L’ambassadeur Hallade exhorte les Congolais à l’unité et à la rigueur

Du beau monde a répondu présent à la fête nationale française célébrée à Kinshasa, le samedi 14 juillet 2012 au jardin de la résidence de l’ambassadeur de France en RDC, Luc Hallade. Solennité précédée par la remise des décorations à 5 personnalités que la République française a souhaité honorer pour les services dignes rendus à la France, à la langue de Molière ou à la cause de la coopération franco-congolaise. Dans le lot, ont été gratifiés Victor Yenyi, Mutinga Modeste, Polydor Muboyayi, Chantal Kanyimbo et Mir Zahid. 
 
 Arrivé à Kinshasa depuis presque une année, l’actuel ambassadeur s’est refusé à s’engager dans la polémique sur les appréciations formulées par les uns ou les autres au sujet des élections de novembre 2011. « Elles sont derrière nous, si ce n’est pour souhaiter que les leçons nécessaires en soient tirées pour améliorer les conditions d’organisation de celles à venir, tout aussi importantes pour ancrer la démocratie dans ce vaste pays : les élections provinciales et locales », a-t-il déclaré.
Toutefois, rappelant qu’en  2006, la période post-électorale avait été tendue, au point d’aboutir à des conflits à l’arme lourde dans les rues de Kinshasa, cette fois, à l’issue des élections de 2011, c’est à un nouveau conflit à l’Est que doivent faire face les autorités congolaises. Pour autant que ce nouveau conflit mobilise les ressources et les énergies, entravant ainsi la nécessaire mobilisation en faveur de la « révolution de la modernité », qui a succédé aux « 5 chantiers de la République », le diplomate français a emprunté une expression du Président Kabila pour dénoncer  « une main invisible ou trop visible ? » qui actionne des forces obscures pour, en permanence, ramener la RDC vers l’arrière, au bord du gouffre ou de l’implosion.
 
Cependant, malgré les apparences, Luc Hallade a exclu toute fatalité dans le destin des Nations. « Certaines trouvent en elles-mêmes, ou en collaboration avec d’autres, les ressorts nécessaires pour surmonter les difficultés et les crises qui les menacent. C’est ce qu’essaient de faire les vieilles nations européennes, qui, à des moments divers de leur histoire, ont connu des heures bien plus sombres que les difficultés du moment. C’est ce que doit faire la RDC, en mobilisant toutes les énergies et toutes les ressources de ce grand et beau pays pour sortir des difficultés présentes», a-t-il clamé.
Aux ministres du gouvernement et parlementaires congolais, il a rappelé que, sans parti pris, si ce n’est celui de la paix et de la sécurité des populations, la France est et restera aux côtés de la RDC pour l’aider à pouvoir enfin se tourner vers un avenir meilleur, fondé sur un développement équilibré et harmonieux.
 
        Francophonie à Kinshasa : le défi de redorer le blason 
 
Alors que la RDC accueille dans 3 mois exactement le XIVème Sommet des Chefs d’Etats et de gouvernement des pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui ont pour point commun  « le français en partage », Luc Hallade a rappelé que son pays, la France avait soutenu la candidature de la RDC à l’organisation de cette grande manifestation. « Ce Sommet doit être l’occasion pour la RDC de présenter un autre visage que celui d’un pays en crise, luttant contre les vieux démons du séparatisme ou du divisionnisme. C’est une opportunité pour votre pays, chers amis Congolais, d’offrir au monde, au moins francophone, l’image d’un pays uni autour des valeurs communes à celui-ci : la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits de l’Homme et du citoyen. Nous n’avons pas de leçons à donner à qui que ce soit, pas plus à la RDC qu’à d’autres pays en développement » a-t-il ouvertement déclaré, avant d’ajouter que son pays peut, en s’appuyant sur les leçons tirées de son passé, accompagner la RDC dans ses efforts pour construire, pas à pas, une démocratie participative, dans laquelle chaque citoyen trouve sa place, se sent à sa place et peut légitimement revendiquer le respect de ses droits fondamentaux, à commencer par le droit à la vie, à l’éducation, à la santé et à la sécurité pour lui-même et sa famille.
Invitant les Congolais à un volontarisme nécessaire pour aller de l’avant, le diplomate a aussi préconisé l’unité de ce peuple et la rigueur, pour lutter contre les fléaux bien connus de la corruption, du manque de transparence dans la gestion publique ou des divisions ethniques.
 
Exprimant le vœu qu’à l’occasion du prochain Sommet de la Francophonie, la RDC puisse avoir à cœur de montrer, aux yeux du monde, sa « révolution de la modernité », le premier des Français en RDC a suggéré aussi une vitrine congolaise du respect des droits de la personne, celle du climat des affaires, celle du fonctionnement des institutions.
Enfin, à ses compatriotes français vivant en RDC, il a proclamé qu’ils sont le fer de lance de cette volonté de rayonnement de leur pays. « Soyez en fiers, soyez fiers d’appartenir à la République française, qui porte au-delà de ses frontières et jusqu’ici, au cœur de l’Afrique, sa devise emblématique : Liberté, Egalité, Fraternité. Soyons dignes de cette ambition et cultivons avec nos amis congolais, qui nous accueillent sur leur sol, cette Fraternité sans laquelle aucune paix et aucun développement ne sont possibles ».
 
Tshieke Bukasa 

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