«Kinshasa Symphony» : entre la débrouille et la passion de l’art

Les amateurs du 7ème art ont indubitablement savouré, durant 3 jours, les scènes chaleureuses, évidentes et touchantes du film « Kinshasa Symphonie », réalisé par le duo allemand, Claus Wischmann et Martin Baer. Du village Bondeko à N’Djili au Centre Wallonie-Bruxelles, en passant par l’Hôtel Venus à Gombe, Congolais et expatriés ont assisté aux premières projections publiques de cette « épopée » explorant le quotidien du Kinois, toujours confronté à la survie, mais cette fois-ci amoureux d’un genre mélodique particulier : la musique classique. Sur fond d’un grand concert réel que prépare l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste (OSK) au terrain Assossa à Kasa-Vubu, les spectateurs découvrent la détermination de ces musiciens hardis à jouer une musique d’ailleurs, presqu’un inconnu du public local. Sous la conduite d’Armand Diangenda, chef de l’une des ailes de l’église créée par son grand-père, Simon Kimbangu, un « conglomérat » d’artistes s’emploient à répéter des œuvres des illustres compositeurs tels que Anton Dvorak, Guissepe Verdi, Beethoven etc. Cependant, des dégâts sont énormes car la souffrance, la fatigue et la faim sont aussi au rendez-vous. « Comment peut-on bien chanter quand on a faim ? » s’est-même interrogé un des musiciens. Parmi ces orchestrateurs justement, on retrouve des électriciens, de vendeuses à la criée, de coiffeurs, des amateurs et des autodidactes, de mères célibataires, etc. A l’OSK, il y aussi un jeune dénommé « Trésor ». Ténor, il clame sa fierté d’appartenir au seul orchestre symphonique du monde qui ne compte que des noirs.  
Ils sont tous passionnés de cette musique universelle qu’ils essaient de partager avec les habitants des quartiers pauvres de Kinshasa. La véritable magie de l’OSK, c’est l’éclatement de joie de la foule qui a applaudi à tout rompre le final du célèbre « Carmina Burana ». 
Auteur du film, Claus Wischmann est aussi gérant de la maison « Sounding Images ». Le thème de la musique est présent dans la plupart de ses films qui sont invités en compétition dans les festivals comme FIPA, Rose d’Or et Golden Prague où il a gagné, parmi d’autres prix, le prix du public et le prix  américain « Golden Eagle ». Quant à Martin Baer, il est chef opérateur et a filmé des nombreux reportages, documentaires et opéras mais aussi des enregistrements en direct des concerts et des pièces de théâtre comme le « Concert Européen » avec l’orchestre philarmonique de Berlin. Réalisateur des films traitants des sujets historiques, Martin Baer a également publié des livres dont « Dear ladies and gentlemen, Dear Negroes ». 
Tourné en 2009, « Kinshasa Symphony » a récolté beaucoup de sympathie de la part des critiques au dernier festival de Berlin 2010. 
Tshieke Bukasa 

Leave a Reply