La plaidoirie de la défense renvoyée au jeudi 18 mars

Deux semaines après le réquisitoire du ministère public, la réplique de la défense attendue le jeudi 11 mars 2010 à la Prison de Makala n’a pas eu lieu. Raison avancée : la défense a sollicité quelques jours supplémentaires pour mieux étoffer sa plaidoirie. A la dernière audience, l’organe de la loi avait requis plusieurs peines dont la peine de mort pour des 5 personnes liées à ce qu’il a qualifié de « mouvement insurrectionnel ». Alors que des peines de 20 ans sont requises pour 29 personnes( Ndombasi, Michel Binza, Ekongo, Mbalaka etc.), 13 autres encourent 6 à 7 ans d’emprisonnement( Richard Lotse, Jean-Marie Thambwe Katoto, Fidèle Bolema etc.).

Rappelons que lors de la dernière audience de ce procès qui oppose le ministère public à une quarantaine de militaires des ex-Forces armées zaïroises, l’auditeur militaire supérieur Hyppolite Ndaka s’était d’abord attardé sur l’itinéraire du lieutenant Bobo Toromina, concepteur de la manifestation baptisée : « Opération Pentecôte ».

Selon l’organe de la loi, recruté à la Division spéciale présidentielle (DSP) du maréchal Mobutu Sese Seko, le prévenu Bobo Toromina alias Sergha a suivi la formation militaire à Kibomango. Il sera ensuite envoyé à l’Ecole de formation des officiers de Kananga (EFO), où il est sorti avec le grade de sous-lieutenant. Il a été ensuite affecté au bataillon anti-terroriste Dragon. Après avoir été aussi en formation à Kitona, il quitte la DSP pour la Garde civile (GACI).

A l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, il devient commandant de la Légion de la police d’intervention rapide (PIR) au poste de Maluku. Devenu sans fonction, il a commencé à rechigner. Il finit par traverser à Brazzaville et rencontrer des anciens amis de la GACI. Toujours au chômage, il se demande : « Pourquoi ne ferais-je pas quelque chose ? ».

C’est ainsi, a enchaîné le major magistrat Hyppolite Ndaka, que le lieutenant Bobo Toromina va créer un mouvement pour revendiquer ses droits. Mouvement qu’il nomme : «Comité militaire pour la restauration de la République », et qui a pour but le renversement des institutions. A Brazzaville, toujours selon le ministère public, le lieutenant Bobo contacte le général Nzimbi pour le financement. Celui-ci le met en contact avec un certain Elonge qui réside en Europe. Ce dernier lui envoie l’argent, jusqu’à hauteur de 27.000 $ Us (Vingt-sept mille dollars américains). C’est ainsi que le lieutenant Bobo va procéder au recrutement.

Dans ses explications, l’organe de la loi a dit que les moyens humains et financiers étant réunis, il fallait des moyens matériels. C’est ainsi qu’une commission pour l’achat des armes sera crée. Ensuite, il fallait planifier l’opération qu’il a dénommée « Opération Pentecôte ». Et il a même créé des secteurs pour cette opération.

Malheureusement, a souligné le ministère public, des éléments sont venus précipiter les événements : la découverte de la cache d’armes chez Alembi et des arrestations au camp Tshatshi. Ce qui a obligé le lieutenant Bobo à fixer l’heure H pour le début de l’opération : le 28 mars 2004 à 3h00’’ du matin.  

Tshieke Bukasa

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