Kyungu exhorte EGMF et Gécamines au cessez-le-feu

Alors que l’espoir de dialogue ne cessait de s’éloigner dans le contentieux survenu entre l’EGMF (Entreprise Générale Malta Forrest) et la Gécamines au sujet de l’actionnariat de la CMSK (Compagnie Minière du Sud-Katanga), l’entrée en scène de l’Assemblée Provinciale du Katanga dans le dossier a tout l’air de tout changer. En effet, dans une correspondance datée du 07 septembre 2011 et signée par son président, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, le Parlement provincial demande au Gouverneur du Katanga de bien vouloir « convoquer, dans un bref délai, les deux partenaires, à savoir la Gécamines et les Entreprises du groupe Malta Forrest, en présence du Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, pour leur communiquer ce qui suit : 1°) que les partenaires dans CMSK privilégient les négociations autour d’une table ; 2°) que les plaintes qui ont été déposées de part et d’autre soient retirées ; 3°) que CMSK continue de fonctionner comme par le passé, pendant toute la durée des négociations, pour garantir les emplois, la production et les salaires ».

Cette démarche, signale-t-on, a été adoptée lors de la séance plénière du 06 septembre 2011. L’organe délibérant du Katanga la justifie par son souci de préserver l’ordre public de nature à être troublé par ce conflit qui secoue les milieux économiques et sociaux de la province depuis le mois de juin. Il y a aussi l’impératif de « sécuriser les cinq chantiers du Chef de l’Etat dans son vote emploi, en évitant des remous sociaux et la chômage massif de la population ».
Les observateurs osent croire que la Gécamines va effectivement mettre de l’eau dans son vin et accepter le dialogue, du reste déjà préconisé par EGMF.

Il convient de noter en effet que c’est cette entreprise publique qui avait été la première à déclencher les hostilités au niveau du Tribunal de Commerce de Lubumbashi, en violation du contrat de partenariat avec EGMF qui recommande aux parties de s’adresser à la Cour de Commerce International de Paris en cas de conflit. Si EGMF avait été finalement amenée, à son tour, à saisir la justice internationale, c’était pour barrer la route à la décision inique prise par le Tribunal de Commerce de Lubumbashi et empêcher ainsi la Gécamines de faire main basse sur les 60% de parts sociales qu’elle détient au sein de CMSK (Compagnie Minière du Sud-Katanga).

Tous les regards sont désormais tournés vers Kyungu wa Kumwanza et Moïse Katumbi Chapwe, dans la conduite d’une médiation de tous les dangers. Il va falloir aux deux facilitateurs une bonne dose d’autorité, de sagesse et d’intelligence pour amener effectivement les deux partenaires au cessez-le-feu. On rappelle que la ville de Lubumbashi a connu deux journées très chaudes.
En effet, le 5 septembre 2011, plusieurs centaines de cadres et agents de l’Entreprise Générale Malta Forrest ont marché à travers les rues de Lubumbashi, en guise de protestation contre la volonté de la Gécamines de s’accaparer les 60% des parts sociales de leur société dans le capital de CMSK et partant, de les précipiter dans le chômage. Au terme de leur procession, ils ont déposé un mémorandum au siège de l’Assemblée Provinciale du Katanga et un autre au Gouvernorat.

Le lendemain, 6 septembre 2011, cadres et travailleurs de la Gécamines se sont retrouvés, eux aussi, dans la rue, pour saluer la victoire judiciaire de leur société sur EGMF, la régularité de l’opération d’achat des 60 % de parts de cette dernière dans CMSK et assurer leurs camarades de EGMF que personne ne serait envoyé au chômage. Au contraire, le contrôle de CMSK par Gécamines allait inaugurer une nouvelle ère de prospérité. A leur tour, ils ont laissé un mémorandum au Parlement et un autre à l’Exécutif provincial.
Craignant une implosion de violences non seulement à Lubumbashi mais dans plusieurs contrées du Katanga, entre partisans et adversaires des deux parties protagonistes, l’Assemblée Provinciale du Katanga vient de prendre ses responsabilités.

On rappelle que le litige entre la Gécamines et EMGF a pris corps peu après que Georges Arthur Forrest, qui est un des associés au sein de EGMF, eut adressé à cette dernière, en date du 31 mai 2011, une lettre au terme de laquelle il sollicitait l’achat de ses 60% de parts dans la Compagnie Minière du Sud-Katanga. Par souci de transparence, l’Entreprise Générale Malta Forrest avait pris soin de faire part à la Gécamines de cette main tendue de Georges Forrest.
Et, c’était suffisant pour donner lieu à un imbroglio juridique et judiciaire, en marge duquel la Gécamines s’est cru fondée à brandir son droit de préemption sur les actions d’EGMF, qu’elle a considérées comme mises en vente aux enchères.
En dépit du rejet, par cette dernière, de l’offre de George Arthur Forrest, la Gécamines est restée inébranlable dans sa position selon laquelle le processus de vente des parts d’EGMF était irréversible. Elle s’est ainsi précipitée à saisir le Tribunal de Commerce de Lubumbashi, qui a tranché en sa faveur, d’où le dépôt, au greffe de cette juridiction, d’une offre ferme d’achat.

Au vu de l’incompétence du Tribunal de Commerce de Lubumbashi, EGMF est allée en appel contre sa décision, avant de porter le différend, vers la fin du mois d’août, devant la Cour de Commerce International, à Paris.
L’opinion attend, impatiemment, la suite des événements, notamment la disponibilité des deux partenaires à souscrire à la proposition de dialogue émise par l’Assemblée Provinciale du Katanga, avec comme préalable le retrait de leurs différentes plaintes en souffrance au niveau des instances judiciaires tant congolais qu’internationales. Dossier à suivre.

Kimp

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