La LINELIT sensibilise la population de Tshangu sur la décentralisation et les élections locales

jérome bonsoEn étroite collaboration avec son partenaire traditionnel, la Fondation Konrad Adenauer (FKA), la Ligue nationale pour les élections libres et transparentes (LINELIT) a organisé vendredi 11 octobre 2013, à l’Ecole Sainte Germaine, dans la commune de N’Djili, une tribune d’expression populaire en faveur de la population du district de Tshangu. Thème retenu : « Rapprocher les Parlementaires de la Base et leur implication dans le processus de décentralisation et de la tenue des élections locales ». Orateurs du jour : Patrick Muyaya, député national, et Norbert Yamba Yamba, acteur de la société civile.

 Dans son adresse de circonstance, le président de la LINELIT, Jérôme Bonso, s’est réjoui de l’opportunité que son ONG offre à la population d’échanger avec ses élus (les députés nationaux) sur des questions d’intérêt national, sur des question d’actualité.

A ces jours, l’actualité nationale tourne autour de la décentralisation et de la tenue des élections locales. A la LINELIT, l’on définit la décentralisation comme étant « un mode de gestion qui permet de rapprocher les gouvernés des gouvernants ». Et ce, dans le but de permettre une meilleure appropriation du ce processus par tous les acteurs en dégageant une vision partagée sur la stratégie de sa mise en place.

Parlant des élections, Jérôme Bonso a fait un constat amer : c’est depuis 2006 que  les élections, dans notre pays, ont renversé la tendance pyramidale qui est un principe de la base au sommet. Raison pour laquelle la LINELIT s’insurge contre cette tendance qui consacre des périodes hors mandat de certains élus. Notamment : les sénateurs, les députés provinciaux, les gouverneurs et vice gouverneurs de province. Pour y remédier et mettre un terme au phénomène « hors mandat » presqu’institutionnalisé dans notre pays, la LINELIT, par la voix de son président, demande au pouvoir organisateur des élections en RDC d’organiser, dans un bref délai, les élections locales. « Il faut se débarrasser de la démocratie par tirage au sort au profit de la démocratie participative, représentative. Le scrutin au suffrage universel direct permet d’éviter des erreurs et abus du passé », a-t-il conclu.

Pour sa part, le représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, Steffen Krügger, a rappelé aux honorables  députés leur devoir sacré de ne pas décevoir, de ne pas trahir  leurs électeurs. « La Constitution, a-t-il noté, est la colonne vertébrale de chaque démocratie, mais cela ne signifie pas qu’aucun changement ne puisse s’opérer ou qu’aucune réforme ne puisse être initiée. Dès lors qu’une société est en train de se développer, aussi les institutions politiques ont-elles besoin de s’adapter. Mais, partant du développement constitutionnel, nous avons aussi besoin de rester vigilants pour que toutes les modifications  restent conformes aux principes démocratiques et que, des majorités parlementaires ne puissent pas abuser de leur position, pour introduire des éléments qui violent l’esprit démocratique ».

Des villes, communes et territoires sans budgets annuels

 Partant d’une étude comparative, Norbert Yamba Yamba est écoeuré de voir nos villes, communes et territoires fonctionner sans budgets annuels. Contrairement aux villes et communes  tant européennes qu’américaines, les villes et communes congolaises fonctionnent sans budgets.

Il ne reconnaît pas une seule commune de la ville de Kinshasa qui a disposé ou dispose d’un budget annuel. Pourtant, certaines provinces et villes européennes  comme américaines disposent des budgets impressionnants, voire supérieurs à celui de notre pays. De même, certaines communes occidentales et américaines possèdent des budgets respectables  pragmatiques, c’est-à-dire répondant aux espoirs de leurs populations respectives.

 Décentralisation : remède contre la balkanisation

 La décentralisation, dans l’entendement de Patrick Muyaya, est une stratégie de développement par rapport à l’immensité de notre pays et de nos ressources. Selon lui, il s’avère important de rapprocher les gestionnaires de ceux qui sont gérés. Il est nécessaire de créer un lien, mieux une collaboration entre le Congolais de Kasumbalesa et son bourgmestre, de façon à le motiver à contribuer  au développement de son secteur.

Bien plus, la décentralisation est une meilleure manière d’assurer une meilleure gestion de notre pays. Elle permet de mettre un terme, de dérouter tous ceux qui cultivent des projets de balkanisation. Pour l’honorable député, il n’y a  aucun lien entre la décentralisation et la balkanisation. Le projet de balkanisation n’existe que dans les têtes des non congolais.

Michel  LUKA

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