Kutino persiste et signe : «Sauvons le Congo !»

 

11 novembre 1962-11 novembre 2012 ; l’Archibishop Kutino Fernando, chef spirituel de la Mission Mondiale Message de Vie (MMMV), dont l’antenne congolaise s’appelle « Armée de Victoire », a accompli ses 50 ans d’âge dimanche dernier. L’heureux événement l’a surpris dans sa cellule de la Prison Centrale de Makala, où il séjourne depuis 7 ans. On rappelle que ce serviteur de Dieu purge une peine de prison de 10 ans, à la suite de sa condamnation intervenue au terme d’une parodie de procès lui intenté par un de ses collègues pasteurs.

            Devant un petit carré de fidèles et de proches parents réunis à l’occasion de son cinquantième anniversaire de naissance, Kutino Fernando a relancé le message qui lui vaut, croit-on savoir, ses ennuis politiques et judiciaires actuels : « Sauvons le Congo ! ». Il l’a scandé avec force et conviction, au regard de la situation de guerre qui prévaut dans l’Est du pays et de graves violations des droits de l’homme qui continuent de se commettre sur l’ensemble du territoire national.

            «L’heure est grave. Sauvons le Congo ! », martèle Kutino Fernando, face aux velléités de balkanisation du pays, aux pillages de ses ressources naturelles, aux viols massifs des femmes et filles à l’Est, aux tentatives d’assassinat des patriotes qui se sacrifient pour soulager les souffrances des déshérités ou défendre la cause des « sans voix ». Du fond de sa cellule, il se dit fort peiné par ce qui est arrivé au Dr Mukwege, ce médecin spécialisé dans la prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles au Sud-Kivu, présentement contraint de vivre en exil en Europe.

            Bien que privé de liberté et éloigné de ses brebis, Kutino Fernando se réjouit de l’effet de tache d’huile que son message, lancé en 2004, produit dans la conscience collective des Congolais. « Sauvons le Congo » est devenu pratiquement un hymne à la résistance contre les agresseurs du pays, les ennemis de la paix et du bonheur du peuple congolais, que reprennent en chœur gouvernants, leaders politiques et religieux, militants des partis politiques, activistes de la Société Civile, membres des organisations féminines et juvéniles, etc.

            Le 16 février 2012, lors de la marche des chrétiens réprimés dans la violence à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République, le cri «Sauvons le Congo» était sur toutes les lèvres des manifestants. Pas plus tard que lundi dernier, le président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, l’a repris à son compte, du fond de sa cellule de la Cour Pénale Internationale, à La Haye, pour fédérer nos compatriotes autour de l’unité, de la cohésion et de la réconciliation nationales.

            Aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale, Kutino Fernando fait désormais figure de martyr de la démocratie, de combattant de liberté, de défenseur des opprimés, de promoteur du bien-être social de ses frères et sœurs du Congo. Serviteur béni de Dieu, pacifique et fidèle à son Maître, Jésus-Christ, il exhorte ses collègues pasteurs à s’humilier comme lui, à cultiver l’amour du prochain, à répandre l’évangile apostolique, à servir le Créateur et non les hommes.

            « Un vrai sacrificateur, affirme-t-il, « doit être le grand défenseur du peuple ». Visionnaire, l’Archibishop Kutino avait compris, il y a 8 ans, que le Congo était « vendu » par ses propres fils et filles. D’où l’impératif, pour le peuple congolais, de se mobiliser tel un seul homme pour faire échec aux forces du mal décidées à remettre en cause notre indépendance nationale, notre souveraineté et l’intégrité du territoire national.

            Au bout du compte, celui qui passe désormais pour « l’Archeveque des Eglises de Réveil au Congo » pense que sa condamnation et son séjour à la Prison de Makala, depuis 7 ans, sont le prix à payer pour l’éveil de la conscience patriotique et la restitution du Congo aux Congolais.                                                                    Kimp

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