La police criminelle démantèle un réseau de braqueurs

Les revendeurs des véhicules d’occasion et les trafiquants de tous bords ont trouvé dans la ville de Kinshasa, un marché juteux. Il n’est pas surprenant de voir cette activité commerciale attirer de nombreux hommes et femmes d’affaires. Ce qui intrigue est que la période de fortes ventes coïncidait étrangement avec la saison de grande criminalité. Au cours de cette période, on enregistre plusieurs cas des braquages des chauffeurs et d’extorsions des véhicules. C’est dans la recherche des liens pouvant exister entre la vente des véhicules de seconde main et la recrudescence de la criminalité que nous nous sommes intéressés aux relations qui existent entre les membres des réseaux constitués par des malfaiteurs.

Dans ce commerce, nous nous sommes aperçus que des fournisseurs locaux sont dans la plupart des cas, organisés en bandes de malfaiteurs. Ce sont des réseaux structurés, hiérarchisés, chapeautés par des parrains tapis dans l’ombre et comprenant des braqueurs des chauffeurs, des mécaniciens pour opérer des changements notables sur le véhicule, des agents administratifs doublés des faussaires pour changer les plaques d’immatriculation, des commissionnaires et des revendeurs, au bout de la chaîne.
Ces réseaux parrainés par certains officiers supérieurs, disposent des complicités au sein des services de contributions pour la délivrance des cartes grises et des plaques d’immatriculation. Ici, le délai de délivrance des documents est des plus courts, soit 48 heures.

Mais comment opère l’un de ces réseaux ?

Le 6 juin dernier, Eddy Kanku effectue ses courses à bord de sa jeep de marque Nissan Patrol châssis long, immatriculée 9729 AA/ 01 de couleur bleue. C’est au quartier Binza Pigeon qu’il fera la rencontre avec une bande des malfaiteurs. Sur avenue Kananga, les témoins surpris de voir un groupe des militaires en civil, menacer le propriétaire du quatre fois quatre, n’ont pu intervenir, se contentant de déplorer cette insécurité grandissante dans la capitale. Le chauffeur débarqué, sa jeep est emportée par ces malfaiteurs vers une destination.
La mort dans l’âme, Eddy Kanku a regagné son domicile et raconté sa mésaventure à sa famille. Le lendemain, il est allé porter plainte contre inconnus au Bataillon de la police d’investigations criminelles. Sa requête s’est ajoutée à la pile des plaintes reçues dans cette unité spécialisée de la police provinciale chargée de traquer les malfaiteurs de tous bords et de lutter contre la grande criminalité.
A la suite de plaintes des victimes qui fusaient aussi bien de la partie Est qu’Ouest de la capitale, Kinshasa a été scindé en deux zones opérationnelles où des équipes des enquêteurs ont été déployées.


Un mois plus tard, les recherches des policiers ont porté des fruits. Car, le sinistre Baltac Gédéon, l’un de plus grands braqueurs de Binza, est appréhendé. Il a reconnu lors de son interrogatoire plusieurs forfaits commisdans la ville de Kinshasa, dont des braquages de véhicules parmi lesquels figure la jeep Nissan Patrol de Eddy Kanku, résidant sur avenue Kalemie n° 11, commune de la Gombe.
Le fameux Baltac a éré arrêté, comme il faudrait le signaler, sur avenue Masumu, quartier Kinsuka pêcheurs, commune de Ngaliema, où il jouissait de la réputation d’un homme respectable auprès de ses voisins. Certains le prenaient pour un revendeur des véhicules d’occasion.
Le week-end dernier, les limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles sont parvenus à retrouver le véhicule tous terrains de Kanku.
Au volant, le chauffeur s’appelait Simplice Babaka, un membre du réseau, habitant sur avenue de l’Eglise n°110, Cité Mama Mobutu, dans la commune de Mont Ngafula. C’est lui qui était chargé de cacher cet engin dans un endroit secret. Et c’est encore lui qui a actionné leurs complices de la DGI pour obtenir une nouvelle carte grise, ainsi que de nouvelles plaques d’immatriculation, 6038 AJ/ 01. Il ne restait plus que les commissionnaires puissent entrer en scène pour chercher des preneurs.
Actuellement, le Bataillon de la police d’investigations criminelles traque les autres membres de ce réseau des malfaiteurs doublés de revendeurs des véhicules de seconde main. L’on croit savoir qu’ils tenteront nécessairement de reconstituer le palmarès de ce réseau qui n’en est pas à son premier braquage du genre.


J.R.T.

Leave a Reply