La Ceni prévient : tous les fauteurs de troubles devant la Cpi

A l’entame du dernier virage pour les scrutins du 28 novembre prochain, le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), avec à sa tête Daniel Ngoy Mulunda a animé personnellement , vendredi 11 novembre dernier à l’Hôtel Sultani de la Gombe, le point de presse hebdomadaire de cette institution. C’était pour faire le point sur l’avancement du processus que tous les Congolais souhaitent apaisé pour élire les dirigeants qui vont gouverner le pays pour les cinq prochaines années. Ce en présence des ambassadeurs accrédités à Kinshasa et de opérateurs politiques de toutes tendances confondues.

Entre autres points évoqués lors de ce face à face avec la presse, il y a à relever l’état des lieux du processus, l’audit du fichier électoral ainsi que l’épineuse question de la violence qui émaille la campagne électorale et qui fait craindre le pire. Le plus important, c’est la mise sur pied par la Ceni, avec la bénédiction de la communauté internationale, d’un comité de médiation pour les élections qui comprend sept personnalités dont le Père Ekwa, Cheik Abdallâh Mangala, madame Muyabo ainsi que le professeur Balanda. Ces personnalités auront la lourde mission d’écouter toutes les parties afin de résoudre d’éventuels conflits qui pourront surgir lors des joutes électorales.

A propos du processus et malgré quelques défis qui restent à surmonter, c’est un Daniel Ngoy Mulunda très confiant qui s’est adressé à la presse en affirmant qu’à l’étape actuelle, rien ne pouvait faire capoter les scrutins du 28 novembre et que le processus était irréversible. Pour preuve, la publication de la cartographie des bureaux de vote, des listes électorales et autres. 14 vols sur les 16 transportant les urnes sont déjà réalisés. L’arrivée de 14 tonnes de bulletins de vote à la présidentielles est effective. Le défi logististic en train d’être gagné avec l’aide de la Monusco et du gouvernement qui viennent de mettre à la disposition de la Ceni tous les moyens aériens gros porteurs et 4 hélicoptères appartenant au ministère de la défense pour permettre que tout le matériel électoral sensible et non sensible arrive à destination au moins 48 heures avant le jour du vote, soit le 25 novembre.
Sur ce point, le président de la Ceni a également mentionné la sensibilisation avec Ifes, Usaid et les autres partenaires en cours de réalisation. Concernant le vote lui-même qui va se dérouler en un seul jour, les bureaux de vote seront ouverts de 7 heures à 17 heures, alors que chaque bureau devra recevoir 350 électeurs pour la ville de Kinshasa et 500 électeurs pour l’arrière-pays.

Audit ou pas, les élections auront lieu

Revenant sur l’audit du fichier électoral, le président de la Ceni a déclaré que les discussions s’enlisent entre les deux camps qui continuent encore à se battre sur la méthodologie et sur le nombre de ceux qui vont participer à cet audit. La majorité campe sur trois alors que l’opposition voudrait 5 membres. En dépit de cette cacophonie, Daniel Ngoy Mulunda a été clair : pour la Ceni, c’est 3 membres par délégation. « Nous avons trop donné. Le jeu de ping-pong doit s’arrêter à un moment donné. Audit du fichier électoral ou pas, les élections auront lieu le 28 novembre», a martelé le numéro 1 de la Ceni.

Les dérapages électoraux devant la Cpi

Abordant le chapitre de la violence électorale qui fait craindre le chaos tant sur le plan verbal que physique avec des morts et des voies de fait, Daniel Ngoy Mulunda a regretté la tendance actuelle qui tend à hypothéquer l’avenir de la nation alors que les élections doivent être une fête pour que le peuple fasse librement son choix de ses dirigeants.

A cet effet, il a rappelé la jurisprudence sur ce qui s’était passé au Kenya où certains dirigeants sont poursuivis par les instances internationales dont la Cour pénale internationale. Revenant sur le lynchage auquel il a échappé personnellement à Cap Town, au restaurant Bukari le 5 novembre au cours de son dernier séjour au pays de Mandela par des compatriotes qui en voulaient visiblement à sa vie et qui n’ a eu la vie, il a avoué qu’il sauve que grâce à l’intervention d’une unité spéciale de la police sud africaine qui a réussi à l’exfiltrer du guêpier. Daniel Ngoy Mulunda considère que la violence a dépassé les bornes. Aussi a-t-il rappelé à tous les candidats à la présidentielle que la Ceni n’était pas le douzième candidat et que tout celui qui commettrait désormais des infractions non prévues par la loi électorale sera pris en charge par le code pénal.

Les voies de faits, les menaces et intimidations ne resteront pas impunies a-t-il mis en garde. Pour ce faire, il a invité l’Officier du ministère public à s’autosaisir de tous les cas afin de réprimer.
Quant à la Cpi, le bureau de la Ceni a lancé officiellement une invitation au bureau du procureur pour l’envoi des observateurs pour enquêter sur tous les cas de violences commis pendant la période électorale afin de s’en saisir.

A.Vungbo

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