L’AMP répond à l’Opposition parlementaire

 

L’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) a haussé le ton, le vendredi 7 janvier  à son siège sur l’avenue des Huileries, en réaction à l’association « momentanée » de certains partis politiques de l’opposition qui se sont attaqué à son autorité morale, Joseph Kabila, en lui imputant l’infraction de « haute trahison ». D’entrée de jeu, son Secrétaire exécutif adjoint, Louis Alphonse Koyagialo, a tenu à faire observer que la campagne électorale n’est pas ouverte alors que certaines personnalités commencent déjà à entretenir une « agitation malsaine » au sein de la population par des « allégations mensongères ».
         Face aux griefs retenus contre le Président de la République, dont la nomination du 1er président de la Cour Suprême de Justice (CSJ), sans requérir l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature ; la non promulgation de la Loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) ; la présence des officiers supérieurs de l’armée et de la police nationale aux réunions interinstitutionnelles ; le retard observé à la mise en œuvre effective du découpage territorial prévu par la Constitution, l’AMP a appuyé qu’aucun n’est soutenu pas la réalité. A cet effet, Louis Koyagialo s’est prêté longuement à un exercice de démonstration, point par point, afin de balayer toutes les imputations de l’Opposition formulées à la veille du Nouvel An ( Lire ci-dessous l’intégralité de la communication).  
Concernant les autres questions brûlantes de l’actualité, notamment celle de la sortie médiatique du Cardinal Monsengwo opposée à la révision constitutionnelle et de la Loi électorale, Louis Koyagialo a promis de révéler prochainement la position de sa plate-forme politique après avoir pris l’avis de son comité politique. D’ores et déjà, il a affirmé que l’AMP considère le prélat comme le « bon berger » qui doit rester au milieu du village et qui, pour la  circonstance, a semblé revêtir la soutane d’une partie de ses brebis. Néanmoins, il a confirmé qu’au niveau du Conclave de l’AMP, il a été décidé de procéder à une révision limitée de la Constitution qui « n’est pas une nouveauté, sauf au point relatif au nombre de tours ». Toutefois, le document rédigé par les députés Tshibangu Kalala, Christophe Lutundula et Aubin Minaku, et appuyant cette initiative est déjà en circulation à l’Assemblée nationale. Selon Christian Kambinga, cadre de la plate-forme présidentielle chargé de l’organisation, de 300 signatures sont déjà récoltées, ce qui est au-delà de la majorité absolue.

Tshieke Bukasa

 
Communiqué de l’AMP
            La campagne électorale n’est pas encore ouverte que déjà certaines personnalités s’y sont investies en essayant d’entretenir une agitation malsaine au sein de la population par des allégations mensongères hautement préjudiciables contre le Président de la République et ses alliés de la Majorité.
Des accusations d’une extrême gravité sont portées contre le Président de la
République avec une légèreté insoutenable par des personnalités de I’opposition, parlementaires de surcroît, dans une déclaration solennelle.
Par respect pour le peuple congolais qui a besoin de la paix de l’esprit et de I’esprit de la paix pour affronter les enjeux de la reconstruction du pays et du développement de la démocratie, le Secrétariat Exécutif de I’AMP ne peut laisser fleurir cette entreprise machiavélique dont l’objectif évident est d’abuser de la bonne foi de la population et de leur statut de parlementaire pour détruire la confiance retrouvée envers les dirigeants et la réconciliation nationale encore précaire.
La dernière sortie médiatique de I’association momentanée MLC-ODR-CD-RCD est, à cet égard, un chef d’oeuvre de mauvaise foi destinée à détruire la culture démocratique de liberté d’opinion et d’expression, d’esprit de tolérance et de dialogue républicain.
 
