L’Afrique reste le poumon spirituel du monde

africa political map flagsAprès sa participation avec son épouse en tant qu’auditeur, sur invitation du Pape François, à la 3ème Assemblée générale extraordinaire du Synode des Evêques tenu à Rome, du 5 au 19 octobre 2014, Léon Botolo Magoza,  membre du Conseil Pontifical pour la Famille et fondateur et berger de la Communauté Famille Chrétienne asbl (CFC) a, sur conseil des autorités ecclésiastiques, fait la restitution des travaux auxquels il a pris part.  C’était au cours du point de presse tenu le vendredi 31 octobre 2014, au siège du CFC sur l’avenue Banalia, dans la commune de Kasa-Vubu. Ce Synode qui a rassemblé des religieux et des laïcs venus de 4 coins de la planète, avait pour thème «Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation».

            Avant de rendre compte à l’opinion de ce qui s’est déroulé à Rome, Léon Botolo a précisé à l’intention de son auditoire, qu’il n’était ni prêtre, ni évêque, et qu’il n’était pas mandaté pour engager l’église catholique ni officiellement, ni même officieusement.

            « Je suis un laïc qui a eu cette faveur exceptionnelle, cette grâce de vivre une expérience rare, avec mon épouse : être invité par le Saint-Père à participer au Synode des évêques », a-t-il insisté.

Le conférencier a par la suite mentionné que ce Synode, voulu par sa Sainteté le Pape François,  est effectivement un événement exceptionnel à plusieurs titres : d’abord dans son thème, ensuite dans la composition des participants,  le déroulement des travaux, et enfin dans ses conclusions.

            S’agissant du thème, le conférencier est revenu sur le caractère particulier de la famille, entendue comme le tout de la vie humaine qui caractérise l’être humain et le différencie de l’animal. Léon Botolo a rappelé les grands enjeux qui affectent et agitent la famille aujourd’hui dans le monde, par toutes sortes de déséquilibres qui menacent l’avenir de l’humanité. Ces questions délicates remettant en cause l’intégrité de la famille et qui ont été portées à la table de discussions au Synode sont entre autres : la légalisation de l’avortement et l’euthanasie dans certains pays, le divorce et l’accès éventuel des  divorcés remariés à l’eucharistie, et aussi le mariage homosexuel.

Le conférencier a signalé qu’ils ont été fortement marqués par le climat de discipline, de liberté d’expression et de respect d’opinions dans lequel les travaux se sont déroulés durant deux semaines. Dans son mot d’ouverture, le Saint-Père avait précisé que le Synode devait recueillir les réalités et les problématiques des églises locales, afin de les aider à cheminer sur cette voie qu’est l’Evangile de la famille. Le Pape avait posé comme condition essentielle que chacun devait parler clairement. « Que personne ne dise : on ne peut pas dire cela, on va penser ceci ou cela de moi. Il faut dire tout ce que l’on sent devoir dire avec audace…dans le respect humain et sans crainte. En même temps, il faut écouter avec humilité, et accueillir d’un cœur ouvert ce que disent nos frères ».

Durant la première semaine consacrée à un grand débat général, les discussions ont porté sur les thèmes retenus dans le document de travail à savoir : le dessein de Dieu sur le mariage et la famille, la connaissance des Ecritures Saintes et du Magistère sur le mariage et la famille, l’évangile de la famille et la loi naturelle, la pastorale de la famille et des diverses propositions en cours, les défis pastoraux de la famille,… La deuxième semaine, les participants ont été répartis en carrefours, selon les groupes linguistiques, afin d’examiner la synthèse produite à partir des interventions en plénière, pour préparer le rapport général du Synode.

Quelques idées-phares

            Pour le Bergé Botolo, le plus frappant au cours des interventions était la prise de parole des Africains, cardinaux, évêques ou laïcs. Ces derniers ont affirmé que l’Afrique reste encore le poumon spirituel de la société humaine. Elle n’est pas encore touchée à grande échelle par toutes sortes de dépravations morales. Il a aussi souligné que les intervenants africains se sont distingués par leur volonté de continuer à défendre la famille, même si cela devait entraîner haine et rejet. A ce propos, il a laissé entendre que la dictature de la pensée occidentale a été particulièrement rejetée concernant deux problèmes qui ont appelé beaucoup d’interventions : l’accès éventuel des divorcés remariés à l’eucharistie, et l’ouverture envers les «duo» d’homosexuels, cette dernière question, ainsi que la gestion spirituelle des enfants qu’ils adoptent. Ils ont dénoncé le chantage et les pressions de certains gouvernements occidentaux et organisations internationales qui font de l’adoption des textes de lois en faveur de l’homosexualité par exemple, une condition de l’aide financière aux africains.

Conclusions du Synode

 Etant un peu spécial, le Synode n’a pas pris de résolutions car il n’a rien conclu. Un rapport général a été voté à la majorité absolue de 2/3, à l’exception des questions liées aux divorcés remariés et aux homosexuels. Ce rapport final a été remis officiellement au Pape.

Myriam Iragi

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