La réouverture de la CNS et la « marche de l’espoir » du 16 février 1992

(Par le Prof. Kambayi BwaTshia)

Le 7 février, Joseph Ileo se faisant l’écho d’une déclaration de la Maison Blanche, disant que Mobutu est le « seul handicap au processus démocratique au Zaïre ». Aussi pour lui, devient-il indispensable qu’il démissionne. Les chrétiens de Kinshasa de leur côté décident d’entrer en scène en organisant une grande marche qu’ils ont baptisée « marche de l’espoir ». En dépit de l’interdiction de celle-ci par le gouvernement, malgré l’appel au calme lancé par Mgr Etsou, l’archevêque de Kinshasa récemment intronisé, les forces galvanisatrices des chrétiens, constituées en « comités de laïcs » sont décidées. La marche aura bel et bien lieu le 16 février 1992. Il est 8 heures. C’est l’heure à laquelle normalement les cultes religieux ont lieu à Kinshasa, chez les catholiques notamment et un peu partout dans d’autres églises, toutes les consignes ont été données : « amenez bibles, croix, statuettes, branches d’arbres, eau, etc. et ayez vos cantiques en têtes comme seules armes et seul encens pour symboliser le caractère pacifique de notre marche, et le sens de votre sacrifice pour la paix, la liberté, la démocratie et la conférence nationale souveraine dans ce pays ».

C’est sans compter avec l’armée qui a déjà largué depuis 4heures du matin ses forces à travers toute la capitale et le long de toutes les artères abritant tous les lieux principaux de culte. « Nous n’avons pas peur de la mort ; Jésus nous sauvera ; ave maria prie pour nous… conférence, conférence… » Tels sont les quelques bouts de phrases parmi tant d’autres, que l’on pouvait entendre de bouche de ces nombreux papas, mamans, enfants, prêtres religieux et religieuses. Eux ont envahi les grandes avenues de la capitale. Destination : le rond point de la grande avenue victoire au croisement de cette-ci avec l’autre grande avenue Kasa-Vubu. La soldatesque du Maréchal est à l’oeuvre. Bilan : 44 morts, 33 blessés graves, 215 blessés légers, des prêtres et des religieuses arrêtés. L’opinion internationale est stupéfaite. Des messages de soutien pleuvent de partout. La conférence épiscopale du Zaïre, par Mgr Matondo Kwa Nzambi son président a.i, dénonce et condamne les assassinats et les violences tout en réclamant l’ouverture de la CNS et l’avènement rapide d’une société démocratique au Zaïre. Le cardinal Etsou proteste énergiquement contre les actes sacrilèges de violation de l’Eglise de la paroisse Saint Joseph où les forces de l’ordre sont entrées avec violence pour enlever les corps des victimes qui y sont exposés. « Chacun doit savoir que le sang des innocents crie vengeance à Dieu. »
Le Premier ministre Nguz se dit « satisfait » et veut « assumer toutes les responsabitités » « J’y suis et j’y reste », a-t-il déclaré sur les antennes de la radio zaïroise. De nouvelles marches pacifiques des chrétiens ont eu lieu le 1er mars 1997. Nguz n’a rien compris des intentions du Léopard zaïrois. Sa nomination, à vrai dire, était l’occasion pour celui-ci de diviser l’opposition politique, d’anéantir ses ambitions déclarées d’être candidat à La présidence de la République et d’opérer un charme envers un électorat katangais toujours versatile.
De la « marche de l’espoir », on peut tirer, entre autres, les leçons suivantes : la première, c’est qu’en descendant dans les rues, le 16 février 1992, le peuple a réussi à vaincre la peur sur laquelle Mobutu s’appuyait pour régner ; la deuxième, c’est qu’en marchant, les populations ont fait montre de leur maturité indiscutable face à leur droit naturel de libération ; la troisième leçon est que, face à la souffrance et à ta quête commune de la  démocratie, les moyens psychologiques et même physiques de répression sont inopérants. Après tout, les événements du 16 février n’étaient pas le fait d’une génération spontanée. C’est d’abord le peuple qui a parlé lors des consultations populaires de décembre 1989. Ce peuple qui a manifesté sa joie anti-Mobutu te 24 avril 1990. Ce peuple frustré à la conférence nationale.

