L’agriculture itinérante sur brûlis plus polluante que les industries

La journée de vendredi 15 juin 2012 a été riche en enseignements sur une agriculture qui se veut respectueuse de l’environnement et promotrice d’un développement durable. Cela grâce à un atelier d’une journée organisé par l’Unité Conjoint d’Appui à la Gestion (UCAG) dans la salle de réunions du laboratoire vétérinaire, dans la commune de la Gombe. L’UCAG est une nouvelle structure de coopération créée et implantée  depuis septembre 2011 au sein du Secrétariat général du ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage, sous la responsabilité conjointe d’un Congolais et d’un Belge, respectivement le professeur Patrick Mukala Nzengu et Dr Maurice Schill. Pour l’atteinte de ses objectifs, elle bénéficie d’un financement du Gouvernement congolais et de la Coopération belge. Plusieurs experts du monde agricole, de l’environnement, de la production des semences et de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P.) étaient présents à ces travaux.
Prenant la parole à l’ouverture de cette journée, Jean-Pierre Ibalanky, représentant du  Secrétaire général à l’Agriculture, Pêche et Elevage, a félicité les organisateurs de cette matinée qui ont tenu à respecter la tradition qui fait du mois de juin un moment mondialement consacré aux rencontres pour promouvoir l’agriculture et évaluer son impact sur l’environnement. Il a noté que notre pays dispose environ de 80% des terres favorables à l’agriculture. Mais seulement 20% de ces terres sont exploitées. Il est convaincu que l’exploitation de ces étendues contribuera à tirer la grande partie de la population implantée la misère et à promouvoir notre pays vers l’autosuffisance alimentaire. Il a ainsi souligner l’impérieuse nécessité de réunir, dans un atelier, les  experts de l’agriculture et de l’environnement pour examiner cette problématique d’actualité et aider le pays à mieux gérer son environnement.
 
REDD : une stratégie pour la conservation et la gestion durable des forêts 
 
Appelé à éclairer l’assistance sur le thème : « Au-delà de la foresterie : pourquoi l’agriculture est la clé de la réussite de la REDD+ ? », le professeur Kamathe Katsongo a jeté, de prime abord, un regard sur la notion même du changement climatique qui s’entend, selon lui, comme tout changement significatif de mesures climatiques qui s’étend sur une longue période de temps (en général plusieurs décennies) ou encore comme des modifications du climat qui sont attribuées directement ou indirectement à des activités humaines qui modifient la composition de l’atmosphère mondiale en émettant des gaz  à effet de serre (GES). Dans notre pays, il a dénombré les principales activités qui sont à la base de la déforestation. Il a cité par ordre d’importance les  nuisances à l’environnement, premièrement l’agriculture itinérante sur brûlis ; ensuite la carbonisation, la collecte de bois de chauffe et le feu de brousse, et l’exploitation minière artisanale villageoise.
 
L’exploitation artisanale du bois, suivie de  l’exploitation industrielle du bois et de l’expansion des infrastructures et agriculture pérenne suivent après. Il a fait remarquer que l’impact des industries se classe en quatrième position, contrairement à l’opinion généralement  répandue.
Il a montré que la REDD+ (Réduction Emissions dues à la Déforestation  et Dégradation des forêts) est une stratégie mettant l’accent sur le rôle de la conservation, la gestion durable des forêts et l’accroissement du stock de carbone. Elle contribue à l’atténuation du changement climatique, réduit la déforestation, favorise l’expansion de l’agriculture sans compromettre la sécurité alimentaire. Il convient de noter que trois autres exposés ont été présentés aux participants, notamment sur  « Triple révolution des pratiques culturales agronomiques et fragilisation de l’agro-écosystème », le fonctionnement de l’INERA et la « Production des semences et processus de certification ». Toutes ces communications ont été suivies de débats.  
 
SAKAZ

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