La vision et les actions de Malula revisitées

L’archevêché de Kinshasa a organisé du  jeudi 23 au dimanche 26 septembre 2010  la troisième édition des journées en mémoire du cardinal Malula.  Le go des activités a été donné à la paroisse Notre Dame du Congo.  On a noté la présence le jeudi 23 septembre 2010  à ce temple de prière de l’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo et de  l’évêque auxiliaire de Kinshasa, Mgr Kisonga. La clôture est intervenue le dimanche  passé dans la soirée  à Fatima où le comédien Jean Shaka Tshipamba et ses collègues de l’Ecurie Maloba ont interprété une pièce écrite par le cardinal Malula et intitulée « Makalamba. »  Bien avant cela, des religieuses ont présenté leurs voeux. Et cela lors de la messe dominicale qui a eu lieu à la paroisse Notre Dame du Congo.

 

            «Makalamba », merveilleusement interprétée par Shaka Tshipamba et consorts  est l’histoire d’un monsieur versé dans la débrouillardise. Il voit son commerce péricliter du jour au lendemain. Ayant fait  faillite dans la vente des chèvres, des canards, poulets, il est assailli par le doute. Certains de ses amis lui conseillent de recourir aux fétiches pour se refaire une santé. Un autre, lui recommande de faire une introspection et découvrir par la même occasion les raisons cachées de ses revers.  Le marchand a reconnu avoir usé de la fourberie et autres actes repréhensibles pour  constituer son capital.

            « Ngoba », férue des pratiques fétichistes ne parvient pas à faire redonner le sourire au pauvre marchand.

Un jour, il voit apparaître Lucifer en personne.

« J’ai vu comment tu souffres. Je te garantis le bonheur à la condition de me donner ton âme », ajoute-t-il. Le monsieur lui donne d’abord son sang. Mais sur insistance de son épouse qui flaire un coup fourré, il refuse de signer le pacte avec Satan.

            A la fin, son épouse et ses enfants lui demandent de se confier à Dieu.  Il va s’y conformer.

 

           Un réformateur

 

            Quant à la journée de jeudi, elle a été dominée par les interventions de l’archevêque de Kinshasa, de l’abbé  Matthieu Musua, du professeur Hyppolite Mimbu, de la religieuse Carine Mampuya… Ils ont tour à tour parlé de Malula, promoteur des vocations, du profil du prêtre selon Malula, du combat mené par Malula.

            On retiendra des propos de Monseigneur Mosengwo que le cardinal Malula est l’un des premiers prêtres congolais.  Il s’est intéressé de très près au problème de vocation. C’est ainsi, qu’il avait eu l’idée d’envoyer les trois premiers de classe de l’Ecole Saint Pierre  au séminaire. En 1964, il est archevêque de Kinshasa. Il milite pour la création des séminaires à Kinshasa ( Saint Jean XXIII, Saint Kaggwa…). Pour le cardinal Malula, les séminaristes kinois devaient étudier en ville et côtoyer d’autres jeunes gens de leur âge. Vivant dans un milieu cosmopolite, ils devraient avoir une bonne instruction. Par ailleurs, les prêtres devraient être habités par l’esprit de service, d’humilité… La finalité est celui d’avoir une église locale dynamique.

            L’abbé Matthieu Musua a dit que  Jésus est le premier prêtre de l’humanité.  Le prêtre doit être en relation avec le Christ. Il est placé sous la direction de  son évêque et  doit vivre en communion avec le peuple de Dieu. Pour le cardinal Malula, le prêtre doit travailler en communion avec les laïcs. Le prêtre doit s’enrichir au contact des autres et enrichir à son tour d’autres personnes.

 

Un combattant de la liberté

 

            Malula s’est engagé durant toute sa vie pour la dignité de l’homme noir d’abord pendant l’époque coloniale, et ensuite s’est battu contre la dictature mobutiste.

            Né en 1917, il a souffert des attitudes discriminatoires des blancs de l’époque coloniale. En 1954, il profita de l’organisation d’un congrès sur les mutualités pour dire que le Congo bouge. Après 1960, il a continué le combat de la liberté. Ses prises de position contre le régime en place lui valurent l’exil à Rome en 1971. En 1988, il dénonça la corruption qui avait élu domicile au sommet de l’Etat. A la même époque , il avait échappé à un attentat. En dépit des tribulations qu’il a connues, il s’est gardé d’en vouloir à ceux qui lui avaient mené la vie dure. « Je sais combien ça coûte de marcher à contre courant des choses », s’est-il écrié dix ans avant sa mort.

            Hypollite  Mimbu s’est attardé sur la montée des églises de réveil avec comme corollaire le déclin relatif de l’Eglise catholique. Il a appelé le clergé et le chrétien à se ressaisir. «Qu’avons –nous fait de l’héritage nous légué par Malula ?» Telle est la principale interrogation lâchée par un des orateurs. En initiant cette troisième édition des journées Malula, l’archevêché de Kinshasa a certainement voulu qu’on s’attarde une fois de plus  sur l’action menée par le cardinal Malula pour des raisons évidentes.

 

Jean-Pierre Nkutu 

 

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