L’appel de Anne-Marie Mukwayanzo Mpundu pour un choix responsable des femmes

A l’initiative du département d’état américain, l’ancienne boursière se félicite de la présence des femmes congolaises et leur participation massive aux élections 2011. Elle partage aussi son expérience de 1997, en tant qu’ancienne boursière du département d’état américain au programme « vivre la démocratie dans la diversité culturelle.

Le Phare : La femme congolaise est-elle prête à affronter ces élections en RDC ?
A-M Mukwayanzo : Oui. Pour moi, la femme congolaise est prête à affronter ces élections parce que ca ne sera pas une première expérience. Lors des élections 2007, elles étaient là. Les unes candidates, les autres électrices seulement. Cette fois-ci, les femmes sont là, même à un faible pourcentage : 2209 ont posé leur candidature à la députation nationale.

Comment justifiez-vous l’absence de la candidature féminine aux échéances présidentielles 2011 alors qu’en 2006, elles avaient osé ?
L’expérience de 2006 devait servir à quelque chose. 11 hommes, candidats, sont alignés dans la course pour la présidentielle de 2011. Les femmes n’auraient pas de la chance si elles avaient postulé. Le choix que les femmes ont fait d’attendre la prochaine occasion est justifiée. Je pense qu’il est prudent pour elles de bien se préparer pour l’avenir et avoir une candidature féminine unique soutenue par toutes les autres.

Qu’est-ce qui fait que le taux de participation de la femme aux législatives soit minime cette année qu’en 2006 ?
Plusieurs paramètres interviennent en matière des élections. Dans les élections passées, la majorité des femmes s’était présentée en indépendantes. En plus, le système de liste en 2006 n’était pas compris par beaucoup contrairement à aujourd’hui. La deuxième difficulté c’est aussi l’argent. En 2006, peu de partis ont donné de l’argent à leur candidat pour battre campagne. Il en est de même pour cette année. Si un parti politique a donné de l’argent, ce serait un montant forfaitaire pour permettre le démarrage de la campagne mais le candidat doit être sûr de ses moyens en vue de se lancer dans une campagne où le terrain n’est plus du tout facile avec cette multitude de candidatures pour 500 sièges. C’est ici que les défenseurs de la parité devaient jouer, étant donné que tous ces paramètres bloquent et n’encourage pas les femmes à faire un pas.

D’expérience, on dit que la femme ne vote pas pour la femme ?
C’est tout un débat! Vous n’allez pas inviter la femme à voter pour la femme alors que le vote est un choix libre et personnel. Pour que la femme arrive à voter pour une autre, il faut qu’elle soit une candidature qui émane de la population féminine.

Parlez-nous de votre expérience américaine ?
Par rapport au programme suivi, se basant sur la démocratie, c’est mon domaine de travail. Cela m’a permis de voir comment, dans cette société américaine, les gens vivent cette démocratie à travers cette diversité culturelle. Nous avons visité les amérindiens, la communauté africaine et autres. C’est cette culture-là que nous avons rêvé ici pour nous congolaise parce que c’est ca qui crée le nationaliste. Et c’est ce qui permet que la démocratie puisse s’asseoir normalement. C’est une riche expérience qui nous a beaucoup inspirée.

Propos recueillis par SSN

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