La Police donne un mauvais signal !

La police nationale congolaise, à laquelle est impartie la lourde et délicate mission de sécuriser le processus électoral, les candidats et les électeurs, vient d’émettre un mauvais signal à partir de Mbuji-Mayi. Des témoignages concordants lui imputent en effet la sale besogne d’avoir fait couler le sang. A Kinshasa et à Kisangani, où les premières journées de la campagne électorale sont émaillées de plusieurs incidents, la présence policière parait fort déficitaire. Les victimes des actes de violence, sur les places et voies publiques, ne se sentent nullement sécurisées.
L’impression que laisse la police auprès de certains candidats et électeurs est qu’elle est instrumentalisée par les candidats exerçants encore des responsabilités au niveau du pouvoir central et provincial. Au lieu d’être l’église au milieu du village, elle semble avoir choisi le camp de la Majorité au pouvoir.
La question à se poser est celle de savoir si chaque candidat ou électeur non protégé par ce corps devrait monter sa propre milice, se promener avec sa machette, son tournevis ou sa barre de fer pour assurer sa défense. Le comportement jusque-là équivoque des policiers remet en cause les assurances données tout dernièrement par le ministre Thambwe Mwamba des Affaires Etrangères aux diplomates accrédités à Kinshasa au sujet de la sécurité des candidats et des électeurs.

Les premières violences de la campagne électorale font penser aussi à un défi aux recommandations du Conseil de Sécurité de l’ONU sur un processus électoral transparent et apaisé en République Démocratique du Congo. Finalement, toutes les craintes exprimées au sujet du risque d’élections non apaisées et non transparentes tendent à se confirmer.

Face à un climat électoral de tous les dangers, il appartient au gouvernement, garant de la paix et de la sécurité de tous les acteurs du processus électoral, de prendre ses responsabilités. Il n’est pas encore tard de secouer la police afin qu’elle retrouve rapidement sa neutralité politique et qu’elle fasse preuve du professionnalisme apporté à ses troupes à la suite de plusieurs modules de formation financés par nos partenaires extérieurs. En cette période électorale, la police congolaise devrait montrer aux Congolais et au monde extérieur un visage différent de celui qu’on lui a toujours connu et qu’il lui a souvent valu critiques et manque de confiance.

Les bavures vécues en période pré-électorale et mal accueillies au pays comme à l’étranger ont terriblement terni l’image de la police congolaise, beaucoup plus perçue comme un instrument de répression qu’une structure de maintien de l’ordre public. Les élections apaisées seraient impossibles en RDC sans une police républicaine, professionnelle et neutre.

Kimp

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