La Banque mondiale en mission de supervision et d’évaluation des personnes impactées

Banque-MondialeConduite par Manuel Luengo, spécialiste senior en Energie, groupe énergétique Afrique, une délégation de la Banque mondiale séjourne depuis le début de la semaine dans la capitale congolaise.  Manuel Luengo  est accompagné de Abdoulaye Badere, spécialiste en Environnement de la Banque mondiale et Antoine Lema, expert aux impacts sociaux. Objet de la mission : évaluer l’état d’avancement des travaux financés par cette institution financière internationale dans le secteur de l’électricité et plus particulièrement dans la construction de la deuxième ligne électrique entre le barrage d’Inga et la ville de Kinshasa, dont travaux  ont été confiés à une société indienne du nom de Kalpa Taru. Il convient de retenir, pour l’essentiel, que les travaux sont presque terminés et les pylônnes installés.

 La journée de mercredi a été consacrée au face à face entre la délégation de la Banque mondiale et les personnes impactées par les travaux de cette deuxième ligne électrique. C’était en présence des experts congolais de la cellule de coordination des projets de la Snel (CDP) avec à leur tête Léon Masoso et de ceux de la Cellule d’appui technique à l’Energie (CATE) conduits par Antoine Kalonji. Il s’agit de treize ménages habitant le long du tronçon compris entre Kimuenza et Mitendi.

Pour les experts de la Banque mondiale, la rencontre de ce mercredi revêt toute son importance, car il faut éviter à tout prix des conflits à la longue. Ainsi, il faut se rendre compte si les personnes impactées ont été informées au départ de tous les contours de ce projet. Il faut également savoir s’il y a des mécontents et des oubliés, c’est-à-dire si les personnes affectées par les travaux regrettent d’être dépossédées de leurs terres. Il faut aussi se rassurer si elles sont effectivement rentrées dans leurs droits ou, dans le contraire, elles sont dans le processus normal pour y rentrer.

D’autre part, les experts de la Banque mondiale ont insisté sur l’impérieuse nécessité d’encadrer les personnes impactées. Car, il ne faut pas que l’argent donné soit détourné de son objet premier pour créer des cas sociaux, notamment la pauvreté qui va à l’encontre de la politique de la Banque mondiale.

Réagissant à chaud en présence de leurs hôtes, une personne impactée qui a requis l’anonymat a déploré le fait qu’elles n’aient pas été indemnisées avant le début des travaux, d’autant plus que ceux-ci ont touché leurs concessions et plus particulièrement les arbres qui assurent leur survie et celle de toute la population habitant la périphérie de la ville de Kinshasa.

Tout en regrettant ce préjudice, la CDP-Snel a rassuré toutes les personnes impactées de leur l’indemnisation imminente. Expliquant ce désagrément, la CDP-Snel a fait observer que cette situation est consécutive au changement de dernière minute de l’itinéraire de la ligne électrique. En d’autres termes, la ligne haute tension ne devait pas passer par Kimuenza. Ce changement d’itinéraire a entraîné, ipso facto, la révision à la hausse du budget. Or, les choses ne se sont pas passées de façon automatique. Quoiqu’il en soit, la Snel est sur la bonne voie et compte s’acquitter de son devoir sans casse. Elle est assistée dans sa tâche par Uges, un bureau qualifié et expérimenté pour la gestion des personnes impactées.

Michel  LUKA

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