La ministre de la Justice a pris acte des recommandations des actrices du système judiciaire

Il s’est déroulé du jeudi 21 au vendredi 22 juin 2012, en la salle de conférence, Town Hall de l’UtexAfrica 2, un séminaire de formation sur le genre, justice et la lutte contre l’impunité des violences sexuelles fondées sur le genre en faveur des femmes praticiennes du droit de la RDC (Magistrates, avocates, inspectrices de la police judiciaire, greffières, huissières, femmes juristes de la société civile, etc.). Ces actrices du secteur judiciaire et pénitentiaire qui étaient au nombre de  100 ont bénéficié de plusieurs exposés animés par différents conférenciers. Elles étaient accompagnées de quelques hommes provenant du secteur de la justice. Ces travaux organisés par le ministère de la Justice, en collaboration avec le bureau Genre de la MONUSCO, ont pour objectif de susciter une réflexion devant déboucher sur des propositions concernant les problèmes liés à la vie professionnelle de la femme magistrate depuis son recrutement jusqu’à la fin de sa carrière.
Au terme de ces exposés et débats riches en  enseignements, 4 groupes de travail ont été constitués pour réfléchir en atelier au-tour des questions posées par les  formateurs et qui portent sur  la perception de la gestion des dossiers  relatifs aux violences sexuelles par les magistrats, les instruments juridiques qu’ils utilisent pour dire le droit. En réponse à cette préoccupation, les concernés ont relevé que la gestion doit se faire en respectant le délai légal prévu par la loi, que ce soit au niveau pré-juridictionnel (parquet) ou juridictionnel (au tribunal). Avant la fin de leur restitution, ils ont indiqué que les preuves sont des éléments nécessaires que tout praticien du droit doit prendre en considération avant de prendre une quelconque décision. A la fin, ils ont fait quelques recommandations aux officiels du pays, particulièrement à la ministre de la Justice Wivine Mumba Matipa de qui ils attendent la mise en place d’une politique de promotion des femmes magistrates aux postes de prise de décision dans l’appareil judiciaire. Ils ont également sollicité  des instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux y compris les codes larciers,  des équipements bureautiques, la conception et l’application des programmes de formation continue destinées à assurer le recyclage, la formation ciblée des  magistrats sur l’ensemble du pays, la  prise en charge des victimes de viol par l’Etat, la création des cellules de lutte contre la violence sexuelle par les ONGS, etc. 
 
Pour rappel, lors de cet  atelier de formation,  plusieurs thèmes ont été développés par les orateurs. Il s’agit notamment du respect des règlements d’ordre intérieur, de la commission permanente de réforme du droit congolais dans la promotion de la femme, etc. En ce qui concerne le premier point, Mme Musaka a invité les bénéficiaires du séminaire au respect des principes du droit, à ne pas se laisser influencer par des intérêts personnels. Elle a martelé que lorsqu’un dossier dérange il faut carrément s’en débarrasser. «  Entre collègues il faut avoir de rapports de convivialité, a-t-elle renchéri. A son tour, Ndomba Eli, professeur de droit à l’UNIKIN, et juge au TGI/Ndjili a partagé son expérience avec les acteurs judiciaires en insistant sur le fait que les magistrats doivent être patients dans la vie, attendre leur temps parce que la patience enrichit l’homme. Il a affirmé que les magistrats doivent songer à faire une spécialisation  dans le domaine de la justice,  bien maitriser le droit, avoir la culture de se documenter, etc. Il a donné des éclaircissements sur l’historique de la création de la Commission Permanente de Réforme du Droit Congolais (CPRDC). Pour clôturer, le séminaire, la ministre de la justice et droits humains, Wivine Matipa,  qui était représentée par Kilomba Ngozi Noël, conseiller à la Cour Suprême de Justice, a affirmé avoir pris acte de toutes les recommandations faites par les praticiens du droit et les a  invités à la maitrise et à l’application des instruments juridiques internationaux et régionaux pour garantir les droits auxquels la RDC est partie prenante. Il a ensuite  indiqué que tout être humain doit être traité de la même manière, avec respect, sans distinction de sexe.
 
Muriel Kadima et 
Makobo (Stg/Ifasic)

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