La Ligue contre la corruption et l’ACAJ exigent des poursuites judiciaires contre les mandataires publics

 

L’ACAJ et la Licoco exigent des poursuites judiciaires contre les mandataires

L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) et la Ligue Congolaise de lutte contre la Corruption (LICOCO), deux organisations de la société civile travaillant dans la transparence des ressources naturelles, la lutte contre la corruption et l’impunité, ont suivi avec beaucoup d’indignation les échanges des communiqués de presse entre la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et le Gouvernement sur le mauvais climat des affaires en RDC.

ACAJ et LICOCO sont préoccupées par le non respect par le Gouvernement de ses engagements vis-à-vis de ses partenaires, en matière de gestion de ressources naturelles, et le bradage des actifs de la Gécamines par ses mandataires.

ACAJ et LICOCO craignent que la persistance du mauvais climat des affaires en RDC ne compromette des investissements sérieux, la création des richesses, des emplois et l’amélioration des conditions socio-économiques des citoyens dont la majorité vit en-deçà du seuil de  pauvreté.

 «Nous désapprouvons la démarche gouvernementale qui consiste à dénoncer timidement le Président du Conseil d’Administration (PCA), pour son rôle dans la mauvaise gestion de la Gécamines, sans prendre des mesures administratives conservatoires qui s’imposent, alors que les mandataires de cette entreprise se sont distingués dans le bradage de ses actifs au profit des tiers, notamment dans les dossiers Mutanda et société SODIMEC», a déclaré Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ.

«Lors de la nomination des membres du Conseil d’Administration ainsi que du Comité de gestion de la Gécamines, plusieurs organisations syndicales et des droits de l’homme avaient recommandé, sans succès, au Gouvernement d’y revenir et de procéder à un recrutement basé sur des critères objectifs et non politiques», a déclaré Ernest Mpararo, Président de la LICOCO.

Enfin, l’ACAJ et LICOCO relèvent que le Gouvernement tolère, à ce jour, des pratiques qui favorisent la corruption, le clientélisme et la dilapidation des biens des entreprises publiques. A titre d’exemple, à la société SCTP, ex-ONATRA, le PCA est en même temps député national et payé doublement par le trésor public Le PDG assume, depuis plusieurs mois, l’intérim du DGA. Le poste de l’Administrateur Directeur Financier (ADF) est maintenu au comité de gestion bien que supprimé par le nouveau régime juridique sur les entreprises de l’Etat. Au Cadastre minier (CAMI) et à la Sodimico, le poste de l’ADF n’est pas supprimé…

Vu la gravité de cette situation, l’ACAJ et la LICOCO recommandent :

1. AU GOUVERNEMENT DE LA RDC:

– De suspendre préventivement les actuels mandataires de la Gécamines et les mettre à la disposition de la justice;

– De dépêcher un audit indépendant sur la régularité des actes qu’ils ont posés dans la gestion des joint-ventures et le bradage des actifs de la Gécamines à des tiers, qui les ont revendus, à la bourse de Londres, à plusieurs milliards de dollars au préjudice des Congolais;

– De dénoncer les ventes frauduleuses des actifs de la Gécamines et exiger la restitution du trop perçu ;

2. AUX SYNDICALISTES DE LA GECAMINES:

– D’exiger la révocation des actuels mandataires de la Gécamines et la nomination de nouveaux recrutés sur base des critères objectifs et non politiques ;

– D’user de toutes les voies de droit pour faire gérer la Gécamines suivant les règles résultant du nouveau régime juridique applicable aux entreprises publiques;

– De travailler en étroite collaboration avec les ONG des droits de l’homme afin de faire poursuivre en justice, tant au niveau national qu’au niveau international, les personnes physiques et morales qui ont tiré profit du bradage des actifs de la Gécamines. 

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