La RDC : le ventre mou des migrations forcées

 Les migrations forcées en République Démocratique du Congo font l’objet de plusieurs réflexions au niveau des gouvernants congolais et de la communauté internationale. A ce sujet, une conférence débat était organisée par l’ambassadeur de France, le mardi  22 février à la Halle de la Gombe, sous le thème, les migrations forcées.
Au cours de cette conférence ;une projection était diffusée sur les violences faites à la femme ;les déplacés de guerre, la vie sociale des réfugiés. Ce documentaire a été réalisé à Minova en 2OO8 l’un des territoires de Kivu , à l’Est de la R.D.Congo. Au regard de cette projection, l’on a constaté la nécessité et l’obligation des pouvoirs publics d’apporter de l’aide aux populations vulnérables.

 Mme Ndeye Mbaye, représentante régionale adjointe du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a indiqué que la balance migratoire se présente de deux manières : 
1. Par rapport aux analyses de 2007, l’on a    constaté qu’il y avait plus des  migrations internes ; c’est-à-dire le retour des congolais qui vivaient  à l’ extérieur du pays.
Le mouvement du retour par le canal du  Congo Brazzaville est de 49.000 personnes. Ce retour était favorisé par l’instauration de la paix après les éléctions de 2006.
2) Les migrations extérieures, c’est-à-dire les mouvements des congolais du Congo vers l’extérieur ont pour plusieurs raisons.

 Pour SABAKINU Jacob, (historien, spécialiste des migrations ), le phénomène des migrations forcées en Afrique ne date pas d’aujourd’hui. C’est une pratique qui a commence depuis la traite négrière. Un canal par lequel plusieurs africains sont arrivés en Amérique, en Europe, avec ce marché de Zanzibar en Tanzanie animé par Tipo Tipo. Il faut noter que cette pratique a pris fin dans certains pays africains, tel n’est pas le cas pour la R.D.Congo car le phénomène des migrations forcées  persiste et s’accentue au jour le jour.
 Une année après l’indépendance de la République Démocratique du Congo  en 196O, l’Angola a connu des mouvements de libération.
La R.D.Congo ( ex. Etat Indépendant du Congo ) a reçu  en cascade des réfugiés Angolais dont le point d’accès était  le Bas-Congo. Une fois dans cette province, ils faisaient une coalition avec le peuple Kongo, avec qui ils ont une même culture. Pendant plusieurs années, ils ont cohabité sans heurt. Et la tribu Zombo était la plus forte dans le secteur commercial de l’Etat Indépendant du Congo, le Zaïre et aujourd’hui le Congo . Et beaucoup de «Zombo» sont toujours présents en R.D.C.
 Les migrations externes ou internes entraînent beaucoup de problèmes dans les Etats voisins de la R.D.C, surtout dans les  pays de Grands Lacs.
 Les facteurs responsables des migrations forcées sont : l’instabilité  politique, la guerre, la pauvreté, le chômage.
L’on a compris qu’il faut la mise en commun de toutes les structures tant nationales qu’internationales pour lutter contre les migrations forcées. D’où la société civile, le gouvernement, les partenaires extérieures et intérieurs doivent lutter ensemble pour que la R.D.C ne soit plus une porte d’entrée et de sortie sans raison des immigrés. Telle est d’ailleurs la raison de ladite rencontre et des articles publiés par la revue migrations forcées dont le rédacteur en chef est Herson Maurice.
S’agissant des migrations en Angola, le représentant du gouvernement  congolais, Ferdinant KAMBERE KALUMBI (ministre des affaires sociales), a souligné que le processus des négociations est déjà entamé pour mettre fin aux mauvais traitements des Congolais.

Au sujet de la prise en charge des réfugiés de la R.D.C, le ministre a indiqué qu’il  faut  un fond spécifique pour  les aider. Le plan humanitaire 2011 s’élève à    867 million de dollars américains. Pour ce qui est des violences faites à la femme et aux jeunes filles, en temps de guerre des lois ont été mises en place par le législateur congolais.  

Dorcas Nsomue
  

 

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