La BAD disposée à financer l’électrification périurbaine et rurale en RD Congo

L’Administrateur directeur technique de la Société nationale d’électricité (Snel) a lancé les échanges, mardi 14 septembre, entre l’entreprise et la population avec l’appui du ministère de l’Energie.

A Fatima où Snel et l’échantillon de sa clientèle ont réfléchi sur des voies et moyens destinés à réduire le délestage de desserte en énergie électrique dans la ville de Kinshasa, c’était bien un débat sans tabou. Il s’est agi d’une rencontre participative avec la population bénéficiaire du projet d’électrification périurbaine et rurale avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). 

            Le directeur urbain Ddk, premier à présenter la cartographie de la desserte en électricité à Kinshasa, s’est employé à expliquer les efforts consentis par Snel pour remplir son contrat social vis-à-vis des consommateurs de son produit tout en reconnaissant un certain nombre de conséquences qui découlent des failles enregistrées ça et là. C’est notamment l’inadéquation entre la desserte et la demande, la vétusté des équipements, l’intervention des inciviques sur les BT (basse tension) et l’utilisation abusive de l’énergie. Ce qui nécessite, à ses yeux, l’option du système de prépaiement.

            Pour parer à ces insuffisances, l’orateur a souligné être d’avis que seuls le remplacement des transformateurs, des équipements, notamment les câbles dénudés et l’implantation de HT/MT à Kimbanseke dans certaines municipalités sont la solution. La matérialisation d’un tel projet, a-t-il précisé, pourrait faire bénéficier du courant à environ 30.000 nouveaux abonnés à Kimbanseke.

            Aux leaders d’opinions et bourgmestres des communes de Kinshasa présents dans la salle, Pembe, cet autre cadre à Snel, a expliqué les deux projets financés conjointement par la BAD, la Banque mondiale et la banque européenne d’investissement. Il s’agit du Sapmp qui est un projet de marché de l’électrification pour l’Afrique australe et qui vise la réhabilitation et le renforcement de systèmes de transport de l’énergie électrique. Tandis que le second projet, Pmede, porte sur le développement du marché d’électrification pour la consommation domestique et l’exportation. Le projet vise, notamment, deux objectifs : augmenter la capacité de production disponible (850 Mw à 1350Mw) pour la réhabilitation des groupes du canal d’amenée et augmenter la capacité de transport pour la construction de la deuxième ligne. Les deux projets mis ensemble, avoisinent une bagatelle de 1 milliard de dollars américains. Ces projets qui concernent essentiellement les « poches noires » repérées à Kinshasa, touchent des quartiers comme Cogelos, Tchad, Mbanza Lemba…A Nsele, les quartiers comme Mpasa 4, Bibwa, Mikonga sont cités comme bénéficiaires en terme de desserte en électricité et qui se chiffre à environ 9 millions de dollars Usd.

            Troisième intervenant, Kitoko a évoqué de possibles impacts environnementaux qui pourraient être constatés dans le déroulement des projets, notamment l’expropriation des espaces, selon les règles de l’art. 

De la base au sommet 

            Le directeur de cabinet du ministre de l’Energie, Vika Di Phanzu a, pour sa part, rappelé aux leaders d’opinions les temps forts ayant caractérisé le forum tenu en mai et qui avait pour but la mise en place d’un cadre d’échange entre les entreprises Snel, Régideso et les consommateurs de leurs services. Il a porté à la connaissance de ses interlocuteurs que le ministre Tshongo reste préoccupé par l’amélioration de la qualité des services et compte, comme lui, sur le suivi des actions après le forum. 

Les leaders satisfaits 

            Les responsables des structures de base et les bourgmestres ont porté leurs préoccupations aux intervenants qui, à leur tour, ont reconnu que les échanges ont montré que la question est bien d’intérêt communautaire. Dans les interventions, les leaders d’opinion comme les bourgmestres ont exprimé l’ardent désir de voir les projets passer à l’étape de la matérialisation, les « poches noires » ayant été reconnues comme la principale source s’insécurité dans la ville.

            L’Adt de Snel, Lokala J’Isaso a, auparavant, souligné que la rencontre s’inscrivait dans la nouvelle vision de Snel qui est celle « d’approcher la population pour des échanges divers » afin de mieux affiner les stratégies à mettre en place pour une meilleure gestion de ses réseaux existants, d’une part, et pour mieux définir la politique relative aux nouvelles électrifications, d’une part. Le haut cadre Snel est revenu sur le dernier forum initié par Gilbert Tshongo qui, à ses yeux, permet à coup sûr, à Snel et à la population, de « trouver une satisfaction mutuelle dans desserte en électricité ».  La satisfaction de l’adt, c’est en apprenant, en outre, que la BAD s’engage à mettre en place un nouveau financement pour l’électrification périurbaine et rurale en RD Congo. « Cette nouvelle intervention (…) est à saluer car elle montre à suffisance l’intérêt que manifeste cette banque pour le développement de la RD Congo », a conclu l’orateur. Aux questions posées, des réponses ont été données, notamment, par Coulibaly, responsable de la banque continentale à ces échanges. Il a invité les Congolais, à travers l’échantillon de Fatima, à s’assurer que les ressources extérieures ne viennent qu’en appui aux efforts internes. La contribution de son institution, a-t-il souligné, est bien « marginale » par rapport aux besoins en ressources que nécessite l’ensemble d’Inga.               D-I.K

 

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