La station d’essence Engen de Ma Campagne dévalisée

On n’entendait plus parler des brigands, ces bandits de grand chemin. Après les festivités du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, une certaine accalmie était observée à Kinshasa, redonnant confiance aux Kinois qui ne sont plus inquiétés que par les marginaux surnommés Kuluna. On les croyait convertis à d’autres activités  moins repréhensibles ou purgeant des peines d’emprisonnement dans les gêoles de la Prison centrale de Makala, ou même attendant l’exécution de la peine de mort prononcée par les cours et tribunaux de la place. Les braqueurs des cambistes et autres stations d’essence de la ville de Kinshasa sont pourtant bien là. Ils ont d’ailleurs signé la semaine dernière, leur réapparition.

Comme pour marquer leur retour sur la scène de la criminalité par un grand coup, ils ont choisi de frapper la pompe d’essence Engen de l’entrée Ma Campagne.

            Samedi dernier, vers 20 heures, alors que la circulation routière était dense sur les avenues Benseke et Kasa-vubu, une voiture Mercedes Benz de couleur noire avec cinq occupants dont le conducteur, s’est immobilisée devant les bureaux de cette station d’essence.

            Selon des témoins des faits, quatre gaillards en tenues civiles sont descendus de la voiture. Trois se sont vite engouffrés dans les bureaux où ils ont neutralisé le gérant, les caissiers et quelques travailleurs. Armes braquées sur leurs victimes, les malfaiteurs ont ensuite arraché toutes les recettes de la journée, pendant que l’un de ces malfrats surveillait les mouvements des piétons et des véhicules dans cette pompe d’essence. Leur coup réussi, ils ont sauté à bord de leur voiture et pris une destination inconnue en tirant des coups de feu en l’air. Cette fusillade n’a pas fait de victime.

            On ignore pour l’instant l’identité de ces brigands, le numéro d’immatriculation de leur voiture, ainsi que le montant de leur butin. Scénario classique d’un braquage, comme on en avait enregistré dans la plupart des stations d’essence de la ville de Kinshasa. Les questions qui se posent devant de pareils cas sont multiples. Est-ce que cette pompe d’essence était sécurisée ? Face à une horde des bandits armés, quels sont les moyens que détiennent les surveillants pour protéger les installations et les travailleurs ? Sont-ils outillés pour affronter les malfaiteurs ?

            Ces quelques interrogations, comme on le voit, nous ramènent au problème de système de sécurité des entreprises pétrolières. Si certaines grandes stations d’essence recourent au service de sociétés de gardiennage, d’autres font appel aux éléments de la police nationale ou aux surveillants.

            L’on se rappellera à ce sujet, qu’il y a des années, la profession pétrolière dont les membres étaient constamment visités par des malfaiteurs, avait invité en son temps,  le gouvernement à renforcer les mesures de sécurité autour des stations d’essence, de manière à prévenir d’éventuels cas de braquage. Des patrouilles motorisées étaient alors organisées, mais les tenanciers avaient opté pour le service du jour qui se clôturait avant 21 heures. Car, à l’époque, beaucoup des braquages étaient opérés la nuit entre minuit et 3 heures du matin. 

            Craignant des accrochages avec des agents de l’ordre en tenues civiles et armés, les brigands se tournèrent vers des résidences des nantis, peu avant d’opérer à bord de faux taxis.

            Le braquage de la station d’essence Engen de Ma Campagne ne serait-il pas un signal fort que les malfaiteurs lancent à l’endroit des services de la police, pour leur signifier qu’ils ont repris du poil de la bête ?

            D’où une autre question se pose, celle de savoir quelles sont les mesures de précaution prises aujourd’hui, par ces sociétés pétrolières ciblées par des brigands.

            Bien d’observateurs se demandent pourquoi  Kinshasa qui abrite les états-majors de principaux services d’ordre à l’échelon national n’arrive pas à lutter efficacement contre les Kuluna et les voleurs à main armée dont on sait qu’ils sont répandus dans toute la ville.

            Certains s’imaginent à tort ou à raison que la présence des déserteurs et autres éléments actifs dans des bandes des malfaiteurs peut expliquer cette situation. Cela parce que  une opération de ratissage envisagée et planifiée, les brigands sont aussitôt alertés par leurs copains, afin qu’ils puissent échapper à la traque de la police. 

                                J.R.T.

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