La réforme de l’armée et des services de sécurité très réclamée

Il y a eu moins de tempête à la clôture de la question orale avec débat du sénateur Ndjoli Jacques adressée au ministre de la Défense nationale et anciens combattants.

Apparemment,  les deux parties ont donné l’impression de s’accorder sur nombre de sujets soulevés lors du débat. Notamment sur la nécessité de réformer l’armée nationale et les services de sécurité, tout comme l’urgence qu’il y a de s’occuper du social du militaire.

Le ministre de la Défense nationale a regroupé les questions et préoccupations soulevées lors du débat sur la « situation sécuritaire générale du pays » en sept catégories, avant de tenter d’y apporter des réponses.

Il a ainsi énuméré des préoccupations touchant le CNDP ; les groupes armés nationaux et l’insécurité qu’ils créent ; les FDLR, LRA et NALU/ADF ; les questions sécuritaires d’ordre général et du système de notre défense ; la formation de l’armée ; la gestion quotidienne des Forces armées ainsi que le social du militaire.

A la préoccupation liée au contrôle de près de 95% du territoire de Masisi par le CNDP et le déploiement exclusif de ses éléments dans l’unique province du Nord Kivu, le ministre Mwando Nsimba indique que cela est la résultante de l’équilibre ethnique.

Avant de renseigner que les autochtones de Masisi sont numériquement inférieurs à rapport aux autres, et que ces derniers connaissent un taux de natalité fort élevé. Ce qui fait qu’au motif de défendre leur droit à la nationalité, la quasi-totalité des populations nilotiques de Masisi a adhéré à la thèse du CNDP pour prendre des armes.

Quant à leur déploiement, on ne les retrouve pas seulement au Nord Kivu. Ayant été mélangés avec les autres éléments des Fardc, ils sont actuellement déployés dans plusieurs provinces dont le Nord et Sud Kivu, province Orientale et Equateur.

Concernant le ravitaillement en armes et munitions des groupes armés opérant à l’Est, le ministre a dit que cette question a fait l’objet de plusieurs réunions et accords tant au pays et à l’étranger. Ce qui a abouti au rapprochement entre Rdc et Rwanda, et qu’avec la relance de la CEPGL, le trafic illicite d’armes a connu un grand recul.

Quant au lien établi entre le gouvernement et les Fdlr, il a rejeté ces allégations, en déclarant : « …les seules données portées à ma connaissance renseignent que les éléments des Fdlr ont été bel et bien rapatriés depuis la Base de Kamina sous contrôle du gouvernement de l’époque, en 2002. Il n’y a donc pas eu de lien entre les Fdlr et le gouvernement au sens de collaboration ».

Pour ce qui est des préoccupations sécuritaires d’ordre général, il a essayé d’effleurer quelques bribes d’information s’en tenant au secret défense pour ne pas exposer en plus une question aussi sensible que stratégique comme celle de l’armée.

Il a promis les sénateurs que, si jamais on l’autorisera, il exposera le système de défense au bureau de leur institution.

Clôturant sa question, l’honorable Djoli Jacques a déploré la persistance de l’insécurité dans plusieurs provinces du pays, notamment les deux Kivu, la Province Orientale, l’Equateur et le Katanga. Idem pour le retard pris dans la réforme de l’armée depuis la fin du Dialogue à Sun City jusqu’à présent.

Pour lui, tous ces foyers de tension sont la résultante d’un feu qui couve, d’un sérieux malaise que vivent les compatriotes. Il a émis l’espoir de voir le ministre en faire fart dans l’exposé qu’il a promis de faire dans un cadre restreint.

Il a plaidé et insisté pour qu’il ait un véritable débat autour de notre système de défense et la réforme des services de sécurité.

« Que la nation dans son ensemble définisse notre système de défense ». Car, a-t-il renchéri, un Etat sans armée n’a que des larmes à essuyer face à des situations.

A propos des alliances dites contre nature que les Fdlr ont conclues avec quelques groupes armés nationaux, Jacques Djoli trouve la signification dans les intérêts économiques des uns et des autres pour assurer la survie de leurs mouvements.

C’est demain mardi 15 juin  qu’interviendra la clôture de la session ordinaire de mars du Parlement dans toutes les deux chambres.

D’emblée, le président du Sénat a prévenu ses collègues qu’il n’y aura pas de session extraordinaire à cause de la difficulté de trésorie.

Dominique Mukenza

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