La population kinoise condamne les actes de violence

Les actes de vandalisme perpétrés dans la nuit du lundi 5 à mardi 6 septembre 2011, entre 2 et 3 heures, par les ennemis de la démocratie, au siège de la chaîne de télévision proche de l’opposition, Radio Lisanga Télévision, au siège du parti RCD/N, à Gombe, et au siège de l’UDPS à Limete, ont suscité hier, une vague d’indignation générale de toute la population kinoise. Les Kinois dans leur majorité, ont condamné la mise à sac et l’incendie de ce média spécialisé dans des reportages en «live» et le débat autour des questions politiques de l’heure. Ils ont également désapprouvé le saccage du siège du parti politique UDPS, où deux des éléments de la police ont tiré à balles réelles sur les combattants, faisant deux mort et des blessés graves. Et cela, après le dépôt de la candidature d’Etienne Tshisekedi à l’élection présidentielle. Dans la foulée de ces actes criminels, l’on déplore également l’incendie du siège de l’Interfédéral du PPRD dans la commune de Kalamu.
Le Phare qui a promené son micro baladeur dans certains coins de la ville, a récolté dans l’ensemble des réactions d’indignation.

Jean-Paul Ekofo, membre du MLC, condamne la mise à sac et l’incendie de la chaîne de télévision RLTV. Il se rappelle, non sans révolte, les mêmes actes de vandalisme qui avaient été commis en 2006, au siège de Canal Kin Télévision, Canal Congo télévision et de Ralik. Pour ce militant du parti cher à Jean-Pierre Bemba, à l’approche de l’élection présidentielle, les fauteurs de trouble tapis dans certains partis politiques saisissent cette occasion, pour tenter de museler la presse par l’incendie de certains médias.

Sylvain Matumona, étudiant, ne s’explique pas cette soudaine montée de violences qui vise principalement les partis politiques et la chaîne de télévision RLTV. Cela augure, a-t-il fait remarquer, des élections qui ne seront pas apaisées et dont les résultats seront certainement contestés. Et d’ajouter qu’aujourd’hui, l’intolérance semble avoir gagné les milieux politiques. C’est ce qui justifie, à son avis, ces actes de vandalisme enregistrés ça et là dans la ville de Kinshasa.

Mme Bernadette Kitenge, fonctionnaire, note pour sa part, une vague d’intolérance à l’égard des médias et des formations politiques proches de l’opposition. Ce sont des méthodes anti-démocratiques, fait-elle observer, qui trahissent une certaine panique dans un camp politique. Ce fonctionnaire estime que faute d’avoir moralisé leurs militants, les partisans du statu quo risquent d’être surpris par des actes criminels incontrôlés posés par ces derniers.

Clément Nzama, homme d’affaires, craint pour les mois à venir. Il voit la démocratie congolaise sur une pente raide. Si les partis politiques ne signent pas un acte de non agression, fait-il observer, il y a un risque certain de confrontation. Nzama se pose alors la question de savoir ce qui adviendrait si lors de la campagne électorale, deux partis politiques sollicitent un même lieu pour la tenue de leur meeting ou se croisent sur un même tronçon.

Albert Kasongo, acteur politique, est de ceux qui condamnent toutes sortes de violences, qu’elles viennent des partis proches du pouvoir ou de l’opposition ? Il demeure très critique à l’endroit des forces de police qui, lors de ces incidents malheureux, ont usé des armes à feu pour chasser les combattants de l’UDPS du siège de leur parti saccagé et incendié par des inciviques. Cette attitude-là, pour cet acteur politique, frise la provocation. Tant qu’aucune enquête n’a pas encore été ouverte, fait savoir cet acteur politique, la police ne pouvait pas utiliser des armes létales au moment où les combattants de l’UDPS s’indignaient sur ce qui arrivait à leur formation politique.

Mme Luzolo, membre de la société civile, relève qu’à la lumière de tous ces actes de vandalisme, tous les ingrédients sont mis en place pour enclencher le cycle agression-répression, attaque et représailles. C’est cet engrenage qui va entraîner le cycle infernal de la violence, devait-il conclure.
Il faut qu’on arrête avec toutes ces violences gratuites injustifiées, s’est insurgé Martin Kulenduka, chômeur, car, elles ne favorisent pas un climat de paix pour la tenue des élections, l’attraction des investisseurs et la création des emplois. Bien au contraire, ces actes de vandalisme vont nous replonger dans un climat de terreur et même dans la guerre civile ou la rébellion. Nous ne voulons pas des élections dans ce genre d’ambiance de terrorisme, a-t-il dit en substance.

J.R.T.

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