La RDC classée premier réservoir mondial de la cécité

 26 millions de Congolais sont exposés dont la moitié est touchée. Le directeur du programme africain de la lutte contre l’onchocercose, Paul Samson Lusamba, se projette d’ici 2020 pour assister à l’éradication complète de la cécité de rivière dans le monde. L’information a été portée à la connaissance de la presse hier au siège de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Kinshasa. M. Lusamba a révélé que la RDC est un foyer mondial de la pathologie. Environ 13 millions de personnes sont affectées et 26 millions s’en trouvent exposées. Celles qui sont réellement atteintes de la cécité, donc aveugles sont estimées 70 mille.  A cours du face-à-face avec les communicateurs en santé, il a été indiqué qu’en RDC, on a observé le taux de piqûre le plus élevé de moucherons noirs au monde, soit 13 mille piqûres/personne/par jour sur le site d’Inga, dans le Bas-Congo.

 En tournée dans quatre pays à forte endémicité de la cécité le Soudan du Sud, la RCA, l’Angola et la RDC, il a dit que les autorités de ces pays ont été sensibilisées sur le danger et obtenu d’elles l’implication sur la base du plaidoyer qu’il a porté à leur connaissance.
Face au péril, la communauté internationale s’est mobilisée en établissant une feuille de route pour pouvoir éliminer les maladies négligées d’ici 2020 sur la planète. Au sujet de la cécité, la prise en charge se fait par l’admission de l’Ivermectine. Ce traitement est recommandé au début de la lutte dans les zones où la prévalence à l’onchocercose est supérieure ou égale à 20%. Aux dires de l’intervenant, le traitement à l’Ivermectine sous directives communautaires (TIDC) a été retenu comme seule stratégie efficace et à moindre coût à utiliser dans la lutte contre la maladie et à usage préventif.
Maladie de peau et des yeux causée par un ver appelé onchorcerca volvulus, l’onchocercose entraîne de sérieuses lésions cutanées et dans sa phase finale, une cécité irréversible. Aux dires de Lusamba, ces lésions sont causées par les microfilaires, les vers adultes ou macro filaires peuvent y vivre jusqu’à 15 ans et la femelle produit à chaque cycle des millions de microfilaires.


 
RDC : 237 sur 515 zones sont endémiques


 La directrice du Programme national de lutte contre l’onchocercose a porté à la connaissance de l’auditoire que  235 zones de santé sur un total de 515 que compte le pays sont endémiques à l’onchocercose. Et le TIDC est organisé une fois par an dans près de 40.000 villages. En RDC, les ONG sont bien au front. Cas de CBM signalé à Kasaï, Uélé, Tshopo, Mongala, Equateur Kiri, Ubangi Sud, Ubangi Nord, Tshuapa, Rutshuru Goma, Ituri Sud et Sankuru. Fondation lion’s Club sight first est présenté au Katanga Sud, au Katanga Nord, Lualaba et Butembo Beni.
 En RDC, les maringouins se développent dans les cours d’eau à courant rapide car leurs œufs ont besoin de l’oxygène pour éclore, exposant ainsi la population riveraine à la transmission de la maladie. Ce qui a contraint le pays à signer le mémorandum d’accord et à s’engager ainsi à contrôler l’onchocercose en utilisant le TIDC. Pour des experts, la mise en œuvre du contrôle de l’onchocercose devrait se conduire dans des aires géographiques où la maladie est un problème de santé publique, c’est-à-dire où la prévalence de l’onchocercose est supérieure ou égale à 20%.
 En 2004, des cas d’effets indésirables graves (EIG), étaient enregistrés dans le Bas-Congo suite à la distribution de masse de l’Ivermectine. La survenue de ces EIG conduira à la suspension du traitement de masse de l’Ivermectine dans toute l’aire des projets TIDC de la RDC où systématiquement une cartographie rapide de la Loa loa est conduite pour déterminer la prévalence de cette filariose et mettre en place un système de gestion des cas d’EIG là où la loase et l’onchocercose sont co-endémiques. 


                     SSN    

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