La grève du Synamag très suivie

Cours et tribunaux : la paralysie !

En dépit de l’appel au travail de l’Intersyndicale des magistrats, c’était la paralysie quasi générale le lundi 29 mars 2010 dans les cours et tribunaux de l’ensemble du pays, conformément au mot d’ordre de grève lancé vendredi par le Synamag (Syndicat Autonome des Magistrats). Seul le ressort de la Gombe, à Kinshasa, a fait exception, avec la présence d’une poignée de magistrats dans leurs bureaux ainsi que dans les salles d’audience.
 
            Ayant sans doute pris la température de la situation, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Luzolo Bambi Lessa, a décidé de recevoir en audience, dès 9 heures du matin lundi, tout le comité du Synamag conduit par son président national,  Sambayi Muteba. Ce membre du gouvernement, a-t-on appris, tenait à connaître les tenants et aboutissants du mot d’ordre de grève.

            Profitant de cet échange, les membres du Synamag lui ont fait savoir que son projet de loi violait la Constitution et s’apparentait à une manière détournée de tenter d’obtenir la révision de ce texte fondamental. Ils lui ont remis, à cette occasion, un mémorandum dans lequel ils soulignent le caractère inconstitutionnel de la démarche du ministre, en ce qu’elle porte atteinte à la présomption d’innocence, à l’égalité de tous les citoyens devant la loi, et, plus ce qui est plus grave, ce projet détruit le socle même de la démocratie, car dès lors que le juge va se sentir insécurisé, il va avoir de ce fait peur de dire le droit.
            Après le Palais de Justice, la délégation a pris le chemin du Palais du Peuple, où elle a été rejointe par d’autres magistrats, pour se faire recevoir par le Président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab. A ce dernier, les syndicalistes ont tenu à faire voir qu’il y a un élément de fond en démocratie, lequel est sérieusement menacé : c’est la séparation des pouvoirs. Or, c’est par la justice que passe la bonne gouvernance.
            Ils ont démontré que dès lors que la peur aura gagné les rangs des juges, ce sera le règne de la jungle au sein de l’Etat. C’est pour éviter cela, ont-ils indiqué, qu’ils ont engagé la démarche consistant à sensibiliser les décideurs politiques. L’on apprend qu’à ce sujet, une pétition déjà en circulation sera remise incessamment aux présidents des deux chambres du Parlement.
            Ce mardi matin 30 mars 2010, le Synamag est de nouveau annoncé au Palais du Peuple où son staff est appelé à conférer avec le Président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, autour de la même question.
                                                                                                                                 Jacques Kimpozo
 
 

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