La misère des agents et cadres de LAC s’invite aux concertations nationales

LACLa Délégation syndicale de Lignes Aériennes Congolaises a saisi l’opportunité de la tenue des Concertations nationales pour poser clairement le problème du sauvetage de la compagnie aérienne nationale.

Voici les principales articulations du mémorandum transmis aux concertateurs de la Commission Economie, Secteurs productifs et Finances publiques.

La Compagnie aérienne nationale est en proie à une crise multiforme qui touche à la fois à la flotte, aux équipements de support, aux infrastructures d’exploitation, aux ressources humaines et aux finances par la faute de l’Etat propriétaire, dont les interférences incessantes continuent à desservir sa gestion sur tous les plans.

Sa flotte est constituée de 2 Boeing 737-200 9Q-CLG (acquis sur fonds propres et dont le retour de l’inspection technique générale en France est projeté avant la mi-octobre 2013) et du B. 737-200 9Q-CNK en attente de check-D.

 Créée le 29 juin 1961, en 52 années d’existence, AIR CONGO, AIR ZAIRE aujourd’hui LIGNES AERIENNES CONGOLAISES, LAC-SARL n’a jamais connu dans son exploitation commerciale un accident ayant causé mort d’homme. Le « Léopard Volant », pionnière de l’aviation civile en Afrique subsaharienne, a connu un grand essor avec une flotte de plus de 30 avions (dont 1 Boeing 747 Jumbo,  2 DC-10-30, 4 DC-8, 4 Boeing 737, 8 Fokker-27 etc).

Elle a évolué dans de grands pools techniques de renommée internationale avec les KLM, SAS, UTA, SWISSAIR, SABENA… jusqu’à sécuriser par son exploitation normalisée l’espace aérien congolais pendant plusieurs décennies. Tant que AIR CONGO, respectueuse des normes, a opéré dans les espaces aériens congolais, africain et intercontinental, la RDC ne s’est jamais retrouvée sur une quelconque liste noire des pays à très hauts risques en aviation civile.

Des décisions inopportunes et irrationnelles prises par les Autorités du pays au cours des années et à divers échelons ainsi que des insuffisances managériales ont déclenché la descente aux enfers de la Compagnie aérienne nationale. Tenez, sur injonctions du Gouvernement  et sans contrepartie pour AIR CONGO ou AIR ZAIRE:

En 1970 : cession par AIR CONGO à la Force Aérienne Congolaise de 13 DC-3, 4 DC-4 et 1 DC-6. Cession de 14 petits porteurs à la COGEAIR au titre de participation d’AIR CONGO dans le capital d’AMAZ. En 1978 : perte de 2 Fokker-27 placés en soutien à l’action de la FAZA dans la guerre d’Angola.

1984 : Récupération par SCIBE ZAIRE de 4 Fokker-27 commandés par AIR ZAIRE  moyennant décaissement de USD 4.016.000,- 1985 : Vente du DC-10-30 9Q-CLT « Mont Ngafula » par le Gouvernement de la République à plus de USD 25.000.000,- pour honorer ses engagements avec la Banque Mondiale.

1988 : Liquidation du DC-8-63F 9Q-CLH par le même Gouvernement  dans des conditions ténébreuses, suivie en 1992 de celle du DC-8-63F 9Q-CLG en échange d’un DC-8-54F  avec un gap de USD 6 à 9.000.000,-.

1996 : Blocage à Kamembe du Boeing 737 9Q-CNK par les Autorités rwandaises. Parodie de justice en Belgique où la représentation d’AIR ZAIRE à Bruxelles est déclarée en faillite judiciaire. Des comptes bancaires, de nombreux biens meubles et immeubles en Europe et des pièces de rechange de très grande  valeur sont spoliés devant l’apathie totale du Gouvernement de la République.

1997 à ce jour : occupation par la Police Nationale de circulation routière, sans titre, des bâtiments de LAC –SARL. 1998 à 2000 :  réquisition par l’Armée et utilisation jusqu’à l’épuisement total du potentiel du B.737 9Q-CNK. Non-paiement de cet affrètement coté à près de USD 1.500.000,-  par le Gouvernement.

14 avril 2000 : Explosion de la poudrière à l’aéroport international de N’Djili détruisant et endommageant plusieurs infrastructures d’exploitation appartenant à LAC à hauteur de USD 6.000.000,-.

2002 : Démantèlement du DC-10-30 9Q-CLI « Mont Ngaliema » par ISRAEL AIRCRAFT INDUSTRY sur autorisation du Gouvernement de la République pendant que cet avion avait une valeur marchande de USD 32.000.000      ,- Parmi les pièces récupérées par I.A.I. figurent notamment 2 moteurs équivalents à eux seuls à USD 5.000.000,-.

 Détention par LAC-SARL sur l’Etat congolais d’une créance certifiée de plus de USD 22.000.000,-  que le Gouvernement n’a jamais payée.