Réouverture de la CNS

Pendant ce temps, le président Mobutu et Mgr Monsengwo se sont vus le 29 février 1992. Celui-ci veut obtenir de celui-là une décision d’annulation de l’arrêté fermant la CNS. La levée de la mesure, croit-il, peut décrisper la situation et créer un cadre propice des négociations. De crispations en crispations, de blocages en blocages, voire de méfiances en méfiances, la conférence a tout de même réouvert ses portes le 6 avril l992 grâce au concertations assidues d’lyonda non loin de la ville de Mbandaka. La bagarre recommence entre le groupe « Union Sacrée » et la « famille présidentielle » au sujet de la souveraineté » de la conférence. Pour l’opposition, les décisions de la CNS doivent être « exécutoires » et «imposables » à tous. Pour elle aussi, même le chef de l’Etat n’est pas au-dessus du « peuple  réuni en conférence.,, A ce niveau, la lutte est âpre et l’âpreté s’étend jusqu’aux sujets fort complexes à savoir : l’élection du bureau définitif de [a conférence, [a forme de l’Etat (fédéralisme ou centralisme). Les commissions dites des « biens mal acquis », des « assassinats » et des « violations des droits de l’homme, vues comme « ultra sensibles » sont créées Mgr Monsengwo peut tranquillement voyager en Europe pour solliciter le soutien des occidentaux. Mobutu le soupçonne, l’épie. Il a peur d’être mis dans les conditions susceptibtes d’entamer son honneur et sa dignité, C’est lui qui est visiblement visé par les « commissions ultra  sensibles ». C’est dans ce contexte que le « compromis politique global » est trouvé. La CNS peut en disposer et l’appliquer pour être le premier ministre. Au total 17 candidatures sont enregistrées dont celle d’E. Tshisekedi. C’est dans la nuit du 14 au 15 août 1997 que les populations  zaïroises ont fait l’expérience des élections démocratiques. La nuit est longue. Le peuple attentif apprend comme il s’y attendait que « son leader » soit élu conformément aux prescrits du règlement intérieur. Le score est sans précédent : sur 2651 votants, E. Tshisekedi, victorieux, a obtenu 1879 voix, soit 70%. Ses concurrents, en l’occurrence Th. Kanza et Bompenda Nkumu, ont respectivement obtenu 734 voix soit 27,7 % el 4 voix, soit 0,2 %. L’élection du leader de l’UDPS a provoqué un véritable raz-de-marée dans toute la population zaïroise en général et kinoise en particulier. Tous ne jurent que par lui et pense que cette victoire est ta victoire du peuple. E. Tshisekedi lui-même n’est pas très loin de cette conviction. on pense même que le Bien a triomphé sur le Mal (sic) « Bonne chance, Monsieur le premier ministre » (Mgr Monsengwo) ; « Félicitation Monsieur le premier ministre » (Mobutu). lnvesti par ordonnance présidentielle juste quatre jours après sa nomination en cette qualité, le nouveau premier ministre est déjà boudé par la famille politique du Maréchal et par une bonne frange de l’opposition.
« Tshisekedi est égoïste » lui reproche-t-on. Pour Mobutu : « personne n’ayant gagné les élections générales, le nouveau gouvernement ne peut être que transitoire. Il doit donc être neutre et représentatif non seulement de toutes les sensibilités politiques, mais aussi de toutes  les régions du Zaïre.  Les intentions du blocage sont claires et le MPR se hâte corps et âme pour que E. Tshisekedi ne réussisse pas. Cependant, dans l’accalmie précaire, on prône que ta CNS – la présidence – le gouvernement, doivent travailler sans se gêner. Mais le Maréchal ne manquait pas d’astuces, d’imagination et de stratégies. L’enjeu est important pour lui. Tenez ! Le 22 novembre 1992, alors que tous les rapports des commissions ,étaient déjà lus, sauf ceux des deux précitées, il initie une rencontre tripartite chez lui à Gbadolite entre lui-rnême, le président de la CNS et le premier ministre. Alors qu’un huis clos total a été observé au sujet des résultats des entretiens, le président de la République fait communiquer, par son porte-parole Kabuya Lumuna, que la date de la clôture des travaux de ta CNS a été fixée, de commun accord, au 30 novembre prochain » que « le Premier ministre devra présenter au chef de l’Etat la liste du nouveau gouvernement… » Monsengwo et Tshisekedi sont visiblement déçus. L’opinion crie au sabotage des institutions. Le président Mobutu a peur des révélations contenues dans le rapport relatif aux biens mal acquis, aux assassinats et aux droits de l’homme. »
Tshisekedi est démis de ses fonctions et renommé comme formateur. »  Le 5 décembre, le tout puissant Maréchal met fin à ta CNS avant même que l’ordre du jour ne soit épuisé. La carte est bien jouée. La CNS doit taire ses « aboiements » plus tôt que prévu, son président peut se promener avec sa « félonie ». E. Tshisekedi, c’est clair, n’allait pas accepter la tournure de la situation. Le conflit et la confusion sont de nouveau relancés à ta suite de ce « coup d’Etat en bonne espèce. » L’ambassadrice américaine Melissa Wells ne comprend rien malgré le soutien visible qu’elle manifeste envers le Premier ministre. En Belgique, un « comité de crise » est créé. On envisage une intervention directe au Congo. Mobutu crie : « A bas le néo-colonialisme ».  C’est te ministre belge des affaires étrangères, Willy Claes « parrain » de Tshisekedi qui est visé. Le pays vit un dédoublement des institutions. « Le peuple est coupé des réalités du pays.

