Kutino attend un geste de Joseph Kabila

Du fond de sa cellule, à la Prison Centrale de Makala, Kutino Fernando, chef spirituel de la « Mission Mondiale Message de Vie », autrement appelée aussi « Armée de Victoire », se dit fort intéressé par le discours-bilan du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, fait à l’occasion de son message à la Nation, le mercredi 08 décembre 2010. Si certains secteurs, tel celui des infrastructures, ont connu des avancées significatives, ce n’est pas malheureusement le cas pour d’autres, tel celui de la justice.
Notre ministre de Dieu se veut de ceux qui veulent croire aux « actes » du Président de la République. Car, de son point de vue, en dépit de la « purge » opérée en son temps au sein de l’appareil judiciaire national, suite aux antivaleurs qui le gangrènent, notamment la corruption et la concussion, la situation semble évoluer de mal en pis. La mise à la retraite et la révocation massives de nombreux magistrats jugés indignes de dire le droit n’ont pas du tout mis fin à la « récréation » et à la « République des juges ». La « Tolérance-zéro » n’a toujours pas mis en déroute les « Kuluna », en cravate comme ceux spécialisés dans l’usage des armes blanches.
Tout en applaudissant des deux mains l’assistance morale, matérielle et financière promise aux églises, l’Archibishop Kutino attend un geste significatif du Chef de l’Etat, à savoir le rétablissement, dans ses droits, de la « Mission Mondiale Message de Vie ». Cette confession religieuse, rappelle-t-on, continue de souffrir des pillages à répétitions de son patrimoine par l’Etat congolais, à la suite d’un déguerpissement illégal : matériels dernier cri de radiodiffusion et de télévision en studio comme en plein air, mobiliers, instruments de sonorisation et de musique… le tout d’une valeur estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars américains.
A cet effet, il existe une abondante documentation relative à tous les actes d’expropriation et d’humiliation subies par la « Mission Mondiale Message de Vie » et ses membres. Le Parquet Général de la République et la Cour Suprême de Justice peuvent être consultés au sujet de l’inexistence de documents légaux pouvant justifier le pillage des biens matériels de l’église de Kutino.
Quant à sa condamnation pour 10 ans de servitude pénale principale, l’opinion nationale se souvient qu’elle repose sur un verdict inique, fondé sur une « tentative d’assassinat » lui imputée alors qu’il était absent du pays, le jour présumé de son intention d’éliminer physiquement un de ses collègues serviteurs de Dieu. L’on raconte, par ironie, que Kutino allait accomplir sa besogne criminelle « en esprit ». Le cas Kutino est déjà cité comme une jurisprudence très dangereuse, à ne pas enseigner aux jeunes magistrats récemment recrutés sur concours à la demande expresse de l’Etat en personne, au risque de les engager, dès le départ, sur un mauvais chemin.
« Si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez au moins à mes actes », a martelé Joseph Kabila le 8 décembre dernier, du haut de la tribune du Palais du Peuple, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Cette exhortation appelle des actes concrets, afin que l’espoir suscité par de telles paroles ne se transforme pas rapidement en amère déception.
 
Jacques Kimpozo

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