La BCC s’engage sur la voie du soutien à l’économie

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87277-0aux d’inflation en 2011 : 15,4 %, en 2012 : 2,72 %, projection 2013 : 1,01 %. 8 baisses du taux directeur opérées depuis début 2012. Les chiffres sont éloquents : la Banque Centrale du Congo, ayant réussi à maitriser l’inflation, oriente sa politique monétaire vers le soutien à l’activité par des mesures visant à promouvoir le financement de l’économie.

Le respect par la Banque Centrale du Congo des dispositions constitutionnelles et légales du pays en matière de conception et de mise en œuvre de la politique monétaire porte de plus en plus de fruits. La stabilité recouvrée du niveau général des prix qui s’est installée dans la durée semble en être la preuve incontestable aussi bien pour les observateurs avisés que pour la population.

Néanmoins, il a paru récemment dans la presse des articles, par ailleurs très orientés, suggérant non sans malice, une remise en cause des choix de politique monétaire menée par la Banque Centrale du Congo. Cet article se propose donc d’être une analyse objective visant à éclairer le public sur la pertinence des récentes décisions de la Banque Centrale du Congo en matière de conduite de la politique monétaire, dont les résultats plus qu’encourageants de ces dernières années, placent inéluctablement l’Institut d’Emission en pole position de l’arsenal économique national pour le relèvement de la République Démocratique du Congo.

Mais avant tout, nous nous permettons d’abord de rappeler que par amour pour notre chère patrie, il est important de souligner que le Congo a besoin des compétences de tous ses fils et filles. Leurs apports, expériences et savoir-faire constituent un actif de grande valeur dont le pays devrait en retirer des avantages durables et un retour sur investissement significatif. Mais les différentes contributions des compatriotes n’auront de sens et d’impact positif que si elles sont réalisées dans un esprit apaisé et non partisan et sans calcul personnel. Le temps n’est donc pas aux attaques personnelles mais plutôt à un débat d’idées mené par des personnes bien éclairées sur la question.

Dans cet article nous commencerons d’abord par rappeler le sens d’une politique monétaire, les différents instruments utilisés avant d’aborder la question de la stabilisation retrouvée et un éclairage sur la pertinence des récentes décisions prises par la Banque Centrale du Congo.

 

1. De la politique monétaire et de ses instruments

 

La politique monétaire doit permettre à une économie de disposer des liquidités nécessaires à son bon fonctionnement et à sa croissance équilibrée. L’action des autorités monétaires s’inscrit dans la démarche générale des gouvernements qui visent au plein-emploi et à l’équilibre de la balance des paiements, tout en préservant la stabilité des prix et du taux de change de la monnaie nationale.

La politique monétaire se définit comme l’ensemble des actions développées par une banque centrale pour influencer le niveau de l’activité économique et maintenir la stabilité des prix grâce à la régulation de la quantité et du coût de la monnaie. La quantité de la monnaie exprimée en masse monétaire s’obtient en additionnant les dépôts auprès des banques et les billets émis par la banque centrale.

Cependant le maintien de la stabilité des prix semble être l’objectif principal de beaucoup de banques centrales. C’est le cas de la Banque Centrale Européenne (BCE) mais également de la Banque Centrale du Congo, BCC.

Un certain nombre d’instruments sont ainsi à la disposition des banques centrales pour mener à bien leur politique monétaire et ainsi atteindre les objectifs chiffrés de stabilité fixés. Parmi ces instruments on pourrait citer :

– la possibilité d’imposer la constitution de réserves obligatoires aux banques des états membres ;

– le fait de prêter ou recevoir à discrétion des fonds dans le cadre d’opérations de facilité permanentes. Facilité de découvert ou facilité de découvert eu taux directeur ;

– le fait d’effectuer des opérations d’open market aux conditions de marché (acheter, vendre, mettre en pension des créances et titres négociables en intervenant sur les marchés de capitaux).

 

Constitution des réserves obligatoires

 

Les réserves obligatoires servent  essentiellement à stabiliser les taux d’intérêt du marché et de créer (ou d’accentuer) un besoin structurel de refinancement. Une hausse du taux des réserves doit en principe provoquer une demande nette des liquidités de la part des banques. Les banques auront alors tendance à augmenter les taux d’intérêts ce qui doit se traduire par une baisse du crédit.