Pendant ce temps…

Au Katanga, sous couvert démontré du Maréchal, les Kasaïens entendez les « frères » de Tshisekedi sont « épurés » par les originaires. Comme en 1960, ils doivent rentrer chez eux au Kasaï. Le chef d’orchestre de cet « opus de la honte » se nomme G. Kyungu wa Kumwanza (alias Dolivera), sujet congolais à la nationalité douteuse.
Nommé gouverneur de la province du Shaba fin 1991, il va se distinguer dans ce que l’histoire congolaise a retenu sous le nom d’ »épuration ethnique » appelé aussi « éveil de conscience katangaise.  « Cet épisode macabre de l’histoire des Kasaïens a été chanté remarquablement par A. Mpunga dans « Njanja ». Les affrontements entre les deux communautés pourtant  « sœurs » se sont aggravés quand la CNS a élu le 15 août 1992, Tshisekedi à ta primature. De l’avis des analystes, Mobutu a encouragé, du moins laissé faire Kyungu pour prouver à la face du monde qu’il était encore indispensable au Zaïre et que son départ du pouvoir pouvait conduire à la guerre civile et à l’éclatement du pays. Kyungu et autres leaders katangais, au lieu d’attaquer la dictature en face, ont cherché et trouvé un bouc émissaire loin de Mobutu,  l’incarnation du mal zaïrois, selon le titre d’un livre remarquable d’un autre leader katangais Nguz a Karl-I | – Bond. En dépit du comportement sans doute reprochable de certains Kasaïens habitant la province du cuivre, le refoulement généralisé de tous les Kasaïens contribua énormément à l’aggravation de la situation socio-économique de la province du Shaba notamment : la destruction méchante des biens meubles et immeubles, l’occupation anarchique et massive des écoles, des gares et d’autres bâtiments publics par des refoulés, la dégradation des conditions de vie, d’hygiène et de salubrité, la famine, les maladies épidémiques,- la difficulté d’évacuation et la réinstallation des « refoulés dans leurs nouveaux milieux de résidence ». A ce sujet on peut lire notre livre sur « les baluba : un peuple, une histoire. »

