« La victoire de Ouattara n’est pas négociable », déclare le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines

Le Sous secrétaire d’Etat adjoint William Fitzgerald, a échangé jeudi 3 février 2011 avec la presse africaine à travers une conférence de presse téléphonique pour donner la lecture de l’administration américaine sur l’épineuse question ivoirienne née de la contestation de résultats des urnes par les deux camps aujourd’hui irréconciliables autour du vainqueur du scrutin présidentiel de l’année dernière. Le diplomate américain a privilégié une résolution pacifique de ce conflit aujourd’hui un peu occulté par les événements qui se déroulent en Afrique du nord que par la force. A Kinshasa, quelques quotidiens (Le Phare, Le Potentiel, Forum des As, L’Observateur, L’Avenir) ont ainsi participé à cette expérience panafricaine et mondiale au Centre culturel américain de la Gombe.

 

Sans ambages, le diplomate américain a d’entrée de jeu reconnu formellement que pour son pays et toute la communauté internationale, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le vainqueur des élections présidentielles tenues en Côte d’Ivoire est Alassane Dramane Ouattara (Ado) avec 54% des voix. C’est tout. A cet effet, malgré cette situation qui perdure et la résistance du camp Gbagbo, le diplomate américain a affirmé que les Usa et la communauté internationale continuaient à favoriser l’action diplomatique et les sanctions financières pour que le camp Gbagbo revienne à la raison. S’agissant de la main mise du camp Gbagbo sur l’économie, le diplomate américain a avoué que les effets des sanctions économiques prises contre monsieur et madame Gbagbo ainsi que leurs proches ont sensiblement diminué leur champ de manœuvre. Car, avec ’un accès réduit aux finances, a-t-il martelé, le camp Gbagbo va avoir dans les tout prochains jours de sérieuses difficultés de trésoreries pour payer les milices à sa solde et les Forces de défenses et de sécurité de la Cote d’Ivoire. A la question de savoir si Gbagbo ne jouait pas à la politique de pourrissement pour rester au pouvoir au regard de la situation qui se déroule en Afrique du Nord qui focalise l’attention de la communauté internationale, William Fitzgerald a fait savoir qu’il y’a eu tellement de missions de médiations envoyées en Côte d’Ivoire que toutes ou presque ont quitté le pays avec presque rien. Cela, a-t-il avoué, malgré toutes les promesses faites par Gbagbo de lever le siège du Golf Hôtel à Abidjan et trouver une issue pacifique à la crise. Monsieur Gbagbo a menti et il ne fait rien pour honorer ses promesses Quant au panel de la mission de l’Union africaine composé de cinq chefs d’Etat qui doivent descendre à Abidjan, le diplomate américain s’en est réjoui surtout que dans sa résolution, l’Ua affirme clairement que c’est Alassane Dramane Ouattara . qui a gagné les élections avec 54%. Par conséquent, a-t-il signifié, Laurent Gbagbo ne tire pas profit des évènements en cours au nord de l’Afrique, les Usa restent très attaché à la résolution pacifique de la situation Ivoirien. En plus, la situation en Cote d’Ivoire est bien différente. En Afrique du Nord, c’est une contestation des régimes qui existent ou qui existaient, tandis qu’en Cote d’Ivoire, il est question de la contestation des résultats d’une élection. Ado.est le seul président reconnu par la communauté internationale. Point. Trait.

Quelle sera la prochaine étape si Laurent Gbagbo persiste. Le diplomate américain a admis que la situation était difficile, Laurent Gbagbo doit savoir que le panel de Chefs d’Etat africain représente la communauté internationale qui a accrédité la victoire d’Ado, il n’a pas le mandat de négocier le recomptage ou le comptage de voix. C’est l’ultime question pour qu’il quitte le pouvoir avec honneur et dignité dus à un ancien Chef d’Etat. Enfin, de manière très froide, William Fitzgerald a mis en garde Laurent Gbagbo : « il y aura d’autres manières pour contraindre Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Il ne doit pas jouer tout le temps avec ses voisins, ses homologues africains et la communauté internationale. Après cet ultime mission, Laurent Gbagbo va être complètement isolé »

Sur les allégations de violences contre les femmes et jeunes filles, et à propos d’un charnier qui aurait été découvert et déplacé dans la périphérie d’Abidjan, le diplomate américain a affirmé que c’est une chose épouvantable et s’est dit peiné de ne pas pouvoir vérifier ces accusations sur le terrain. Il en a alors profité pour mettre en garde les auteurs de ces exactions, qu’ils seront le moment venus identifié et traduits devant les juridictions compétentes une fois la crise résolue. Les Nations Unies et les différentes Ong des droits de l’homme vont ouvrir les enquêtes pour établir la véracité de ces propos. « Je voudrai souligner pour les milices et l’armée ivoirienne de regarder ce que vous faites, après il y aura de investigations et vous serrez puni, Gbagbo menace presque tout le monde », a-t-il confié. Et d’ajouter qu’il était frustrant pour les Usa d’entendre ces allégations sans rien faire.

Enfin, sur la quinzaine d’élections présidentielles qui vont se tenir cette année en Afrique et le risque de tomber dans la jurisprudence Ivoirienne, bien que la situation en Cote d’ivoire soit différente, le diplomate a préconisé que chaque pays mette en place ses mécanismes et de structures crédibles afin d’organiser des élections justes. Les Usa font confiance au travail des observateurs et à leurs avis sur la tenue du processus électoral.

A.Vungbo

 

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