La FEC plaide pour le paiement de la dette intérieure de 1,3 milliard de dollars

Le siège national de la FEC, à Kinshasa/ Photo Radio Okapi.Le président national de la FEC a brossé un tableau économique peu reluisant de la RDC en 2013, avec pertinence, mais aussi avec sincérité. C’était à l’occasion de la présentation de vœux aux opérateurs économiques et à la nation. Une cérémonie organisée à la «fête parfaite» à Gombe, à laquelle ont pris part le président du Sénat, des sénateurs et députés, des membres du gouvernement central et des mandataires publics.

D’entrée de jeu, Albert Yuma Mulimbi s’est réjoui des efforts réalisés par le gouvernement central dans certains secteurs, et reste inquiet face à une fiscalité et une parafiscalité non incitatives pour le développement du secteur privé. Aussi, il a invité l’exécutif à partager son analyse de la situation socio-économique et de ses perspectives d’avenir. Car, beaucoup reste à faire. Il faut que beaucoup de choses puissent changer, afin que le secteur privé qui est producteur de richesses et d’emplois, puisse enfin décoller.

            Dans son analyse très critique, ce chef d’entreprises  note que l’activité économique a été impulsée en RDC, en 2013,  par les performances du secteur minier, du commerce et de la construction. Tout en appréciant ces quelques  efforts, il relève que l’analyse qualitative de cette croissance met en lumière sa fragilité, et sa faible capacité à générer des emplois et à distribuer des revenus pour la lutte contre la pauvreté. A ses yeux, les Congolais restent pauvres et attendent les retombées de cette croissance. D’où les plaintes des  opérateurs économiques et des ménages.

 Albert Yuma relève que ces résultats sont le fait que l’Etat a accumulé la dette intérieure jusqu’à plus de 1,3 milliard de dollars. Pour cet économiste et chef d’entreprises, si on n’avait payé ne fût-ce que 30 % de cette dette, le taux d’inflation et le taux de change auraient changé. L’activité économique, une baisse de 20 à 30 % avec un impact sur les emplois et les recettes encaissées par l’Etat.

 Au chapitre de la politique de la collecte d’impôt, la TVA ne fonctionne pas comme il se doit.  Ainsi à fin 2013, a-t-il dit, les entreprises minières de la Chambre des mines de la Fec attendent encore le remboursement de la TVA de près de 400 millions de dollars.

            Comme pistes de solutions aux nombreux problèmes, Albert Yuma préconise des politiques économiques ambitieuses et volontaristes, tournées vers la facilitation de la production intérieure et la création de vraies valeurs ajoutées locales sur base de vraies réformes économiques structurelles, une refonte totale de la fiscalité et des procédures de mobilisation des recettes, une politique monétaire et de crédit ambitieuse. Bref, une politique tournée vers une révolution économique.

            Du rapport du PNUD de 2013 qui place la RDC, à la 186 ème place sur un total de 186 pays, par rapport à l’indice de développement humain, il retient que notre pays connait un taux de chômage parmi les plus élevés d’Afrique, soit plus de 55% de sa population active. Pour lui, un taux de croissance positif ne suffit pas, mais on doit plutôt accroitre la qualité de cette croissance à redistribuer au plus grand nombre à travers la lutte contre la pauvreté.  En boostant la production manufacturière et agro-industrielle et la sous-traitance locale vers la création d’une valeur ajoutée de plus en plus croissante.

Sur le climat des affaires, Albert Yuma préconise des réformes. Car, le cadre juridique entretient l’insécurité juridique et judiciaire avec des maux qui minent la gouvernance administrative et économique du pays, dont les abus de pouvoirs, le trafic d’influence, les arrestations arbitraires, la corruption, le clientélisme, et le tribalisme.

Fort d’un partenariat responsable avec le gouvernement, la Fec s’est réjouie de certaines décisions de l’exécutif et dénoncé la prolifération de plusieurs services publics qui créent de perceptions à prélever sur les entreprises. A ce sujet, Yuma Mulimbi a plaidé pour la suppression des taxes et redevances redondantes,  et la création du cadre permanent de concertation du Conseil économique et social.

            Enfin, Yuma a préconisé entre autres la création d’un guichet de refinancement à la BCC, l’organisation des états généraux de l’agriculture et de l’industrie, la libéralisation des secteurs des assurances et de l’électricité.           J.R.T.

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