La RDC face au défi de la reconstruction du Congo profond

Les travaux de la commission mixte République démocratique du Congo-République du Congo ouverts hier 2 juin à Kinshasa sont appelés à débattre de la question des refoulés. Annoncés par Joseph Kabila le samedi dernier à l’occasion d’une réunion qu’il a eue avec les ambassadeurs accrédités dans son pays et Martin Köbler, le chef de la Monusco, ces travaux démarrent dans un climat fort tendu entre les deux pays, dont les capitales sont pourtant les plus rapprochées au Monde.

 Joint par Radio Okapi, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement de la RDC, a indiqué qu’il y a « une crise grave entre Kinshasa et Brazzaville, caractérisée par l’expulsion brutale, parfois irrégulière de nos compatriotes. Nous en avons reçu plus d’une centaine des milliers, ce n’est pas banal, et donc il faut que ce problème-là soit débattu, soit mis sur le tapis, c’est ça l’objet, la question ne se pose même pas », a-t-il affirmé. Environ 130.000 Congolais (RDC) ont déjà été expulsés de Brazzaville depuis le mois d’avril dernier. Ils sont regroupés à Maluku, une commune de la périphérie de Kinshasa, où le gouvernement a érigé un centre d’accueil pour les loger en attendant d’être rapatriés vers leurs villages d’origine. Plusieurs témoignages font état des violences que les Congolais de la RDC auraient subies pendant cette opération d’expulsion initiée par Brazzaville. Mais curieusement, Brazzaville persiste à nier ces allégations, estimant que les expulsés font « de faux témoignages ».

Par contre, Le gouvernement de la RDC exige l’ouverture d’une enquête sérieuse sur ces allégations de violations de droits de l’homme. «Nous ne pouvons pas accepter de tels propos, parce que, soit il s’est passé quelque chose et c’est l’enquête qui peut le révéler. Ou il ne s’est rien passé et c’est toujours l’enquête qui peut toujours le révéler. Donc, refuser une enquête sur les faits qui sont allégués n’a, à mon sens aucune rationalité, il faut une enquête et je pense qu’on y arrivera », a souligné Lambert Mende. Appuyé si heureusement par M. Martin Köbler qui s’est déclaré « choqué » par les témoignages des expulsés de Brazzaville lors de sa visite sur le site de Maluku.

Des questions de fond

Tout d’abord, ces travaux vont-ils produire des résultats pouvant ramener un climat apaisé, le retour à l’harmonie dans les relations entre les deux peuples compte tenu des propos durs tenus régulièrement sur les ondes des médias publics par certains milieux sociopolitiques tant à Brazzaville qu’à Kinshasa ? Tout porte à croire que l’on est parti pour une longue période des relations difficiles entre les deux capitales.

Ensuite, qu’est-ce que cette commission mixte peut-elle apporter de mieux que les missions d’Etat effectuées tour à tour au mois de mai à Brazzaville par les présidents de deux chambres du parlement, à savoir Léon Kengo et Aubin  Minaku ainsi que Raymond TSHIBANDA, ministre des Affaires Etrangères, tout comme récemment le président de l’Assemblée Nationale du Congo voisin?

Va-t-on parvenir à un arrêt des expulsions, à des enquêtes sur les allégations des violations des droits de l’homme et aux mesures souples et efficaces sur la circulation des personnes et leurs biens entre les deux pays ? Autant des questions de fond qui devraient être abordées et approfondies pour ramener un climat apaisé entre les peuples de ces deux Etats condamnés à s’entendre car liés par le sang et l’histoire précoloniale depuis des temps immémoriaux.

La paille dans l’œil du voisin……… 

            Au lieu de s’occuper de la paille qui est dans l’œil du voisin, il faut songer plutôt à sortir d’abord la poutre qui se trouve dans son propre œil. La question fondamentale qui devrait être examinée avec minutie devrait être, qu’on le veuille ou pas, de voir comment trouver des voies et moyens pour reconstruire le Congo profond. De sorte à faire que chaque congolais ne songe plus à quitter son milieu naturel, notamment sa province, son village, sa ville pour aller tenter sa chance dans un pays étranger. Au lieu de se lancer dans des propos injurieux et menaçants à l’endroit des autorités politiques et administratives du Congo voisin, les Congolais devraient se pencher sur les causes ayant poussé bon nombre d’entre eux à s’expatrier pour aller chercher du travail à l’extérieur et à n’importe quelle condition, mêmes les plus infâmantes.

            Il est anormal et inadmissible de voir qu’un pays à moitié détruit par les innombrables guerres injustes recourir à une main- d’œuvre étrangère pour des travaux de voirie et de génie civil. A ce jour, toutes les sociétés de construction de droit congolais ont été poussées à mettre la clef sous le paillasson, faute des marchés, car attribués aux entreprises étrangères utilisant des ouvriers expatriés venus parfois des pays d’Extrême Orient. Alors que des ouvriers congolais qualifiés croupissent dans un chômage de longue durée et se voient ainsi obligés d’émigrer dans des pays voisins où, pour survivre, ils sont soumis à des conditions infrahumaines.

            Il est grand temps de songer à lancer des grands travaux de reconstruction du Congo, essentiellement dans les divers domaines de la vie socioéconomique nationale. Notamment, au niveau des écoles, des hôpitaux, des habitations, des lieux des loisirs, sports, villes, et surtout accélérer la création des entreprises commerciales, industrielles, économiques privées modernes tout comme la mise en place des structures juridiques de nature à créer des marchés attractifs pour les investisseurs étrangers en vue de créer des emplois directs et indirects au profit de la main d’œuvre locale, ce qui va remettre le pays au travail.

                                   F.M.

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