La fermeture de l’aéroport de la Luano s’impose

La Ligue contre la Corruption et la Fraude, LICOF en sigle, déplore l’absence par trop manifeste de bonne gouvernance dans le chef du gouvernement de la République Démocratique du Congo, notamment en ce qui concerne la gestion de l’aéroport international de Lubumbashi, plaque tournante essentielle dans les rapports économiques non seulement entre le pays et l’Afrique australe et de l’Est, mais aussi avec tout le reste du monde. La gestion en question est dévolue à la RVA qui perçoit depuis toujours redevances, taxes, péage, etc. Le péage coûte 20 USD par véhicule tandis que chaque passager d’un avion est tenu de payer 50 USD pour se rendre à l’étranger et 10 USD, à l’intérieur de la RDC. Tout non voyageur voulant accéder aux installations de la RVA est obligé de débourser aussi 10 USD.

Cet argent aurait pu servir aux travaux de réfection de la piste d’atterrissage évalués à 7millions de dollars américains. L’opinion publique se demande toujours où va cet argent perçu chaque jour ?

A  propos de la réfection de la piste d’atterrissage, à, tout seigneur tout honneur, beaucoup se rappellent encore qu’à peine investi, le gouverneur Moïse KATUMBI CHAPWE du Katanga avait prêté à la RVA, donc à l’Etat congolais,  environ 1.300.000 USD pour lé début de ces travaux, lesquels furent confiés à EGMF . Les usagers de l’aéroport international s’attendaient à une intervention rapide et conséquente du gouvernement central. Mais rien n’a été fait à ce jour pendant que l’état de la piste d’atterrissage ne fait que se détériorer, à telle enseigne que 800 mètres sur 3.600 sont décalés, c’est-à-dire hors d’usage. Cela fait que l’atterrissage de gros porteurs devient extrêmement périlleux.

Plus d’une fois, les aéronefs ont frôlé la catastrophe. La liste des appareils qui sont passés à un doigt du  sinistre continuent à s’allonger. Une fois déjà, un avion qui devait ramener des basketteuses kinoises dans la capitale avait raté son décollage et il est allé finir miraculeusement sa course dans la brousse, sans exploser. Les athlètes s’en étaient sorties avec quelques blessures. Il y a quelques mois, un Boeing battant pavillon belge , qui transportait une forte délégation  en provenance de l’ex-métropole  avec le ministre belge de la Défense à son bord, avait failli connaître un accident. C’est ainsi qu’il est resté cloué au sol au-delà du temps prévu..  Un autre Boeing transportant à son bord une délégation du gouvernement congolais composée des ministres Charles MWANDO SIMBA de la Défense nationale et Sécurité ainsi que son collègue Alexis TAMBWE MWAMBA des Affaires étrangères avait également  manqué de peu de s’écraser au sol.

Le dernier miracle en date concerne le  Boeing immatriculé 871870/737/700 d’Ethiopian Airlines, compagnie nationale éthiopienne, qui a raté son atterrissage ce dimanche 21 Février 2010 à 12 heures 30. L’aéronef est allé terminer sa course folle dans un marécage où le  train avant de l’appareil s’est enfoncé. Les passagers en sont sortis tout pétrifiés par la  peur.

En un mot, la LICOF constate que le gouvernement congolais continue à afficher une négligence coupable s’agissant de l’entretien  de l’aéroport international de Luano. Il attend seulement qu’il y ait beaucoup de morts pour faire semblant d’assister les sinistrés. Même dans cette hypothèse, les Congolais retiennent que les victimes des catastrophes aériennes de Type K ( l’aéroport Ndolo) et de Ndjili  à Kinshasa, de Goma, de Bukavu, etc. tout comme celles des accidents ferroviaires et lacustres successifs depuis la 2ème République n’ont jamais été adéquatement  indemnisées jusqu’à ce jour.

L’argent provenant de la fiscalité et de la parafiscalité envoyé à Kinshasa étant difficilement rétrocédé aux provinces du pays, qu’est-ce que les populations du Katanga attendraient encore des instances nationales surtout lorsque la réfection de l’aéroport international de la Luano devient un besoin pressant ?

De ce qui précède, la LICOF demande la fermeture pure et simple de l’aéroport de la Luano pour éviter d’autres catastrophes .

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