L’ «Union sacrée» des agresseurs du Congo renaît de ses cendres

 Pendant que ceux qui devraient défendre la cause de la RDCongo sur la scène africaine et internationale donnent l’impression de chercher à ménager les susceptibilités diplomatiques, les officiels rwandais et ougandais s’expriment sans état d’âme et à visages découverts. Paul Kagame et ses lieutenants se sont positionnés en première ligne pour démontrer, à la face du monde, que le rapport des experts des Nations Unies les accusant de soutenir le M23 et de faire participer les troupes rwandaises aux hostilités au Nord-Kivu est mensonger. Ils ne s’embarrassait pas de soutenir que cette crise politico-militaire est congolo-congolaise.

 Au regard de la déclaration finale ayant sanctionné le récent Sommet de l’Union Africaine tenu le dernier week-end à Addis-Abeba, il y a lieu d’admettre que le Rwanda a réussi à renverser la vapeur.
 « Cerise sur le gâteau », comme on dit, le président ougandais, Yoweri Museveni, vient d’abattre ses cartes. En marge des assises de la capitale éthiopienne, il a confié à une délégation d’émissaires du président américain, Barak Obama, que « le problème du Congo n’est pas le Rwanda. Il est interne ». Selon lui, le Congo a été induit en erreur par l’Organisation des Nations Unies et d’autres acteurs internationaux.
 L’homme fort de Kampala est d’avis que la crise congolaise devrait être résolue entre pays membres de la région des Grands Lacs. A cet effet, il a invité les représentants de ces Etats à une conférence régionale qui devrait se tenir à Kampala le mois prochain. On laisse entendre que la partie congolaise a accepté d’y être présente.
 Ainsi, l’« Union sacrée » des agresseurs du Congo est née, avec pour objectif de tordre le cou aux révélations des Nations Unies sur l’instrumentalisation du M 23 par le Rwanda, auquel il fournit troupes, armes et argent. Soupçonné voire accusé d’avoir lui aussi envoyé des troupes en territoire congolais, en soutien aux éléments  du général rwandais Bosco Ntaganda et son compatriote, le colonel Sultani Makenga alias Ruzandiza, le président ougandais s’est précipité au secours de Paul Kagame.
 Convaincu que sa voix pèse énormément dans l’opinion publique américaine comme au sein des instances dirigeantes, Yoweri Museveni vient d’envoyer, en direction du président Obama, un message de nature à l’amener à avoir une perception biaisée du dossier sécuritaire du Nord-Kivu. Les officiels congolais ont-ils pris langue avec les émissaires du pays de l’Oncle Sam, de manière à recadrer le point de vue de Museveni ? L’opinion congolaise l’ignore, dans ce pays où le tabou continue de planer sur le dossier.


Kimp
 

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