Fin de l’année 1992

La conférence nationale zaïroise, la plus longue que l’Afrique ait connue depuis l’avènement de ce mythe, s’est terminée, dans [a confusion la plus totale. A son actif on peut noter, comme l’a dit Mgr Monsengwo à la clôture des travaux, en l’absence remarquée de Mobutu que « désormais, aucun dirigeant, dans ce pays, ne se permettra de gérer la chose publique à la manière de ta llème République. Car, sait-on jamais, tout ce qu’on aura fait sera connu et sanctionné. Au plan institutionnel, la CNS a mis sur pied un projet de constitution de type fédéral, un code et un calendrier électorat, un projet de loi fondamentale, trois institutions de la transition, à savoir la Présidence de la République, le Haut Conseil de la République et le Gouvernement, toutes issues d’elle. Même si le Maréchal se dit non concerné par ce tableau, c’est néanmoins à cela qu’il doit faire face. L’année s’est  terminée par : (1) le coup  fatal de Mobutu sur le gouvernement de son rival acharné E. Tshisekedi ; (2) la démonétisation du nouveau billet de 5 millions de Zaïre sur simple déclaration du premier ministre « démissionnaire » ; (3) le soutien affiché par les occidentaux envers Tshisekedi ; (4) la confiscation, à titre conservatoire des propriétés de Mobutu et de ses biens à l’étranger ; (5) la volonté affichée du Léopard zaïrois de garder coûte que coûte « son » pouvoir ; (6) l’affaiblissement du pouvoir du Maréchal ; (7) la contestation de la dictature sur l’ensemble du pays…
Et l’année 1993 commence par les journées folles du 28 au 30 janvier, les Kinois, comme pendant les temps fous des 23 et 24 septembre 1991, ont fait face aux pillages perpétrés par les soldats déjà indisciplinés, longtemps impayés, mal nourris, mal logés et abandonnés à eux-mêmes. Bilan 100 morts selon Médecins sans frontières, 268 selon l’association zaïroise de défense des droits de l’homme, 5000 d’après la Ligue des droits de l’homme, mort mystérieuse de l’Ambassadeur français Philippe Bernard, foudroyé, semble-t-il, par une balle perdue. Les conséquences de ces deuxièmes pillages sont naturellement incalculables ; elles complètent malheureusement celles des pillages du 23 septembre 1991. Les Zaïrois, aux abois, délaissés par [e régime qu’ils ont glorifié n’ont qu’un seul refrain : « que Mobutu parte ». – L’armée elle-même est divisée. Le gros des troupes croupit dans ta misère aux dépens d’une petite division présidentielle, garde prétorienne du Maréchal. Le pouvoir est dans la rue. Le Président de ta République, lui-même désemparé, prend la lourde décision de limoger formellement E. Tshisekedi de son poste de Premier ministre. Ce dernier aura fait en tout et pour tout trois mois à la tête d’une * Primature piégée.
P. Lumumba lui, sous l’oeil vigilant: de Mobutu, encore colonel Mobutu, a fait [‘expérience pendant onze jours.

Quoi faire ? Le chef  actionne encore une  fois ses méninges. Il fait appel aux secrétaires généraux de l’Administration publique. Il les constitue en « bouchon » pour empêcher Tshisekedi de revenir aux affaires. Il avait d’ailleurs déjà tenté cette expérience en septembre 1960 en installant les commissaires généraux pour empêcher p. Lumumba de gouverner. Quoi de mieux, les pauvres fonctionnaires »  ils ont bien profité des biens de l‘Etat dans leur incompétence notoire et ils se sont dispersés dans l’anonymat tout comme l’étaient les commissaires généraux.

