La Midema : mère « nourricière » des Congolais

Créée en 1973, la Minoterie de Matadi (MIDEMA) produit essentiellement la farine de froment de première qualité, ainsi que des aliments pour le bétail. Bien plus, la Midema demeure l’unique minoterie du pays à produire de la farine fortifiée en fer et acide folique. Elle le fait depuis le 28 octobre 2006, sur recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).   

 Il est important de souligner, en passant, que la crise monétaire qui a secoué le monde a contraint bon nombre d’entreprises  à fermer leurs portes. Or, la Midema continue à résister. Le secret, nous a confié son directeur Administratif, John Diakenga, réside dans   la rigueur et la discipline dans la gestion. Toute entreprise où la rigueur, la discipline et le respect des textes légaux font cruellement défaut est vouée à la chute et à l’échec.

 « Mama mobokoli » : la Midema au cœur de la vie des Congolaismidema

La Midema emploie directement plus de 300 travailleurs. A travers sa clientèle, la minoterie crée, également et de façon indirecte, des milliers d’emplois. Tenez : la clientèle de la Midema est composée : des boulangers, distributeurs, biscuitiers et « mama mikate ». Tous ces clients  créent, à leur tour, des emplois. La minoterie compte ainsi plus de 1.000 boulangeries, qui utilisent en moyenne 30 travailleurs et livrent des pains à plus de 50  vendeuses.  Et lorsqu’on fait le calcul, l’on se retrouve avec 80.000 emplois indirects.

Par ailleurs, la production journalière de la minoterie, a révélé John Diakenga, s’élève à 15.000 sacs de froment de 45 Kg.  Un sac de farine de froment de 45 Kg donne en moyenne 400 pains. Ainsi la minoterie met à la disposition des Congolais au moins 6 millions de pains par jour. D’où le slogan : « Mama mobokoli ».

Ce slogan veut dire, d’après le Directeur Administratif, qu’en plus de son personnel évalué à plus de 300 cadres et agents, la minoterie compte des clients qui engagent également des travailleurs qui ont des familles. Au nom de la solidarité africaine, a soutenu John Diakenga, un travailleur congolais n’a pas en charge seulement que sa famille nucléaire, c’est-à-dire sa femme et ses enfants, mais aussi des parents (proches comme lointains), des  amis et connaissances. Cela fait penser à des milliers des personnes qui vivent de l’activité de la Midema.

Bien plus, avec sa production journalière de 15.000 sacs de farine de froment de 45 Kg, la Midema permet que plus de 6 millions de pains soient mis sur le marché chaque jour, sans compter les beignets, cakes et autres gâteaux…

 Une minoterie précurseuse de la bancarisation du gouvernement Matata 

C’est depuis 2008 que la Midema a commencé la formation de ses boulangers, en étroite collaboration avec IFC, une filiale financière de la Banque mondiale. La minoterie a organisé des formations au cours desquelles ses clients avaient été initiés à la culture de la banque (les transactions bancaires). Cette  bancarisation leur a ainsi ouvert les portes des agences des microcrédits, lesquels ont donné un coup d’accélérateur au développement de leurs unités de production.

 Boulangers et vendeuses de pains témoignent …

Approché par le quotidien de l’avenue Lukusa, le boulanger ROBA MBALA, nouvelle formule n’a pas caché sa satisfaction. Il s’est félicité d’avoir fait le meilleur choix de sa vie : « On reconnaît l’arbre à ses fruits. Honnêtement, mon choix de la Minoterie de Matadi m’a vraiment porté bonheur et j’en remercie grandement le Seigneur Dieu.  En 15 ans de partenariat avec cette minoterie, j’ai déjà ouvert deux boulangeries à travers la ville de Kinshasa et une troisième est en gestation. De même, je possède une pâtisserie qui fait la fierté des tous les habitants du quartier ». Roba Mbala déplore, toutefois, les tracasseries administratives et policières : trop de taxes, surtout celles du service d’hygiène.

Un boulanger de la commune de Ngiri-Ngiri justifie sa fidélité à la Midema par la qualité de sa farine. Une farine de qualité incontestable et fortifiée en fer et acide folique.

Pour sa part, Maman Bampeledi du district de la Tshangu ne cache pas sa reconnaissance aux responsables de la Minoterie de Matadi : « grâce à la vente de pains à la farine de la Midema, nous a-t-elle confié, j’ai réussi à scolariser mes quatre enfants. Trois ont déjà décroché leurs diplômes d’Etat et poursuivent leurs études universitaires, deux à l’Université de Kinshasa et le troisième à l’Université catholique du Congo… Même ma santé physique a subi une véritable métamorphose : j’étais mince comme un clou, si j’ai pris du poids, c’est le fruit de cette vente. Je ne renierai jamais la Midema « mama mobokoli ». C’est grâce à la Midema que je nourris ma famille et que je supporte les études universitaires de mes enfants ».

Même son de cloche du côté de M. Apollinaire Mapela : « j’ai acheté ma parcelle et je me suis marié grâce à ces pains de la farine de froment de la Midema. A présent, j’ai trois enfants et l’aîné présente son examen d’Etat cette année scolaire. J’aime Midema plus que ma femme, plus que mes frères et sœurs. La vente des pains, c’est mon job et mon assurance-vie et Midema, une véritable « mama mobokoli », car elle nourrit ma famille et me donne de la valeur ».

Quant à la jeune veuve Pauline Boenza de Bumbu, la Midema lui a redonné l’espoir de vivre. La vente des pains à la farine de la Midema lui permet d’assurer l’encadrement  et la scolarisation de ses deux orphelins. Cela lui permet également de répondre à ses besoins de femme et à éviter des dérapages dus à crise des moyens financiers. « La Midema a essuyé mes larmes et m’a redonné de la valeur ».

Michel  LUKA

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