La CENI a-t-elle des choses à cacher ?

C’est toujours le statu quo entre la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et l’Opposition politique au sujet des préalables à la transparence du fichier électoral et, partant, à l’organisation d’un processus électoral apaisé en République Démocratique du Congo. A propos du fichier électoral, le cahier des revendications de cette plate-forme politique comportait entre autres exigences celles liées à l’audit préalable du fichier électoral, à l’accès libre de toutes les parties prenantes au serveur central, à la publication des listes électorales, à la sécurisation des candidats et des électeurs, à l’audit de la gestion de la CEI et de la CENI, etc.

A la suite de ce qui parait visiblement comme un refus catégorique de la CENI de répondre aux préoccupations de l’Opposition politique, un climat de tension et de méfiance s’est d’ores et déjà installé entre les deux parties. Les gestionnaires de cette institution d’appui à la démocratie n’ignorent pourtant pas que si les données relatives à l’identification et l’enrôlement des électeurs ne sont pas accessibles à ses partenaires politiques et sociaux, il va persister le sentiment qu’elle aurait l’intention inavouée de cautionner des fraudes électorales. Tant que le flou va persister au sujet des mécanismes de transfert des résultats des bureaux de vote des provinces vers Kinshasa par satellite, il serait difficile de croire en la transparence des scrutins.

De l’avis des observateurs, si la Commission Electorale Nationale Indépendante n’a rien à cacher à partir des opérations d’enrôlement des élections jusqu’à celle de la compilation électronique des résultats, la moindre des choses serait d’ouvrir ses « placards » à toutes les parties qu’elle considère comme ses partenaires, de manière à lever toutes les équivoques qui entretiennent les doutes dans de nombreux esprits. En effet, dès que les personnes physiques et morales qui soupçonnent Daniel Ngoy Mulunda et ses collaborateurs de travailler en fonction d’un agenda caché auront été rassurées, elles n’auraient plus de raison de s’agiter.

Ce qu’il faut craindre, dans le contexte actuel du refus de montrer pattes blanches, c’est de favoriser la montée de tension aussi bien dans les états-majors des partis de l’opposition qu’au sein de la population. Si la CENI perd totalement la confiance des candidats aux mandats publics et de l’électorat avant les épreuves des urnes, la République Démocratique du Congo devrait désespérer d’un atterrissage en douceur du processus électoral.
La CENI continue de prendre de gros risques, en laissant croire à l’opinion nationale et internationale que les irrégularités du fichier électoral n’existeraient que dans les têtes des gens de mauvaise foi, que le fichier électoral et surtout son serveur central ne devraient pas se trouver à la portée du public. Comment, dans ces conditions, convaincre tout le monde de la régularité des opérations préélectorales et de la transparence des scrutins tout proches si la gestion des élections se transforme en un exercice de cachotterie ?

S’il y a un souci réel d’apaisement de l’opinion nationale qui doute de la neutralité de la Commission Electorale Nationale Indépendante, de l’expertise de son personnel et de la fiabilité de ses kits électoraux, cette institution d’appui à la démocratie devrait s’obliger à jouer cartes sur table avec ses partenaires politiques. Conduire les Congolais aux élections dans un environnement vicié par des velléités de contestations pré et post-électorales, c’est préparer le lit des violences post-électorales. Car, les candidats et leurs électeurs ne sauraient accepter des résultats à sortir dans un contexte de tricherie planifiée. Kimp

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