Cette affirmation péremptoire est faite sur la base de l’accusation de haute trahison portée contre le Président de la République portant sur la nomination du Président de la Cour Suprême de Justice par le Président KABILA ;
- la non promulgation de la loi portant organisation et fonctionnement du conseil
supérieur de l’audio-visuel;
- la présence des officiers supérieurs de I’armée et de la police aux réunions de l’lnterinstitutionnel, présentée comme une violation du caractère apolitique de l’armée et de la police ;
- le retard dans I’installation des nouvelles provinces imputée à tort au Chef de l’Etat.
A ce propos, la réalité des faits est tout à fait différente de leurs prétentions.
 
Concernant le refus de procéder au découpage des provinces
 
Deux des signataires de la déclaration rendue publique le 30 décembre 2010,
membres comme moi-même, de la commission politique, administrative et juridique pendant la transition, qui avait préparé et défendu le projet de la Constitution du 18 février 2006, savent qu’aucune étude de faisabilité n’avait été faite pour permettre d’appuyer le découpage et l’asseoir sur des ressources matérielles, financières, humaines et techniques de proximité acceptable, susceptibles de viabiliser nos futures provinces à brève échéance et relancer le décollage de notre pays à partir des provinces.
 
Faute de procéder à cette étude préalable, la réalité nue nous apparaît aujourd’hui en termes des chiffres ainsi qu’en témoignent les éléments fournis par le gouvernement, et qui nous invitent à plus de discernement et au sens aigu de responsabilité, s’agissant du sort des millions de congolaises et congolais.
 
NO  Provinces         Recettes à                Dépenses sur recettes à caractère national                    Solde Rec.               Rec.  Solde
                                   caractère nat                                                                                                                        à caract. nat           pour autres                                                                                                                                                                                                                                                    dépenses
                                              
                                   Retenus de      Rém. secteurs   Rémunérations       Transferts    Total
                                   de 40%             compt.eccl.        Institutions                    ETI
                                                                                          prov.
 
1    KINSHASA             426760945228        50984717350       10026841522        170704378091     231115936963    I 95045008265    121111 t&16       202256720081
 
2    BAS-CONGO          5506t’749382          20119952075        l052s866008        102024699753     132670517836   122391231s46     389010401 6     12628t335562
 
3.    BANDUNDU           5345438 14            39140980220       787605409 l         213811526           472308s 1 836   46696308022        67 5044470       4602126355
 
4.    EQUATEUR           1757524289            22882023438       11575125954       7030097 l6           35160159108    33402634819        340785290        33061 849529
 
5.    PROV. OR                        16086188369          l8489308630        11056851857        643447 5348        3 5980635834   19894447465       2359602298      17534845 1 68
 
6.    NORD-KIVU           29698973263         12974053t49         70s4625959         11879589305       31908268413    2209295150         5561 I 1 5826     335 I 820675
 
7.    SUD-KIVU             20407244123          1172997 4773      69885 I 4090        8162897649        26881386513     6474142390         8507739787       2033597398
 
8.    MANIEMA            75115B597                          7162109394         4747888206         300463439          12210461039     1459302442        I674454800        9’784847642
 
9.    KATANGA            126994821658           18952523888       13123787425     50797928663      82874239976     44120581682      90280927610     134401509291
 
10.   KASAI OR           17372r9499               1686617t215         8331I l1652       694887800          25892170666     24r54951167      1277784226        22877166942
 
11.   KASAI OCC         I409419138               I 7088 I 60253       6780207632       563167655          24432135541     230227 16403     3437654258      19585062 145
 
TOTAL                         881199787360          236389974385      98086874396      352419911944    686956163125   194243023635    125216924395   319459948030
 
A la lumière des éléments chiffrés sous nos yeux, peut-on raisonnablement procéder au découpage, au nom du respect des dispositions constitutionnelles, condamner ce faisant, certaines provinces à un disfonctionnement prévisible, ou faire preuve de responsabilité en évitant le pire. Le gouvernement a pris le parti d’éviter le pire et mérite de la patrie. ll n’est pas vain de souligner avec fermeté que le découpage n’a pas été prévu pour satisfaire les ambitions des roitelets désireux de jouer au petit seigneur médiéval dans leurs terroirs, mais pour rapprocher les administrés de leurs administrateurs afin de résoudre les problèmes de développement en utilisant les moyens de proximité.
En tout état de cause, la déclaration de I’opposition confirme la bonne santé de la démocratie en RDC : l’opposition s’exprime, elle peut même se permettre de mentir sans être inquiétée.
 
