La mort rôde à Ilebo : une fièvre d’origine inconnue décime les enfants

            Une fièvre, que l’on dit d’origine inconnue, vient de causer la mort, en quelquesjours, de 33 enfants dans la localité de Bukaka, dans le secteur de Malumalu, territoire d’Ilebo, au Kasaï Oriental. Les victimes sont âgées de moins de cinq ans et présentaient, avant leur trépas des signes d’asthénie. Naturellement, l’ignorance de la nature de la fièvre meurtrière, fait converger toutes les pensées vers la sinistre fièvre hémorragique d’Ebola.
            Mais, on croit savoir que la mauvaise qualité de l’eau des sources du coin serait à la base de la contamination des enfants. En attendant des précisions, Dr Gaston Tshiapenda, médecin chargé de la surveillance épidémiologique, a démarré l’étude des 221 déjà recensés en vue d’une riposte.
            Compte tenu de la gravité de la situation, la population du territoire d’Ilebo tourne ses regards vers Kananga, où le gouverneur Kapuku, déjà au courant de mauvaises nouvelles, est impatiemment attendu au front. 
Car, contrairement aux informations ayant circulé abondamment le week-end et faisant état de son rappel et de son séjour à Kinshasa depuis la fin de la tournée présidentielle dans sa province, le gouverneur du Kasaï Occidental est à son poste. Sa présence physique sur le terrain constituerait déjà un message d’espoir pour ses administrés fort inquiets des ravages qu’opère la mort qui rôde dans leur terroir depuis quelques jours.
 
            La grande difficulté, dans l’hécatombe sanitaire qui s’abat sur la localité de Bukaka, réside dans le dénuement total des deux hôpitaux de référence d’Ilebo, à savoir celui de l’Etat et celui de l’ex-BCK, où il n’y a ni trousses médicales, ni médicaments, encore moins des lits pour l’internement des malades. Tout doit venir d’ailleurs, car même à Kananga, les structures sanitaires ne sont pas au mieux. Il va falloir sans doute une réaction urgente du gouvernement central en faveur des « morts » en sursis de Bukaka pour éviter l’extension de la liste des morts.
Le drame de Bukaka, comme celui de Kasenge au Sud-Kivu ( plus d’une centaine de morts brûlés par le carburant) relance la question de l’enliser du « Chantier Santé » en République Démocratique du Congo. L’arrière-pays notamment souffre d’une carence criante d’infrastructures médicales, au point que la moindre épidémie se traduit par une chaîne de décès en un laps de temps. On apprend que les familles habitant Ilebo, pour faire faire aux ordonnances que leur délivrent médecins et infirmiers de la place, font venir les produits pharmaceutiques et instruments chirurgicaux de Kinshasa. Et, il n’y a qu’un vol par semaine d’une compagnie privée entre cette cité et la capitale. Bref, lorsque survient un cas d’urgence, avant le passage de l’aéronef, tout le monde s’en remet à l’Eternel pour le sort du patient.
                                
  Kimp

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