La CUD cible les populations locales des pays du Sud

Après plus de 15 ans de soutien à ses universités partenaires à travers le monde, la Commission Universitaire pour Développement (CUD), mettant en avant plan les Projets Interuniversitaires ciblés,  organise un colloque international autour du thème à la fois mobilisateur et interpellateur  « Universités extra-muros : coopérer pour un développement ciblé des pays du Sud ». Ce colloque aura lieu les 22 et 23 avril 2010 à l’International Auditorium, à Bruxelles, en Belgique. Il vise, à la lumière des exemples et résultats exposés,  à mettre en évidence les spécificités de l’action  universitaire en matière de développement ciblé hors sphère purement académique, depuis la conception du partenariat jusqu’à la mise en œuvre des projets, et montrer en quoi les projets ciblés de coopération universitaire sont un outil original et porteur de développement ; définir les modalités du « prolongement sur le terrain » de l’action universitaire pour le développement, y compris les synergies avec d’autres acteurs et instruments de coopération au développement ; mettre en évidence le « return » de ce type de projet pour les partenaires Nord et Sud, dans le respect du principe d’une coopération qualifiante ; réfléchir sur l’outil « Projets interuniversitaires ciblés » de la CUD, ses points forts, ses points faibles, les facteurs de succès et/ou d’échecs et éventuellement proposer des pistes en vue de son amélioration. Parmi le public cible figurent, au regard de la diversité des axes de réflexion, en premier chef, la communauté universitaire belge et, en particulier, les académiques et scientifiques responsables de Projets Interuniversitaires Ciblés et leurs homologues du Sud. Les acteurs de la coopération au sens large, qu’ils soient responsables politiques, experts ou représentants d’ONG, les représentants du monde associatif, du secteur privé seront également invités à assister ou prendre part aux débats. Ce public se penchera sur quatre modules thématiques : « l’Université et le monde associatif », « l’Université et les décideurs politiques », « l’Université et le secteur privé » et « l’Université et la professionnalisation ».

Les modules feront l’objet d’une introduction réflexive et seront illustrés par la présentation de projets relatifs au thème abordé. Une séance de questions-réponses conclura chacun des modules.

La seconde journée se terminera par une table-ronde à l’occasion de laquelle les participants  tenteront d’apporter réponse aux quatre questions suivantes : comment identifier la problématique et définir la manière dont la recherche universitaire appliquée peut y répondre ? Comment se construit un partenariat ? Quels résultats pour un impact ?  Quelles conditions pour une durabilité ? Les langues de travail sont le français et l’anglais avec traduction simultanée.

Quels sont les mandats, le rôle, les orientations stratégiques et les programmes de la CUD ?

Pour rappel, la CUD est chargée, au sein du Conseil Interuniversitaire Francophone de Belgique (CIUF), de la mise en œuvre de la politique de coopération universitaire au développement. Elle est un lieu de dialogue et de concertation. Elle s’efforce de mettre en commun les ressources et potentialités des universités francophones de Belgique pour augmenter ainsi l’efficacité de leur contribution à la coopération internationale et rendre possible et réaliser des projets qu’aucune institution n’aurait la capacité de réaliser seule. Ses mandats s’étendent de la « définition d’une politique commune de coopération au développement pour les universités belges francophones » à la « coordination et la gestion des programmes et activités mis en œuvre dans le cadre de la politique commune de coopération universitaire au développement » en passant par « la promotion de cette politique commune auprès des pouvoirs publics et des autres acteurs de développement, notamment en assurant l’interface entre ceux-ci et les universités belges francophones ». Son rôle est celui d’appuyer l’université du Sud en tant qu’acteur du développement. Ainsi les actions de la CUD visent à renforcer les universités du Sud dans leurs missions fondamentales (formation, recherches, services à la société) et contribuer au développement économique, social et culturel de leur pays et de leur région dans le contexte de la lutte contre la pauvreté. Sa spécificité étant également le partenariat avec l’université du Sud. En effet, la CUD a pour mission d’encourager des projets communs à des universités belges francophones et des universités des Pays en voie de développement : les partenaires du Nord et du Sud se fixent ensemble des objectifs et mettent en commun leurs ressources humaines, matérielles et financières pour les atteindre. Sa force s’exprime par une approche interuniversitaire en Belgique et interdisciplinaire au service des actions d’origines diverses : une approche interdisciplinaire permet une approche intégrée de la problématique traitée. Il s’agit de prendre en compte, d’une part, l’ensemble des facteurs potentiellement responsables d’une problématique donnée et, d’autre part, les éléments qui favorisent le transfert des résultats vers les publics ciblés.