Le montant des réserves obligatoires à constituer par chaque établissement est déterminé en fonction d’éléments de son bilan (actuellement 8% sur les dépôts à vue et 7% les dépôts à terme.

 

Facilités permanentes (taux directeurs)

 

Les facilités permanentes permettent de fournir ou de retirer des liquidités au jour le jour, d’indiquer l’orientation générale de la politique monétaire et d’encadrer les taux du marché au jour le jour. En Europe occidentale, deux facilités permanentes sont à la disposition des banques du SEBC qui peuvent y recourir à leur propre initiative :

– Facilité de prêt marginal : pour obtenir des banques centrales nationales des liquidités au jour le jour contre des actifs éligibles. Dans des circonstances normales, il n’existe aucune limite ni aucune restriction à l’accès des banques à la facilité, mise à part l’obligation de présenter suffisamment d’actifs en garantie. Le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal constitue normalement un plafond pour le taux d’intérêt du marché au jour le jour. (Par exemple 1,75% depuis le 13 mai 2009) ;

– Facilité de dépôt : pour effectuer des dépôts au jour le jour auprès des banques centrales nationales. Dans des circonstances normales, il n’existe aucune limite de dépôt ni aucune restriction à l’accès des banques à cette facilité. Le taux d’intérêt de la facilité de dépôt constitue normalement un plancher pour le taux du marché au jour le jour (0,25% depuis le 13 mai 2009).

Ces taux sont appelés taux directeurs de la banque centrale.

La BCC quant à elle n’applique que la facilité de prêt aux banques commerciales. Autrement dit, quand il est parlé du taux directeur de la Banque Centrale du Congo, il s’agit presque uniquement du taux de la facilité de prêt.

La Banque Centrale intervient également dans des opérations qui entrent dans le cadre des opérations d’open market. IL s’agit notamment de l’émission des billets de trésorerie, qui permettent d’intervenir sur des termes beaucoup plus longs que le jour le jour.

Tous ces différents instruments utilisés constituent la boîte à outils de la BCC en vue de la stabilisation des prix dans l’économie.

Quel en est alors le résultat au cours de ces quelques dernières années ? Le sujet est abordé dans le point suivant.

 

 

2. De la stabilité consolidée

 

Au cours de la dernière décennie, la BCC a réussi à réduire sensiblement le rythme de formation des prix intérieurs, après avoir cassé, en 2001, l’hyperinflation de triste mémoire. Le taux d’inflation a été ramené à 135 % à fin 2001, à 4,4 % en 2003, 2,72 % à fin 2012 et un taux de 1,01 % est attendu à fin 2013, un record jamais égalé depuis l’accession du pays à l’indépendance.

Ces résultats constituent la preuve incontestable de l’efficacité de la conduite de la politique monétaire par la BCC.

Après avoir gagné le pari de la stabilité, l’Institut d’Emission s’est engagé, sans préjudice à la stabilité du niveau général des prix, à soutenir la politique économique générale du Gouvernement, conformément à l’article 03 alinéa 03 de la loi 005/2002 du 07 mai 2002 relative à la constitution, à l’organisation et au fonctionnement de la BCC et ce, via notamment la prise de mesures destinées à améliorer le financement de l’économie. Cette option a été réaffirmée par le nouveau Gouverneur qui envisage effectivement de soutenir l’économie.

Il sied de rappeler que c’est dans ce contexte que la Banque Centrale a réduit à 5 reprises son taux directeur en 2012, le faisant passer de 20 % à fin 2011 à 4 % à fin 2012.

Point n’est besoin de rappeler que l’efficacité d’une politique se juge par les résultats obtenus et non pas par quelques spéculations intellectuelles fussent-elles savamment concoctées. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on et le diable est dans le détail.

Aussi, au regard de ce qui vient d’être dit, chiffres à l’appui, il est naturel de se permettre de conclure que la voie engagée par la BCC ces quelques années a porté des fruits dans le sens d’une bien meilleure maîtrise des prix et de l’inflation.

Que dire alors de récentes mesures prises par la BCC dans le cadre de sa politique monétaire ?

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