Kinshasa : les soins d’urgence posent problème

Dieu seul sait combien des Kinois et Kinoises ont trépassé ces trois dernières décennies à la suite d’une mauvaise prise en charge des cas urgents dans les différents centres médicaux. L’une des dernières illustrations en date est survenue le lundi 2 juillet 2012 avec le décès brutal d’une jeune étudiante. Cette jeune personne, victime d’une crise à domicile dans la Commune de Kalamu, est morte après que ses proches lui aient fait traverser trois communes (Kasa-Vubu, Lingwala et Gombe). Que du temps perdu. Elle ne serait peut-être pas mort s’il y avait moyen d’intervenir dans le périmètre de son domicile… 
En effet, ville d’à peu près 10 millions d’habitants, Kinshasa compte à ce jour moins de 10 hôpitaux capables de soigner en toute urgence des cas impromptus de maladie. Dans le lot, il y a l’Hopital Général de Référence de Kinshasa (ex Mama Yemo), L’hôpital Sino-Congolais de N’Djili, la Clinique Universitaire de Kinshasa, Saint Joseph, Bondeko, la Clinique Ngaliema, Monkole, Centre médical Nganda, etc. Les grandes distances séparant les lieux d’habitation à certains  de ces centres médicaux, les éternels bouchons dans les principaux artères de la ville, les difficultés de transport, etc. compliquent davantage la situation des patients pour atteindre ces dispensaires spécialisés. En 2011, rappelons-le, un sénateur congolais a dramatiquement succombé à son arrivée à l’hôpital Marie Biamba Mutombo après avoir été victime d’un simple crise à la partie périphérique de la ville.   
Néanmoins, les quelques chanceux qui arrivent à atteindre les hôpitaux sont souvent butés à une difficulté existentielle liée au paiement cash des formalités administratives avant toute prise en charge des malades. En clair, il est exigé aux accompagnateurs des patients de mettre la main à la poche avant l’administration des premiers soins. Exigence indécente couplée de perte de temps, elle finit souvent par un drame irréparable car au lieu de prendre soin des malades ou accidentés  en toute urgence, les administratifs gaspillent énormément du temps. 
 
Chaque minute étant chère, les praticiens de la médecine ainsi que leurs collaborateurs devraient privilégier l’urgence pour sauver des vies. La question de paiement quoique importante devrait être reléguée en seconde position lorsque la vie des êtres humains est en danger. 
Responsable de la santé publique, l’Etat a l’obligation de multiplier les hôpitaux capables de prendre en charge des cas d’urgence, de les équiper, tout en les dotant des moyens conséquents pour soutenir la paie régulière et correcte des médecins. Ne pas le faire, peut être considéré comme une non assistance de la population en danger. 
  Enfin, à la population, il est fortement recommandé de ne pas perdre du temps et de l’argent dans de petits centres face à des cas nécessitant une prise en charge spéciale. 
 
 
Tshieke Bukasa 

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