La Majorité impose la révision de la Constitution à l’Assemblée Nationale

Par 334 voix « pour », 1 « contre » et 2 « abstentions », l’Assemblée Nationale a déclaré « recevable » la proposition de loi portant révision de certaines dispositions de la Constitution. C’était le point de chute de sa plénière d’hier mardi 11 janvier 2011. Selon le président du Bureau de la Chambre basse du Parlement, Evariste Boshab, il ne reste qu’à attendre le verdict du Sénat, sur la même matière, pour passer à la convocation des députés et sénateurs en « Congrès, dans le cadre d’une nouvelle session extraordinaire, pour le débat de fond et l’adoption formelle des amendements.

On rappelles que les articles à revisiter sont 71 ; 110 ; 126 ; 149 ; 197 ; 198 ; 218 et 226, soit au total 8. Celui qui soulève le plus la controverse est l’article 71, en ce qu’il ramène le scrutin présidentiel de 2 à 1 seul tour.

Mais avant d’en arriver au vote, la plénière, au sein de laquelle des députés de l’Opposition étaient à compter sur les bouts des doigts, a auditionné les avis et considérations de plusieurs groupes parlementaires de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) et de ses alliés. Le constat à faire est que tous les intervenants ont parlé d’une seule voix. Ils ont non seulement réaffirmé la conformité de leur démarche à la Constitution, en ce sens que l’initiative de la révision est venue des membres de leur propre institution, mais aussi l’opportunité d’organiser l’élection présidentielle en « tour unique », pour des raisons financières.

Les députés de la majorité ont fait savoir que les matières soumises présentement à la révision constitutionnelles ne sont pas celles « verrouillées » hermétiquement par le législateur. L’unanimité s’est dégagée autour de la nécessité de réduire de moitié le coût global des élections (720 millions de dollars), de manière à affecter le reliquat de 360 millions de dollars américains à la reconstruction nationale. « La démocratie ne peut pas coûté plus cher que le développement », a martelé un élu du peuple. Un autre a renchéri que les élections congolaises étaient les plus coûteuses au monde, citant au passage les factures supportées par l’Afrique du Sud (128 millions de dollars Usd), l’Angola (160 millions Usd) et la Tanzanie (28 millions Usd).

Un troisième a clamé toute la joie et la fierté de son parti et groupe parlementaire de voir l’Assemblée Nationale les rejoindre, car à l’occasion du référendum constitutionnel, ils avaient déjà relevé le caractère lacunaire du projet de Constitution qui allait être voté puis promulgué le 18 février 2006. L’initiative de révision constitutionnelle est ainsi perçue comme un juste retour des choses.

Bref, ont soutenu plusieurs intervenants, la révision d’une Constitution n’était ni un mal, ni une exclusivité congolaise. D’où, ils ont exhorté leurs collègues de l’opposition à cesser de les jeter en pâture au peuple, comme étant des ennemis de la patrie alors que leur souci est d’adapter la loi fondamentale aux réalités politiques, économiques et sociales actuelles ainsi qu’aux moyens financiers limités dont dispose le pays.

Jacques Kimpozo

 

 

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