Kinshasa : l’intenable pari de Ngoy Mulunda

Les opérations de la révision du fichier électoral dans la capitale viennent de boucler leur premier mois. Elles entament à partir de ce mercredi  1er Juin les trente derniers jours consacrés par la Commission Electorale Nationale Indépendante à l’identification des Kinoises et Kinois en âge de voter en 2011, 2012 et 2013.

Le pari, de l’avis général, est osé dans la mesure où la Ceni n’a pas les moyens de sa politique, obligée de recourir à un matériel qui crie souvent famine et dont les pannes intempestives perturbent régulièrement les opérations d’enrôlement. Les futurs électeurs sont soumis à un véritable supplice sous le soleil et cela, pendant deux à trois jours.

Quand on observe le contexte général dans lequel se déroulent les opérations, on est tenté de dire que celles-ci sont destinées aux sans-emploi et autres ménagères qui peuvent seuls supporter une période d’attente aussi élastique qu’indéterminée.

 Comment, dans un tel contexte, relever le pari de favoriser la participation du plus grand nombre aux élections? On sait, à la faveur des opérations de vaccination contre le poliovirus organisées par le ministère de la Santé et l’Unicef, que la capitale congolaise compte aujourd’hui plus de dix millions d’habitants. Rien que pour lesdites opérations auxquelles plusieurs contestataires avaient pourtant refusé de prendre part, on a compté un peu plus de neuf millions huit cents mille personnes vaccinées dans la capitale. En éliminant les mineurs et autres étrangers, on devrait compter sur une population congolaise en âge de voter d’environ cinq millions d’habitants.

Question : comment enrôler tout ce beau monde avec des machines obsolètes quand il ne s’agit pas de relever la lenteur du personnel affecté aux opérations ? A juste un mois de la fin des opérations dont tout le monde connaît l’enjeu en ce qui concerne le nombre des sièges des députés, il est important que la Commission Electorale Nationale Indépendante procède à une évaluation en toute transparence du chemin parcouru et de dire à l’ensemble du peuple congolais ainsi qu’aux partenaires impliqués dans l’organisation de élections, dans quelle direction afin d’y apporter de correctifs nécessaires.

Les élections, c’est ici et maintenant le moment de le rappeler, constituent une période déterminante pour un peuple, qui doit évaluer la manière dont la cité est gérée afin de décider à qui confier sa destinée.  Et pour que ce choix soit cohérent et transparent, il est important que le droit de vote de chaque citoyen soit sauvegardé et non torpillé par des tours de passe-passe qui  n’auront pour conséquence que de perturber la paix sociale.

Ngoy Mulunda qui vient de faire le tour du monde occidental en donnant partout  les gages de sa détermination d’organiser des élections transparentes et crédibles a fort à faire pour gagner son pari.  Il doit maintenant vérifier les différentes réclamations  formulées aux quatre coins du territoire national et s’assurer que le processus qu’il pilote va dans la bonne direction. Ne pas le faire serait trahir les espoirs de tout un peuple.

Sarah Mbuyi Kalonji (Stg Ifasic)       

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