La Table Ronde de Bruxelles

Tout au long de I’année 1959, la Belgique prend conscience du processus irréversible de la marche de sa colonie (Congo) et de ses deux protectorats (Rwanda et Urundi) vers I’autodétermination. S’agissant du Congo belge, plusieurs formules sont imaginées, entre autres celles de I’indépendance immédiate, de la confédération belgo-congolaise, de I’indépendance à court terme avec une période de transition de plus ou moins cinq ans, de l’émancipation à long terme (entre 15 et 25 ans). C’est dans le but de prendre la température des forces politiques et sociales congolaises qu’est convoquée, à Bruxelles la Table Ronde (20 janvier – 20 lévrier 1960). Dès leur arrivée dans la capitale belge, les délégués congolais, sur conseil de leurs sympathisants belges se regroupent au sein d’une plate-forme baptisée «Front Commun» en date du 18 janvier 1960. Deux revendications majeures arrachent leur consensus : le statut de «Constituante» à reconnaître au forum et la fixation d’une date précise pour I’indépendance comme préalable à tout débat sur les autres matières à I’ordre du jour.

Après I’ouverture de la Table Ronde, la partie belge n’accède au voeu des congolais en rapport avec la «Constituante» qu’après six jours de débat et ce après que Kasa-Vubu ait claqué la porte. Quant à Lumumba, purgeant une peine de prison à Stanleyville, il ne rejoint ses collaborateurs du Mnc que le 26 janvier 1960. Il est donc présent dans la salle, le 27 janvier 1960 lors de la discussion houleuse concernant la date de l’indépendance mais s’abstient de prendre la parole. Le 30 juin 1960 est f finalement adopté à I’unanimité. Les Congolais reçoivent des garanties suffisantes quant à l’application effective de toutes les résolutions de la conférence dont la cérémonie de clôture est présidée, le 20 février, par le Roi Baudouin.

Par respect pour une des résolutions des assises, une Table Ronde économique va se tenir à Bruxelles du 26 avril au 26 mai. Toutes les grosses pointures politiques, préoccupées par les élections générales toutes proches, y brillent par leur absence. On note que Lumumba donne les pleins pouvoirs à Mobutu pour la représentation du Mnc. Peu outillés, les congolais, des étudiants dans leur majorité, ne voient que du feu dans le traitement des dossiers relatifs au portefeuille des participations publiques du Congo dans les sociétés à charte, de la dette coloniale, de la coopération technique, de I’organisation de l’économie et des finances du futur Etat indépendant.

Leave a Reply