Lac Munkamba: «Rebelles» et «patriotes» interpellés !

La guerre de « libération-agression », qui avait mis aux prises plusieurs ex-mouvements rebelles (RCD/Goma, RCD/K/ML, RCD/N, MLC) et les troupes de l’ex-gouvernement de Kinshasa, de 1998 à 2003, vient de se rappeler à sa manière aux populations du Kasaï Occidental. En effet, une découverte effrayante a été faite il y a quelques jours dans le territoire de Dimbelenge, dans la périphérie du lac Munkamba. Deux mines anti-personnel, « endormies » sous la terre depuis 7 ans ou plus, ont semé la panique dans les milieux des autochtones.

C’est grâce à la prompte intervention des membres de l’Ong « The Development Initiative » que ces engins de la mort ont été saisis et désamorcés. Mais, au terme d’une exploration sommaire, il est apparu que le territoire de Dimbelenge, et spécialement le village dénommé Mpoyi, est parsemé de mines anti-personnel.

 

 Compte tenu de la grave menace que celles-ci font peser sur des innocents et leurs biens, l’Ong « The Development Initiative » vient de dépêcher plusieurs de ses émissaires à Kananga, au chef-lieu de la province, en vue de la recherche des matériels appropriés pour un travail de déminage sur une large échelle.
En attendant que s’organisent les opérations de déminage, les habitants du territoire de Dimbelenge vivent désormais dans la peur d’une explosion mortelle sur un sentier, dans un champ, au bord d’une rivière, au bas d’un arbre fruitier, à côté d’une église ou d’une école, à l’intérieur d’un marché, etc. Les rivages du lac Munkamba, dont les eaux « minérales » attirent nombre de consommateurs et visiteurs, sont particulièrement redoutés.

Où sont passés les poseurs des mines antipersonnel ?

La question qui traverse présentement de nombreux esprits est de savoir qui, entre les « rebelles » et « patriotes » avaient décidé de « miner » Dimbelenge. Face à l’absence de réponse, une autre exige un éclairage : pourquoi, après le Dialogue Intercongolais et la cohabitation entre « rebelles » et patriotes » au sein des institutions de transition, de l’armée nationale, des services de sécurité et de la territoriale, ceux qui savaient Dimbelenge « miné » n’ont-ils pas alerté les spécialistes en la matière, au sein des FARDC, de la Monuc ou de l’Eufor, pour éradiquer ce danger public?
Nous osons croire que les poseurs des mines anti-personnels dans cette partie du Kasaï Occidental ne sont pas tous morts et que les survivants, qui sont certainement au courant du péril que courent des innocents, vont se manifester pour orienter les démineurs dans la localisation correcte du « volcan ». Dimbelenge serait-il l’unique territoire de la République sous l’emprise des mines anti-personnel ? Il est permis d’en douter, au regard du paquet mis par les « rebelles » pour anéantir le pouvoir en place à Kinshasa et de la détermination de l’ex-gouvernement de « renvoyer la guerre d’où elle était venue ».
On espère que la RDC ne va pas allonger la liste des blessés, estropiés et invalides physiques de l’après-guerre, comme c’est le cas en Angola, où plusieurs contrées renferment encore des mines-antipersonnels, en dépit du travail de déminage mené depuis des décennies.

Kimp

Leave a Reply