Concernant la nomination du Premier Président de la Cour Suprême
 
A la suite de la requête déposée le 19 juillel2010 au greffe de la Cour Suprême de Justice par le Procureur Général de la République sollicitant un avis consultatif sur les interpellations des articles 4,11 el12 de la loi organique n» 06/020 du 10 octobre 2006 portant statut des magistrats, et 7 de la loi organique n» 08/013 du 5 août 2008 portant organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature, la Cour Suprême arrête citation ( LA COUR, L’ASSEMBLEE MIXTE ENTENDUE,
EMET L’AVIS QU’EN RAISON DE LA FORCE MAJEURE ET EN VERTU DE
CONTINUTE ET DE REGULARITE DU SERVICE PUBLIC, LE BUREAU PEUT
VALABLEMENT ET A TITRE EXCEPTIONNEL SE SUBSTITUER AU CONSEIL
SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE EN VUE DE PROPOSER LA NOMINATION
DE NOUVEAUX MAGISTRATS AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ).
 
D’autre part, aux termes des articles 10 et 11 de la même loi organique, l’Assemblée
générale du Conseil Supérieur de la Magistrature se réunit en session ordinaire une fois l’an, au premier lundi d’avril, sur convocation de son Président.
Cette contrainte ainsi que l’indisponibilité du Premier Président de la Cour Suprême de Justice pour cause d’état de santé constituent un cas de force majeure qui a amené le Bureau à proposer au Président de la République un autre Premier Président de la Cour Suprême en toute légalité.
En nommant ainsi le Premier Président de la Cour Suprême de Justice dans ces conditions prévues par la loi, le Président de la République a agi dans la stricte légalité.
 
Concernant la non promulgation de la loi sur I’audiovisuel

 
Les honorables parlementaires signataires de cette déclaration de mise en accusation du Président pour cause de haute trahison, savent pertinemment bien que le Chef de I’Etat ne peut promulguer une loi organique dont il n’a pas encore reçu l’avis de conformité à la Constitution par la Cour Suprême de Justice.
Or, la Cour Suprême de Justice n’a pas encore rendu son arrêt. Dans quel but inavoué voudraient-ils donc pousser le Président de la République à la faute en brûlant les étapes ? Comprenne qui pourra !
 
Concernant I’accusation d’atteinte au caractère apolitique de l’Armée et de la Police à cause de la participation des officiers supérieurs aux réunions de l’Interinstitutionnelle
 
‘Nos honorables signataires savent aussi qu’il ne s’agit pas d’une rencontre entre partisans ou alliés politiques. ll s’agit d’une concertation informelle et régulière de certains hauts responsables autour du Président dans l’intérêt de la nation :
Président de la République, Président du Sénat, Président de l’Assemblée Nationale, Ministre de l’lntérieur, Premier Président de la Cour Suprême de Justice, Procureur Général de la République, Auditeur Général des FARDC.
En dernière analyse, toutes les accusations envers le Président KABILA ne sont que des propos téméraires et vexatoires dans Ie sombre destin de déstabiliser Le Peuple et de décourager le Chef de l’Etat dans la réalisation des cinq chantiers.
ll se pose alors la question de la moralité politique de ces éminents et respectables personnages. L’opinion est ainsi fixée, les laissant face au jugement implacable de leur conscience.
En tout état de cause, le Secrétariat Exécutif de l’AMP salue la détermination du Chef de I’Etat et de ses collaborateurs du gouvernement dans l’exaltante mission d’améliorer tant soit peu la situation sociale du congolais, la gouvernance et la gouvernabilité de notre cher Pays compte tenu des circonstances particulières du moment. Le Secrétariat Exécutif saisit cette occasion pour encourager le Président KABILA à poursuivre sans relâche et sans atermoiement cette noble entreprise qui porte les espoirs des populations congolaises.
 
 

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