Alors, suit la longue phase de la valse pour l’enrichissement et le repositionnement de ceux que l’opinion a appelé les « taupes », les « traîtres »  et les « vagabonds politiques ». Les observateurs étrangers, à l’instar de Lackdar Brahimi, ce diplomate très spécial,
envoyé par le Secrétaire général de l’ONU pour réaliser la réconciliation nationale entre le Zaïrois, n’ont pas caché leur surprise devant l’immaturité et les ambiguïtés des positions de certains politiciens zaïrois. Le journal Le Phare de Muboyayi Mubanga a écrit à ce sujet que « la vérité, tout le monde a fini par la comprendre: c’est que Mobutu est soutenu non seulement par ceux qui profitent de son régime, mais aussi par ceux qui craignent de perdre leurs privilèges du fait des réformes démocratiques décidées par la CNS… C’est donc la confirmation de la médiocrité des leaders de l’opposition zaïroise… qui jouent au Léopard le jour et à l’agneau la nuit .. (Du 23 juillet 1993) De débauchages en débauchages, F. Birindwa, collaborateur fidèle d’E. Tshisekedi,tombe « amoureux » de l’argent sale.
Sur proposition d’un « conclave » des forces mobutistes, il accepte le poste de Premier ministre lui offert par Mobutu le 2 avril 1993. C’est illégal ! Il a précipité une réforme monétaire qui l’a énormément enrichi. Encore une fois, le Maréchal est fidèle à son machiavélisme. ll continue à diviser l’opposition pour prolonger son règne. F. Birindwa, fort fatigué d’une « opposition très longue qui ne paie pas » dans l’immédiat, a préféré « tomber dans la tentation du malin. »
Le Zaïre a désormais deux gouvernements tirant chacun sa légitimité à deux sources contradictoires, à savoir Mobutu/CNS. F. Birindwa est, mobutiste, E. Tshisekedi est le Premier ministre de la CNS. La classe politique est ainsi divisée en deux groupes : l’un luttant pour le statuquo et l’autre pour le changement radical. Entre les deux se situent les « taupes » opportunistes, les affairistes, les divers aventuriers et vagabonds politiques. E. Tshisekedi à ce moment est au sommet de son prestige, « L’opinion générale estime qu’il est le leader qui ne peut pas trahir le peuple. »
A ce sujet le journal Le Compatriote n°170 écrit : « en tant qu’individu, il ne peut pas réunir l’unanimité autour de sa personne autant que tout un peuple accepte le sacrifice suprême pour lui. Mais puisque Tshisekedi sort à la foi du lit et de sa coterie tribale pour incarner un idéal, il devient alors un bien collectif pour toute la famille de ceux qui aspirent ardemment au changement dans ce pays. Et cet idéal mérite d’être protégé par toute la collectivité… Et comme Tshisekedi symbolise cet idéal, cette noble cause, mourir pour lui devient une mort acceptable, mieux une mort juste de ceux des combattants, des vrais patriotes, des martyres connus et inconnus du changement… « « Le chef incontesté de [‘opposition « écrit de son côté Nzuzi Mulamba dans son Politique Hebdo n°11 du 18 octobre 1993, «  E. Tshisekedi, par sa rigidité… à l’intérieur il est plus craint que respecté par ses partenaires politiques. A lui tout seul, il est symbole du changement. Sa conscience politique est celle d’un métronome. Son charisme a relégué tous les autres leaders de l’opposition au rang de matamores ou de menu fretin. En raison de sa popularité, particulièrement dans la ville de Kinshasa, sa seule personnalité exerce une forte pesanteur sur l’espace politique national ou il bénéficie de I’appui d’une partie importante de la puissante presse populiste, entièrement acquise à sa cause…,, Il a fait douze ans aux côtés du dictateur zaïrois, treize dans l’opposition et n’a pas de fortune personnelle notable. Et comme le dit T. Lukusa Menda, « il est ambitieux, sournois et a une forte confiance en son étoile et dans le soutien des masses dont il semble avoir épousé les aspirations. Il parle très peu mais paraît agir efficacement d’une manière constante et intransigeante. C’est un politicien qui sait vaincre, mais il ne sait pas organiser et profiter de la victoire. Il oublie que si l’océan a sa destination, ce sont les accidents du terrain qui définissent le trajet du fleuve. Il fait ainsi craindre le retour à un pouvoir personnalisé.

(Politique Hebdo, n°0 du 14 septembre 1993).

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