L’approche interuniversitaire renforce l’originalité et la force de l’outil développé par la CUD : les universités francophones de Belgique mettent ensemble leurs experts à la disposition du Sud. La CUD vise à promouvoir et à mettre en œuvre des projets et programmes de coopération universitaire au développement en vue de renforcer les institutions universitaires des pays en développement en tant qu’acteurs du développement de leur pays et de leur région. Cette politique est mise en œuvre en tenant compte des orientations stratégiques suivantes : premièrement, la « réciprocité » pour une coopération qualifiante  c’est-à-dire la CUD donne priorité aux programmes, projets et actions qui développent tant l’expertise du Nord que du Sud ; deuxièmement, le « public cible » des actions de la CUD est constitué non seulement du monde académique mais également les services administratifs, les étudiants, les populations locales ; troisièmement, l’ « ouverture vers d’autres partenariats » dans l’optique de la recherche de la concentration, des complémentarités et des synergies avec les différents acteurs de développement pour la réalisation de ses actions (au niveau régional, elle soutient les collaborations entre les universités du Sud par le biais de l’encouragement à la création et l’appui à des réseaux scientifiques régionaux) ; quatrièmement, l’ « appropriation des activités par les partenaires du sud et leur responsabilisation dans le déroulement du programme » sont des garanties indispensables d’une durabilité des actions entreprises au delà du terme du partenariat ; cinquièmement, le facteur «  concentration » se justifie dans la mesure où, en présence d’un grand nombre de sollicitations et d’un budget limité, la CUD entend canaliser ses interventions afin de les optimaliser :  elle concentre une partie significative de ses partenariats sur un nombre limité de pays et d’institutions universitaires et elle accorde une attention particulière à l’Afrique subsaharienne et en particulier à l’Afrique centrale. La CUD met en œuvre sa politique de coopération universitaire au développement par le biais de six programmes qui relèvent d’objectifs bien distincts : le programme de « Coopération universitaire institutionnelle » (CUI) visant le renforcement institutionnel de certaines institutions partenaires dans les pays en développement, en vue de contribuer à leur permettre d’assumer leur mission d’acteur du développement de leur pays et de leur région ; le programme des « Projets interuniversitaires ciblés » (PIC) constitué de projets de recherche stratégique ou de transfert des connaissances au profit des populations locales (Ils sont réalisés dans les pays en développement, en partenariat avec des universités et institutions de recherche du Sud) ; les « Pôles de Formations spécialisées », programmes de formations universitaires répondant à un besoin régional de formation dans des domaines prioritaires liés au développement ; le programme « Formation, Recherche & Sensibilisation pour le Développement » (FRSD) se concentrant sur des activités menées principalement en Belgique au bénéfice des pays en développement (Il vise à la fois la formation des ressources humaines des pays en développement, l’appui à la politique de coopération belge par le financement de groupes interuniversitaires de recherche et la sensibilisation de la communauté universitaire belge aux problématiques du développement) ; le programme « Bourses » octroie, chaque année, 150 bourses de cours et 70 bourses de stages à des ressortissants de pays en développement pour suivre une des formations soutenues par la CUD dans le cadre des cours et stages internationaux ; enfin, le programme Frais de formation vise à financer les universités francophones belges pour les formations qu’elles dispensent, dans le cadre de leur offre générale de formations diplômantes, à des ressortissants des pays en développement.

Pourquoi la tenue d’un colloque international sur les Projets Interuniversitaires Ciblés (PIC) ?

A la lumière de ce qui précède, « depuis plus de quinze ans, la CUD soutient ses universités partenaires dans l’exercice de leurs missions fondamentales de formation, de recherche et de services à la société. Parmi les approches développées, avec un souci constant de complémentarité, en vue de consolider le rôle d’acteur incontournable du développement, dans leur pays et dans leur région, les Projets interuniversitaires ciblés (PIC) répondent, à travers les institutions universitaires, à l’exigence de retombées directes ou indirectes sur la société locale. Après avoir consacré un important symposium à la Coopération universitaire institutionnelle en 2009, il a semblé pertinent à la CUD d’organiser, autour des PIC, un colloque de deux jours sur la thématique de l’impact concret de la coopération universitaire sur le développement ou les politiques de développement.

À partir d’exemples concrets et de résultats issus d’une sélection de projets, le colloque proposé est conçu comme l’occasion de mener une réflexion sur le prolongement des activités universitaires de recherche et d’enseignement en dehors de la sphère purement académique et sur le rôle actif que l’Université peut jouer dans ce contexte, en faveur du développement de l’environnement dans lequel elle s’inscrit ». En bref, cette rencontre scientifique constitue un cadre de réflexion sur une nouvelle vision dans l’ouverture ou/et  l’élargissement des activités de coopération interuniversitaires de la CUD en faveur du progrès et de l’avenir des populations locales du Sud.

Claude Kazadi

Cent Tambours Mille Trompettes

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