la dernière révision constitutionnelle, recommandons de mettre fin aux révisions intempestives et sur mesure, pour les besoins de certaines causes.

4. En rapport avec la réforme de l’Armée, de la Police et des Services de Renseignements :

a) Etant donné la nécessité et l’urgence d’avoir une armée républicaine et forte, le moment est venu de passer de paroles aux actes en ce qui concerne la réforme aussi bien de l’Armée, de la Police que des Services de Renseignements dont nous dénonçons les infiltrations auxquelles ils sont soumis;

b) Condamnons énergiquement toute politique de mixage et de brassage des troupes, qui est un obstacle majeur à la formation d’une armée républicaine forte ;

c) Les officiers et sous-officiers déclarés coupables des actes de haute trahison, d’abandon et de diversion des troupes, de corruption et de bradage des équipements et du matériel de guerre doivent être immédiatement traduits en justice.

d) Les actes de bravoure militaire et les hauts faits de guerre doivent être reconnus et récompensés; de même les avancements en grades doivent obéir à des critères objectifs.

5. En rapport avec le Dialogue National

a)Exigeons la tenue d’un Dialogue National inclusif en vue de promouvoir la cohésion nationale et mettre fin à la crise multiforme qui affaiblit notre pays.

b) Désormais, la participation de l’Université, en tant qu’institution, à toutes les questions d’intérêt national s’impose. D’ores et déjà, I’APUKIN (Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa), offre volontiers son expertise dans la préparation et la tenue dudit Dialogue.

            « Peuple Congolais, nous devons tous vaincre la peur, préserver notre identité nationale et nous unir pour sauver la terre de nos ancêtres, même au prix de notre sang » stipule la déclaration.

Dorcas NSOMUE

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