Opposition systématique du Gouvernement à plusieurs projets de relance de LAC-SARL  à travers des partenariats matériels et financiers « gagnant-gagnant » bien négociés avec des partenaires crédibles, en ce compris des compagnies aériennes de renom, des constructeurs d’avions dont BOEING, etc C’est le cas du projet LAC-AVIC INTERNATIONAL devant permettre à LAC-SARL d’acquérir 8 avions MA-60 avec la transformation de la Technique LAC en centre de maintenance des avions chinois opérant en Afrique. Le refus d’un membre du Gouvernement a poussé les partenaires chinois à implanter ce projet en face à Brazzaville…

 L’Etat congolais est privé de sa grande Compagnie aérienne normalisée, viable et fiable, première conseillère du Gouvernement en matière de transport aérien et référence comme instrument de promotion socioéconomique et de rapprochement entre les diverses parties du pays et de liaison avec l’Afrique et le monde. Elle est pourtant un attribut de souveraineté au même titre que la monnaie nationale, le drapeau national et l’hymne national. Or, les Autorités congolaises ne s’en souviennent que momentanément lors des craches à répétition dans l’espace aérien congolais avant de retomber dans l’oubli et l’insouciance. Plusieurs Autorités du pays se cachent derrière les Compagnies aériennes privées dont elles détiennent d’importantes parts du capital pour mener des actions de sape contre LAC.

Sur le plan opérationnel, arrêt total d’activités d’exploitation se traduisant par un cumul d’arriérés de salaires de plus de 230 mois, plus de 70% du personnel éligible à la retraite légale et extralégale et le non-paiement des décomptes finals avec des conséquences fortement désastreuses sur de nombreuses vies humaines. Statistiques des décès : entre 2003 et 2010, 535 Agents, 274 Epouses, 359 Enfants. En 2011, 3 Cadres et 20 Agents non cadres. En 2012, 8 Cadres et 20 Agents non cadres.

Depuis le 03 août 2011, les partenaires sociaux en présence du Gouvernement ont signé un Protocole d’Accord le 03 août 2011 qui a permis, entre autres, le règlement de la dette sociale (renonciation à 85% de la dette sociale équivalente à USD 113.000.000,- sur USD 132.000.000,-), les promotions en grades, les lotissements et l’octroi des cadeaux en nature etc. entraînant la production des effets hautement bénéfiques : réunification des familles disloquées, retour des enfants aux études, dignité humaine recouvrée, éloignement du masque de la mort, etc.

Le Comité de Gestion piloté par l’ADTC Chérubin OKENDE SENGA, initiateur de ce programme pendant son intérim à la tête de LAC-Sarl, a été relevé de ses fonctions non pas sur base des fautes de gestion, mais plutôt suite à des considérations politiques ponctuées par des injonctions irrationnelles de la hiérarchie.

Depuis lors, cet élan a été brisé avec le blocage de la vente des immeubles non liés à l’exploitation résultant de l’exécution de ce Protocole d’Accord dont le fruit devrait d’office être affecté au désintéressement du personnel ainsi qu’à la relance de LAC-SARL.

Les démarches entreprises par le COPIREP désigné par le Ministère du Portefeuille pour la poursuite de cette opération, semblent plombées, condamnant ainsi plus de dix mille âmes en plein « Quinquennat du Social » prôné par le Chef de l’Etat.

Les déclarations intempestives du Ministre des Transports et Voies de Communication sur la création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale du haut de la tribune du Sénat, relayées par le Premier ministre en occultant la restructuration et la relance de LAC-SARL  dégagées par le Gouvernement  comme l’une des pistes de solution, ont exposé le « Léopard Volant » aux coups de boutoir émanant de partout.

Les travailleurs de LAC-SARL refusent d’être sacrifiés sur l’autel des intérêts égoïstes de certains gouvernants. Voilà pourquoi ils en appellent à la sensibilité nationaliste des Concertateurs pour la prise d’une résolution ferme recommandant :

- le traitement du dossier des travailleurs de LAC-SARL en conformité avec les dispositions légales en vigueur en RDC en cette matière ;

- la relance de la Compagnie aérienne nationale LAC-SARL après assainissement, opération aisée pour l’Etat congolais par rapport au coût très élevé de la création d’une nouvelle Compagnie aérienne nationale ainsi que la dissolution de LAC-SARL qui présente plus de charges à l’Etat en coûts politique, économique, financier, social et humain ;

- l’affirmation d’une ferme volonté politique pour la relance de LAC-SARL , l’assurance de l’intérêt et de la protection nécessaire, l’appui institutionnel pour lui garantir sa future promotion vers l’ouverture de son capital dans les meilleures conditions financières ;

- le refus de placer la RDC sous la coupe dominante des Compagnies aériennes étrangères dans ce domaine de réciprocité ou de laisser ce secteur entre les mains des prédateurs étrangers remettant en cause la souveraineté nationale et la disparition de l’emblème national des espaces aériens continental et intercontinental ;

- l’appui sur le modèle de la coopération KLM-KENYA AIRWAYS sur la base d’un partenariat matériel et financier « gagnant-gagnant » bien négocié plutôt que le recours à BRUSSELS AIRLINES qui en est à sa seconde faillite, son capital étant détenu en majorité par LUFTHANSA (35%) ou à AIR FRANCE qui a piloté jadis AIR AFRIQUE jusqu’à sa disparition.

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