La RDC contée autrement, Jalons pour l’avenir

 

« La RD Congo contée autrement. Jalons pour l’avenir », le cinquième livre que vient de publier le Père Martin Ekwa Bis Isal, de la Compagnie de Jésus, a été présenté au public et porté sur les fonts baptismaux par le Président du Senat, Léon Kengo wa Dondo, à l’Hôtel du fleuve, le samedi 08 décembre 2012, dans la commune de la Gombe. C’est un livre de 174 pages, paru aux Editions Loyola à Kinshasa. Il est illustré abondamment par de belles photographies et préfacé par le Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, Mgr. Nicolas Djomo Lola, évêque de Tshumbe. Plusieurs personnalités représentant l’Eglise, le monde politique et économique ont répondu à l’invitation des organisateurs. Et pour mieux connaître le Père Ekwa, dans le livre, il y a une chronologie des principaux événements de sa vie, une liste de ses distinctions honorifiques nationales et étrangères, et une bibliographie sélective de ses études.

Père Ekwa est ce qu’il convient de qualifier de «bibliothèque vivante». Prêtre jésuite, il appartient à l’ethnie mubunda. Il est né en décembre 1926, à Gomena, dans le territoire d’Idiofa (Bandundu) et il a été ordonné prêtre à 32 ans. Il est docteur honoris causa de l’Université de Kinshasa. Il a dirigé le Bureau de l’Enseignement catholique (BEC) dès l’accession de notre pays à l’indépendance et lancé les premières réformes du système éducatif du Condo indépendant. Lors de la tenue de la Conférence Nationale Souveraine, il a présidé la Commission de l’Education et par la suite, il a été désigné rapporteur général des Etats généraux de l’Education. Il a assumé aussi pendant de nombreuses années les fonctions de Secrétaire général du Centre d’Action pour Cadres et Dirigeants d’Entreprises du Congo (CADICEC).

En faisant la recension de l’ouvrage, le professeur Jean-Marie K. Mutamba Makombo – l’un des nombreux intervenants qui ont rendu un vibrant hommage au héros du jour – a signalé que ce livre se lisait agréablement ; sans grâce à la méthode adoptée par le Père Ekwa, celle de l’écriture sous forme d’entretiens avec Mme Clémentine M. Faïk-Nzuji, professeure émérite de l’Université Louvain-La-Neuve en Belgique. Justifiant la publication de ce livre, en ce moment précis, professeur Makombo a signalé que l’auteur voulait témoigner de ce qu’il a vécu. Il jette ainsi un regard rétrospectif et lucide sur son passé et sur le passé de la RDC. C’est un témoignage sur les grandes étapes de sa vie qui doit être considéré comme un testament qu’il lègue particulièrement « aux élèves et étudiants parmi lesquels se trouvent les dirigeants de demain, ceux qui feront de la RDC un pays radieux ».

Des raisons de se fâcher et d’espérer

Les entretiens de ce livre s’ordonnent et s’articulent en quatre parties. Ils commencent avec les premières années de sa vie, suivies de l’engagement, puis des raisons de se fâcher et d’espérer. Les premières années englobent  l’enfance – où il a bénéficié d’une éducation traditionnelle – et l’adolescence, puis l’école des missionnaires et la formation. Puis l’engagement survient à travers les différentes structures où il a œuvré. Dès l’aube de l’indépendance, l’auteur a été propulsé le 07 octobre 1960 Président du BEC avec pour mission relever un défi : «former aussi rapidement que possible et en abondance des ressources humaines de qualités». Notez qu’à cette date, la RDC n’avait que 30 universitaires. Ce livre est parsemé de témoignages sur diverses personnalités que l’auteur a côtoyé de près : les présidents Kasa-Vubu et Mobutu; le Premier ministre Tshombe. Le livre attire également l’attention du lecteur sur la C.N.S. qui a  permis la mesure du chemin parcouru dans la formation de l’élite intellectuelle. Mais le Père Ekwa y revient en maintes reprises et regrettent que les conclusions et recommandations de ce forum n’aient pas été exploitées. Pour lui, la CNS est restée comme « une séquence de musique interrompue, un rêve inachevé ».

Enfin, le livre se termine par ce que le professeur Mutamba qualifie de « coups de gueule » et un cri de cœur : ce sont là des raisons de se fâcher et d’espérer qui témoignent de l’amour de l’auteur pour son pays. Il s’interroge sur les raisons qui font que toutes les rencontres politiques restent sans incidence majeure sur la marche du pays vers le progrès. Il signale que la RDC a besoin d’une nouvelle école qui forme à la responsabilité. Et signale qu’il faut de la volonté d’agir pour faire changer les choses. A la jeunesse, il conseille la fierté pour leurs ancêtres et que tous les espoirs leur sont permis. Dans son mot de circonstance, il a interpellé les nombreux dirigeants présents dans la salle pour leur rappeler que les progrès qu’ils contemplent dans plusieurs pays sont l’œuvre des leaders comme eux. Qu’ils en fassent aussi autant pour la RDC, leur pays.

Sakaz

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