La Cité Cardinal Etsou divise un abbé et un chef coutumier

Le  procès qui oppose le chef coutumier Makwala Ngamutala à l’abbé Oswald Bagaza n’a pas encore livré tous ses secrets. Les deux parties ont des prétentions sur la portion de terre dénommée «Cité de Paix Cardinal Etsou» à Kimbanseke. Ce coin perdu  et situé très loin du Centre ville pourrait  changer de visage dans un avenir proche.  Bagaza est assigné au Tripaix de Ndjili par Makwala pour occupation illégale de ladite cité. Ce dossier est enrôlé au Tripaix  de Ndjili sous RP 11964.  L’instruction  a eu lieu hier mercredi 25 juillet 2012. Tout au long de l’audience, les conseils de deux parties ont posé des questions à leurs contradicteurs respectifs.

Le  tribunal va se déporter sur les lieux  le 10 août 2012 pour recouper les versions de deux parties, auditionner  Germain Nzungu ( cité comme chef coutumier ayant facilité la transaction), les  autorités foncières et politiques liées à cette affaire.

 Très incisif, les avocats  de la partie citante ont  fait observer que si l’Etat lotit un coin donné, il réserve une partie de cet espace à l’autorité coutumière. Par ailleurs, l’abbé Bagaza prétend avoir soldé le reliquat de 3500 dollars et autres effets exigés par le chef coutumier  Nzungu  pour entamer les travaux de construction à la cité querellée. Toute fois, il n’en a fourni aucune preuve.  Entre temps, Makwala, désigné par son père comme autorité coutumière à titre intérimaire, a exhibé des documents faisant foi.  C’est en novembre 1998 que Lubamba, visiblement affaibli par la maladie, s’est tourné vers ses neveux pour la passation des pouvoirs. Comme pour ces derniers, autorité coutumière  est synonyme de sorcellerie et des fétiches, le citant faisant fi de ces clichés, a accepté de relever le défi. Il descend de la lignée du grand chef Ngandu Muko.  Ndona Mabela, un des membres vénérables du clan encore vivant, peut témoigner de  tout cela.  Ils ont fait remarquer aussi que «Haute Tension» n’est pas repris comme un  quartier  de Kimbanseke.   Makwala  a dit que Nzungu ne règne pas sur les terres de Tshangu. Son contradicteur a  fait appel aux agents de l’Auditorat pour «sécuriser» le site querellé. Il s’est senti menacé.
 Ses avocats ont renchéri dans le même sens. Plusieurs autres protagonistes convoitent le même site. Il y a donc péril en la demeure, ont-ils ajouté.
«  Le tribunal devrait prendre des mesures conservatoires. Les travaux pourraient reprendre à la Cité  dès que le tribunal se sera prononcé », ont-ils indiqué.

Réplique proportionnée

 Pugnace et  pointilleux, l’abbé Bagaza a retracé la genèse de cette affaire. Pour ce serviteur de Dieu, on lui a attribué dans un premier temps 32 hectares du côté de la cité Bono. Un peu plus tard, on en est arrivé à 216 hectares. Avec cette extension, Bono est devenu la Cité de Paix Cardinal Etsou.
 L’arrêté de lotissement du site en question a été signé en 2006.  A l’époque, Liwanga était le maire de la ville. Le lotissement a eu lieu l’année suivante. Le dévoilement de la stèle du site est intervenu le 24 février 2007.
 Les autorités du pays l’ont orienté vers Nzungu.  L’ong dont il est l’animateur principal va construire des maisons résidentielles et ériger des infrastructures là bas. Les engins de l’OVD  sont déjà à pied d’œuvre.
 «On m’avait demandé des machettes, du sel, des cigarettes, des houes… et 4000 dollars. Un premier acompte de 500 dollars avait  été versé à Nzungu», a-t-il souligné.
 Il y a quelques années, le site querellé était quasiment inhabité. Il a à sa disposition des images qui parlent d’elles mêmes.
 Prenant le relais, le conseil de Bagaza a dit qu’une fois intronisé par le clan, le nouveau chef coutumier se fait enregistrer au ministère de l’Intérieur. Le gouvernorat en est saisi plus tard. Les chefs coutumiers reconnus par l’Etat sont même salariés.


 Cela n’est pas le cas avec le « chef coutumier » Makwala.
«En ce qui concerne l’acquisition des terres, le ministre prend l’arrêté. L’administration foncière entre plus tard en danse. Il y a d’ailleurs obscur libelli dans le dossier. Où se trouvent les 4 hectares légués à Makwala ?
En outre, les Humbu ont opté pour le système matrilinéaire. Comment lui Makwala a-t-il été désigné par les siens pour devenir chef coutumier en lieu et place des neveux de Lubamba, s’est-il écrié.
 Et d’ajouter : Pourquoi parler de la suspension des travaux ?
 Le citant veut entrer en rébellion avec l’Etat. C’est impensable. Si le tribunal s’avisait à souscrire à cette demande, il va entrer en contradiction avec le pouvoir exécutif. « Il n’y a aucune base légale sur laquelle le tribunal peut s’appuyer pour suspendre les travaux en cours », a dit la juge présidente.


Jean Pierre Nkutu 

 


Jean Pierre Nkutu 

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