La RDCongo est dans l’impasse

C’est un diagnostic sans nuance que le député national François Muamba Tshishimbi, Secrétaire Général du Mlc, a établi lundi matin au Grand Hôtel Kinshasa après avoir ausculté la malade RD Congo qui présente des symptômes inquiétants au plan de la gouvernance, de la transparence, du respect des droits fondamentaux des citoyens mis à mal par un système judiciaire déficient, etc. C’est un pays manifestement frappé de cécité qui assiste à sa mort lente, par la faute de gouvernants plus enclins à s’installer qu’à guérir les maux qui accablent le peuple dont le seul tort est d’appartenir à un espace géographique où la Constitution est constamment violée et qui est par ailleurs gangrené par la corruption à ciel ouvert « que pratiquent les gouvernants partout, pour tout, au vu et au su de tous, avec une désinvolture déconcertante ». La RDC est devenue un pays où rien ne fonctionne et où le citoyen est confronté à un casse-tête quotidien qui s’appelle absence d’eau potable, coupures intempestives d’électricité, bouchons monstrueux qui paralysent la circulation, sous-alimentation, pollution, maladies, constructions anarchiques, bâtiments publics  en ruine, routes cassées et caniveaux bouchés, hôpitaux transformés en mouroirs et écoles en taudis, etc…             Portant bien sa peau d’opposant, le Secrétaire Général du MLC s’est attaché à démonter un à un l’échafaudage de la satisfaction des gouvernants en soulignant que 2010 s’ouvre sous le signe de l’aggravation de la misère sociale au sein de la population pendant que l’avenir reste frappé du sceau des incertitudes politiques, économiques et sécuritaires.   Depuis la formation du gouvernement Gizenga 1 jusqu’à ce jour, a précisé François Muamba, la RDC aligne des échecs en matière économique et financière, là où les autres pays africains réussissent. Et d’aligner les chiffres : le taux de croissance du produit intérieur brut, projeté initialement à 9%, puis arrêté à 5,7%, s’est clôturé à fin décembre à 2,8%. Le taux annuel d’inflation initialement prévu à 11,5% se chiffre à plus de 54% entraînant ainsi une hausse généralisée des prix  des biens et services. Quant au taux de change arrêté en prévisionnel à 585 francs congolais pour 1 dollar US, il s’est situé à fin décembre à plus de 900 francs.

 

Le désastre dans lequel se trouve plongée la nation est un sujet d’interpellation pour tout Congolais digne de ce nom. François Muamba le souligne en rappelant sa contribution à la réflexion sur la situation créée par la signature, en des termes déséquilibrés, des contrats avec les entreprises chinoises. Malheureusement, cette contribution a été rejetée et il a fallu que les institutions de Bretton Woods fassent les mêmes observations, presque mot à mot, pour que les gouvernants bougent et acceptent de revoir leur copie !

            Abordant le volet des Cinq Chantiers chers à Joseph Kabila, le Secrétaire Général du MLC a tenu à faire une mise au point : « personne ne peut s’opposer à la reconstruction du pays et donc aux 5 Chantiers qui à notre sens semblent être, au regard des défis à relever, un service minimum ». Tout en exprimant le souci de voir l’exécution des travaux évacuer la suspicion en respectant les indispensables étapes d’identification des projets, de formulation des besoins, d’étude de faisabilité technique et financière, François Muamba a révélé que les travaux du boulevard du 30 Juin n’ont rien à voir avec le montage financier avec les entreprises chinoises. Les Fonds proviennent dans leur totalité du Trésor public, a-t-il souligné avant de préciser, s’agissant des autres cas comme les travaux de voirie à Kinshasa dans les communes de Kintambo, Ngiri-Ngiri et Ngaliema ainsi que la route Kinshasa-Kenge, que le financement est assuré par l’Union Européenne et la Banque Africaine de Développement à qui il a rendu un hommage.

            Faisant une rapide incursion dans le passé du pays, François Muamba a rappelé combien celui-ci fut glorieux et prestigieux. Et c’est pour aussitôt souligner le caractère aphone du Congo d’aujourd’hui, incapable de défendre ses droits et toujours absent des forums où se prennent des décisions engageant son avenir. « Par la faiblesse de sa diplomatie, les incohérences et les contradictions de sa politique extérieure, la RDC a cessé d’être l’un des vecteurs que toute l’Afrique attendait pour son développement accéléré, intégré et harmonieux ».  La faiblesse de la diplomatie congolaise est telle que la RDC  rechigne à promouvoir ses propres citoyens, même au sein des organismes internationaux ou régionaux, préférant ignorer ou céder les postes auxquels les citoyens congolais ont légitimement droit à des candidats des pays « amis » !

            Abordant le dossier de Jean-Pierre Bemba, le SG du MLC a insisté sur la nécessité de nous le réapproprier dans l’intérêt bien compris de notre Nation et parce qu’ « il tombe sous le sens que ce citoyen congolais qui a rendu beaucoup de services à la Nation mérite d’être défendu, et non pas d’être enfoncé, par son propre pays dans l’épreuve qu’il connaît ». Après avoir évoqué le soutien dont bénéficient  El Béchir du Soudan et Ange Félix Patassé de Centrafrique, il s’est arrêté un instant sur l’attitude de Joseph Kabila qui a fait fi de la position de la CPI en clamant haut et fort qu’il ne livrera pas Bosco Ntanganda pour des raisons liées à la paix à l’Est. Question : pourquoi Bosco Ntanganda et pas Jean-Pierre Bemba ?

            Parlant des 50 ans d’indépendance de la RDC dont neuf passés sous Joseph Kabila, le Secrétaire Général du MLC demande aux Congolais de bien regarder l’impasse dans laquelle le pays se trouve aujourd’hui pour mieux rebondir demain.  Lançant un appel au rassemblement et en la croyance dans l’étoile du Congo, François Muamba dessine le contour des valeurs devant sous-tendre ce rassemblement et donc la réconciliation de tous les patriotes congolais au-delà des clivages théoriques : « Fêtons le cinquantenaire certes, mais tournons le dos à ce passé, ne désespérons pas non plus du présent, mais regardons résolument devant nous pour bâtir un Congo nouveau qui soit un véritable Etat de droit, un Etat respectueux des valeurs morales et des droits humains, un Congo qui crée la richesse et qui assure le progrès social au bénéfice de tous, un Congo qui protège ses enfants, tout en coopérant avec tous ses partenaires ».  Un appel est ainsi lancé pour que chacun se débarrasse du complexe d’ancien colonisé pour se remettre au travail et la vigilance du peuple sollicitée pour défendre la Constitution qui doit être respectée et non changée au gré du bon vouloir du prince.

 

  L.p.

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