Kinshasa, un nouveau « Far West » ?

Une vive émotion a gagné dans la nuit de vendredi 8 août 2014, précisément à 20 H 45’, de nombreux piétons amassés dans les différents arrêts de taxis et de bus à la célèbre Place commerciale dénommée Kintambo-Magasins. Véritable centre d’affaires par où passent et repassent à longueur de journée, de nombreuses autorités civiles, policières et militaires, et qui conduit au ministère de la Défense nationale, à l’état-major général des Fardc, à la Cité de l’Union africaine, au Camp Tshatshi, au Palais de marbre, et à d’autres coins de la capitale. C’est en effet, dans ce centre névralgique de Kinshasa, qu’un braquage doublé de meurtre a été perpétré devant des témoins révoltés, dépourvus d’armes et incapables d’intervenir.

            Tout est parti, pour des témoins oculaires, des coups de feu soudains entendus dans le secteur, mettant tout le monde en débandade dans tous les sens. Certains témoins seront intrigués par une jeep Nissan de couleur noire qui a démarré en trombe. Sur le lieu, une jeune dame gisait par terre, inanimée, saignant abondamment. Elle était morte.

            On réalisera peu après qu’il s’agissait d’un braquage doublé d’un meurtre de l’infortunée, après extorsion de son sac à main. Deux témoins ont signalé au Phare que la victime venait d’être fraîchement abattue par des malfaiteurs qui tentaient de lui arracher son sac à main. C’est à la suite de sa résistance farouche et de ses appels au secours que les bandits ont résolu de la tuer, avant de se volatiliser avec leur butin, à travers  les artères de Kinshasa.

Triste constat. Le banditisme urbain qui a repris du poil de la bête, venait de faire une unième victime à Kinshasa. Des policiers d’un poste de police proche alertés une demi-heure plus tard, ont juste fait de sécuriser le lieu, avant qu’un magistrat du parquet ne puisse ordonner la levée du corps pour la morgue de la Clinique Ngaliema.

            C’est dans la nuit de ce même vendredi qu’a été connue l’identité de la victime, après des contacts téléphoniques avec ses proches. Elle s’appelait Marthe Nsudila et résidait sur avenue Mukuna n° 3, quartier Joli Parc ex- Ma Campagne, dans la commune de Ngaliema.

            Le meurtre de l’infortunée, comme ceux de nombreuses victimes enregistrées dans la ville de Kinshasa, illustrent le regain de l’insécurité avec un taux de criminalité élevé qui serait le fait des bandits armés. Ces derniers, laisse-t-on entendre, auraient certainement été libérés de la Prison centrale de Makala et de la Prison militaire de Ndolo, où ils étaient détenus pour des cas similaires de braquages, extorsions et autres vols à main armée.

            Que des bandits attaquent une dame dans un site aussi névralgique fréquenté de jour comme de nuit par des milliers de personnes, montre que ces criminels ne craignent pas d’être pourchassés, étant à bord d’une jeep en bon état de marche. On se rappellera, à ce sujet, plusieurs attaques des personnes et des véhicules de convois de fonds escortés par des policiers, sur des avenues très fréquentées, comme Huileries, Commerce, Kasa-Vubu, 8 décembre, pour ne citer que celles-là.

Le message lancé est un véritable défi aux forces de l’ordre qui devraient se  saisir de cette affaire, pour ouvrir une grande enquête et déployer des limiers sur le terrain. Sinon Kinshasa risque de devenir un véritable Far West, s’il ne l’est déjà, avec tout ce que cela comporte comme conséquences.

            Pour un spécialiste des questions de criminalité, ce second semestre de 2014, annonce déjà une insécurité grandissante qui, si elle n’est pas partiellement éradiquée, présage d’une fin de l’année sous la botte des malfaiteurs.

            C’est donc pour la hiérarchie de la police, l’heure d’élaborer de nouvelles stratégies de lutte contre la criminalité urbaine, de repenser la couverture sécuritaire dans la capitale, en attendant que des moyens soient trouvés et que des policiers soient déployés sur toute l’étendue de la capitale.

J.R.T.

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