La situation sécuritaire est volatile à Shabunda

La situation sécuritaire est demeurée volatile dans la province du Sud-Kivu, marquée par les récentes tueries commises par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans les régions situées au Nord- est et à l’Est du territoire de Shabunda, a dit le porte- parole militaire le lieutenant-colonel Félix- Prosper Basse lors de la conférence de presse des Nations Unies hier au siège de la Monusco.
Il a signalé que dans la période du 1er au 4 janvier 2012, entre 30 et 45 civils ont été tués par des éléments FDLR dans plusieurs villages reculés du territoire de Shabunda. Face à cette situation préoccupante, la Force de la Monusco a immédiatement pris une série de mesures visant à connaître les détails de cet incident. Ensuite des mesures opérationnelles ont été prises dans le but de protéger et de rassurer les populations civiles en détresse par le déplacement des Forces spéciales égyptiennes dans les régions affectées.
Selon la même source, des options sont examinées pour accroître les effectifs des FARDC dans le secteur et la possibilité de planifier des opérations conjointes contre les FDLR au niveau du territoire de Shabunda. La Monusco signale que du 5 au 8 janvier 2012, 16 civils blessés ont été évacués par les hélicoptères de la Monusco de Nzovu, situé à 72 kilomètres à l’Est du poste opérationnel de la Force de la Monusco de Shabunda, vers Bukavu pour y recevoir des soins appropriés.

Par ailleurs, dans un communiqué remis à la presse, OCHA, le bureau des Nations Unies pour les affaires humanitaires, donne plus de précision sur le sort de la population. Selon OCHA, des milliers de personnes se seraient déplacées à la suite des attaques des FDLR au début de cette année dans le territoire de Shabunda. Ces attaques se seraient accompagnées de sérieux cas de protection notamment des incendies de maisons, des tueries, de viols et de pillage des biens. Considérant la difficulté d’accès dans les localités agressées par manque d’infrastructures ou pour raisons de sécurité, une évaluation de la situation humanitaire n’a pas pu encore être menée. Les partenaires humanitaires ont pu évacuer une quarantaine de blessés vers les centres des soins.
La Monusco signale que la présence des FDLR dans la chaîne de montagnes de Mitumba et le nombre élevé des déplacés au Nord- Katanga constituent la principale préoccupation au niveau sécuritaire.

La situation n’est guère rose au Nord- Kivu. Dans son communiqué, OCHA a indiqué que plus de 5.200 ménages déplacés et retournés (environ 35.000 personnes) se trouvent sur l’axe Walikale- Kibua dans le territoire de Walikale, selon une première évaluation menée par  l’ONG Solidarités International. Ces chiffres sont encore provisoires en attendant la contre vérification qui sera faite par l’ONG lors des interventions en biens non alimentaires, eau, hygiène et assainissement.  

Dorcas Nsomue  

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